Même s'il apparaît comme un immense succès public, le film des 50 ans de James Bond ne me laissera certainement pas un souvenir impérissable. Je l'ai trouvé fade et moyen en tout. Le scénario est assez mince, plutôt classique si on enlève les pseudo réflexions philosophiques et l'introspection (rapide) à laquelle se livre Bond. Les gadgets ont tous disparu, ce qui est sans doute ma pire critique. Car même si à l'époque de Roger Moore, il y avait trop de gadgets, ceux-ci font intégralement partie de la saga James Bond. Dans Skyfall ils sont réduits à un pistolet à empreinte palmaire et un mini émetteur radio qu'on peut acheter chez Radio Shack. Un peu léger, même si on retrouve avec plaisir la légendaire Aston Martin, pour une unique et mince course poursuite. Autre caractéristique de la saga à avoir quasiment disparu : les James Bond girls. Il y a bien deux jeunes femmes dans le film. La première, Naomie Harris, est aussi agent secret, mais joue à peine le faire-valoir de Bond. La seconde, la magnifique française Bérénice Marlohe, qui aurait pu faire de l'ombre à Sophie Marceau ou Carole Bouquet, n'apparaît que brièvement et n'est même pas mise en valeur dans sa seule scène d'amour avec James, expédiée en quelques secondes seulement. M, jouée par Judi Dench, est extrêmement présente et vole presque la vedette à Daniel Craig. Avant le film est passée une bande annonce pour le prochain Tom Cruise, nième film d'action photocopié. Finalement, quelle différence entre le film de Cruise et ce James Bond des 50 ans ? Et je ne parle pas de la longue liste d'incohérences...

J'ai quand même retenu quelques bons côtés au film. Le méchant tout d'abord, Javier Bardem en blond tout sucre, tout miel. Presque aussi flippant que dans No country for old men. Ensuite la (longue) scène de fin en Écosse, visuellement très belle et un peu old fashioned. Et le retour de Q, sous les traits d'un jeune génie boutonneux, sorti tout droit de War Games. Et bin sûr la belle chanson titre d'Adèle.

Sans dévoiler des éléments importants, j'ai eu l'impression que cet opus aurait pu être le dernier de la saga, tellement il y a de choses qui changent et qui s'arrêtent. Ou du moins une transition, un passage (cf. le tunnel de lumière en ouverture du film).

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