Le nombre très important d'objets en tous genres rassemblés dans la maison de Maman et que je ne veux pas garder nous a incité à tenter l'aventure de la brocante. Bien que je garde la majorité des livres (plusieurs centaines) il me restait 260 livres quasiment tous à l'état neuf, et couvrant une large variété de sujets, comme le reflet de la culture et des centres d'intérêt de Maman et Papa. Par contre je n'ai mis que quelques vêtements de valeur en vente, tous les autres seront donnés à Emmaüs.

J'ai commencé par envoyer par email la liste des livres en vente à toutes mes connaissances, afin de les faire profiter en avant-première de cette mini-bibliothèque de qualité. Bien m'en a pris car j'ai vendu ainsi plus de quarante livres.

La première question fut de déterminer la taille de l'emplacement à réserver. J'ai d'abord pris trois mètres, un peu au hasard. Mais assez vite, en rassemblant tous les objets à vendre, il est apparu que ce serait très insuffisant. La veille de la brocante j'ai appelé l'organisatrice pour lui demander d'augmenter la taille de l'emplacement, redoutant une réponse négative. Ma chance a joué car un professionnel venait de se désister, libérant un emplacement de quatre mètres. Du coup, non seulement l'emplacement était plus grand et à l'ombre mais surtout nous étions bien mieux placés qu'un simple particulier. Nous avons même pu nous garer juste derrière le stand, avantage non négligeable pour décharger les deux voitures pleines.

Après une courte nuit (la veille nous avons passé une super soirée chez des amis jusqu'à fort tard) d'à peine quatre heures, nous chargeons les voitures à 6h30 et à 7h00 le stand est pratiquement installé. Beaucoup de gros objets sont peu visibles par manque de place, et nous devons placer les caisses de livre par terre. Rapidement les premiers badauds s'arrêtent, et les ventes commencent dès 8h30, pour se succéder régulièrement jusqu'au rangement, vers 19h00. Très vite nous sommes contraints de baisser les prix que nous avions imaginés, malgré l'excellent état de ce que nous vendons. Il est clair que le prix d'un objet dépend nettement de l'environnement dans lequel il est vendu (connaissances, Internet, brocante, enchères, etc.). Je dois aussi baisser mes prétentions sur la plupart des livres, avec pour conséquence une forte vente : plus de 85 livres partent, souvent à des connaisseurs, étonnés de la diversité, de la qualité et du faible prix.

La journée est épuisante car nous avons mis un point d'honneur à toujours présenter le stand au mieux et à parler avec les badauds intéressés. A 19h00 nous démontons et allons rendre à nos amis les planches et tréteaux qu'ils nous avaient prêtés. Arrivé à la maison je m'écroule et, fait rarissime pour moi, je suis couché à 22h00 ! J'ai juste eu le temps de compter la caisse, pour trouver un bénéfice de 286,00 €. N'ayant pas d'expérience, je ne sais pas si c'est correct ou non.

Même si je n'en ferais pas mon métier, ni une habitude, cette journée dans la peau d'un brocanteur m'a amusé, j'ai apprécié le contact avec les gens, les discussions, voire les quelques marchandages. J'ai pu constater la répartition des types d'acheteurs selon le moment de la journée :

  • très tôt les professionnels font un rapide tour pour voir et acheter à vil prix ce qui peut les intéresser,
  • ensuite arrivent les habitués des brocantes, seuls, rapides, précis, peu aimables, et jamais contents des prix,
  • puis pendant toute la journée ce sont des badauds qui se promènent, cherchant quelque chose de précis ou achetant en coup de coeur, qui négocient rarement et discutent facilement ; j'ai aussi constaté que beaucoup plus de gens achètent le matin, l'après-midi étant plus un moment de balade en famille,
  • enfin au moment du démontage quelques uns essayent de profiter d'une occasion ou d'une bonne ristourne, souvent consécutifs à la lassitude du vendeur.