La journée commence tôt pour moi par une visite à maman en passant par Cosne, pour y régler quelques problèmes. Je suis de retour à Bourges trente minutes avant l'heure prévue du départ. Solène ne comprend pas bien pourquoi nous partons si tôt alors que la visite à Eurodisney n'est prévue que demain. Nous utilisons une excuse bidon, et nous voila partis. La vérité est que nous devons attendre Benjamin au TGV de Quimper, alors que sa soeur est persuadée qu'il ne sera pas des nôtres pour ce week-end. Elle culpabilise même un peu d'aller s'amuser chez Mickey pendant que son frère sera seul à Quimper.
Arrivés à Marne-la-Vallée nous nous garons à un nouveau parking couvert, payant évidemment, pour aller chercher des informations sur les horaires, les attractions, les parades, etc. A l'entrée de l'enceinte du parc, y compris la zone d'accès libre, des gardes à cheval patrouillent et tous les sacs sont fouillés, quoi que mollement. Ensuite nous allons vers la gare TGV, sous prétexte de la visiter. Sur le parvis Solène aperçoit une silhouette noire avec un sac à dos. Elle croit reconnaître le sac de son frère, quand celui-ci se retourne. La surprise et la joie de Solène font plaisir à voir : notre stratagème a réussi !
Après les retrouvailles nous allons déposer les bagages à l'hôtel. TomTom nous emmène au B&B par les petites routes, pour éviter l'autoroute. La chambre, pour quatre, est vraiment minuscule, c'est tout juste si on peut passer au pied des lits. C'est vrai nous sommes en région parisienne, là où les mètres carrés valent de l'or... TomTom nous emmène ensuite à pied à la station de RER car nous avons rendez-vous place de l'Opéra pour un échange singulier. Vendredi j'ai lu sur un forum que je fréquente le message d'une personne cherchant à donner deux coiffes berrichonnes anciennes à quelqu'un d'intéressé qui saurait les préserver. Elle a donc pensé à un groupe folklorique, et je me suis proposé. Ayant donné mes coordonnées, la dame m'appelle samedi matin et, puisque nous avions prévu d'aller à Paris, nous convenons d'un rendez-vous le soir même. En quarante minutes le train nous amène à Auber. Sur la place nous retrouvons deux amis de Benjamin. Après un peu de flottement j'arrive à identifier la dame. Elle est charmante et nous explique qu'elle a hérité de ces coiffes de mariage il y a dix ans et qu'elle souhaite s'en débarrasser, à l'occasion d'un déménagement. Nous lui offrons du vin et des bonbons, c'est tout ce que nous avons trouvé comme cadeau en si peu de temps.
Ensuite nous nous dirigeons vers les Champs-Élysées en longeant les Galeries Lafayette pour admirer les illuminations et les animations des vitrines, les boutiques de luxe et en passant par la place de la Concorde. Je tente encore de prendre quelques photos de nuit avec mon Canon mais sans réel succès, il y a encore des réglages qui m'échappent. Nous faisons halte à Quick pour une collation rapide. Pendant ce temps la pluie se met à tomber, un vrai déluge. Nous remontons aussi vite que possible le reste de l'avenue jusqu'à la station de RER.
A l'hôtel nous pouvons enfin découvrir les coiffes : elles sont superbes, en parfait état, sans trace d'usure, un véritable trésor. Par contre il n'est pas sûr qu'elles soient berrichonnes, nous les ferons expertiser. Comme nous avons le portable, et malgré une journée bien remplie, je vais passer un moment dans le hall de l'hôtel pour profiter de la connexion wifi gratuite. Après une bonne douche, je m'écroule et m'endort immédiatement.
Il y a la queue au petit déjeuner : deux cars de touristes d'un même comité d'entreprise y viennent en même temps. Nous réussissons à trouver une table et à manger tout ce que nous trouvons, bien que la qualité laisse fortement à désirer. Ensuite direction le parc, où nous arrivons à 9h30. Surprise désagréable : le parking extérieur est obligatoire et payant. Comme au mont Saint-Michel et à la pointe du Raz. Le parking s'étend à perte de vue, c'est inouï. Mais comme il est tôt nous sommes garés tout près de l'entrée. Le temps que le parc d'attractions ouvre nous nous promenons dans Main Street, où la foule est déjà bien dense. A un moment une soufflerie se déclenche et il se met à neiger dans la rue ! C'est incroyable, et même si la neige est fausse, l'illusion est parfaite.
Alors qu'il se met à pleuvoir et que le vent se renforce, première déconvenue : la grotte du dragon, qui avait tant fait peur aux enfants lorsqu'ils étaient petits, est fermée. Nous nous rabattons sur le Carrousel de Lancelot, It's a Small World, puis Phantom Manor, le Passage enchanté d'Aladdin, Pirates des Caraïbes et le pont suspendu. Nous réservons notre ticket pour Big Thunder Mountain et nous allons prendre une collation au Cowboy Cookout Barbecue. Au moment d'aller à Big Thunder Mountain il est aussi l'heure de la seule représentation de la légende du Roi Lion à Videopolis. Mais en arrivant nous ne pouvons entrer, la salle est pleine. Il faut dire qu'avec le temps exécrable qu'il fait, les gens se rabattent sur les attractions en intérieur. Nous continuons avec Star Tours, les Mystères du Nautilus et Autopia. Chaque attraction, chaque endroit dans le parc nous rappelle, autant aux enfants qu'à nous, une foule de bons souvenirs des visites de leur enfance. Mais il fait froid, le vent est violent et la pluie diluvienne, je supporte de plus en plus difficilement de rester dehors. A 16h00 Benjamin et moi retournons à la voiture pour qu'il prenne ses bagages et puisse ainsi assister à la Grande Parade. Mais malheureusement c'était prévisible, le temps est tellement mauvais que la parade est annulée, juste vingt minutes avant son départ prévu. Quel dommage, car en plus c'était la parade de Noël. Du coup il nous reste du temps pour faire les boutiques, en passant par les arcades pour éviter au maximum la pluie battante. En chemin nous croisons une flopée de personnages en chair et en os (si on peut dire). A cette heure tardive c'est inhabituel et nous pensons qu'ils sont sortis pour compenser l'annulation de la parade. Benjamin fait le plein de souvenirs, et nous l'accompagnons à la gare. Il y a beaucoup de monde, et toutes les quinze minutes en moyenne un TGV part pour toutes les grandes villes de France ou d'Europe, impressionnant. Son train a dix minutes de retard, mais sur les six heures de trajet cela n'a pas d'importance. Quand il est parti Christine se dirige doucement vers la voiture (son mal de dos n'a fait qu'empirer depuis ce matin), tandis que j'accompagne Solène faire une dernière emplette.
Après neuf heures et demie de marche nous reprenons la route sans rencontrer de bouchons, mais les conditions météorologiques sont toujours épouvantables. Le vent nous oblige à ralentir à 100 km/h sur l'autoroute, et ce jusqu'à Bourges. Nous sommes à destination à 22h30, et j'ai mal aux bras à force de maintenir le volant pour contrer les rafales de vent.
C'est la cinquième fois que je viens à Eurodisney et je suis toujours impressionné par le nombre d'employés au service des visiteurs, ainsi que par le souci du détail poussé au paroxysme : le moindre recoin de la moindre bâtisse est décoré dans le style adéquat, avec objets, photos, peintures, patine, etc. C'est ce qui fait la force de ce parc, tout est tellement parfait qu'on se prend rapidement au jeu du changement d'univers. C'est amusant aussi d'entendre la variété de langues autour de soi, ainsi que d'écouter les employés : ceux au contact direct du public savent parler un minimum de trois langues en plus du français.