Marie-Antoinette

Le dernier film de Sofia Coppola, Marie-Antoinette, est un petit chef-d’œuvre très personnel et semblable à nul autre film. Sofia est partie de la biographie de la reine écrite par l'anglaise Antonia Fraser, livre qui est considéré par beaucoup comme un des plus fidèles à la réalité, même si quelques pisse-froids n'ont pas supporté que notre Histoire soit si bien relatée par une étrangère. Ce film achève la trilogie que s'était fixée Sofia Coppola, commencée avec Virgin Suicides et continuée par Lost in Translation. Ces trois films traitent de la difficulté pour une adolescente de milieu aisé d'accéder au monde des adultes.

J'avais trouvé Virgin Suicides assez dérangeant et extrêmement pessimiste. Par contre Lost in Translation est un de mes films préférés, que je regarde régulièrement. Pourquoi ? Difficile à dire... Je suis touché par cette histoire d'amour impossible et mélancolique, par la solitude de ces deux êtres dans une des villes les plus modernes du monde, par la nonchalance du récit, par les beaux moments de solitude (quand Scarlett Johansson croise les mariés japonais par exemple), et par l'utilisation de musiques électroniques douces.

C'est d'ailleurs ce qui fait un des charmes de Marie-Antoinette, ce recours à des musiques très actuelles pour un film d'époque. Certains pourraient trouver cela kitch mais l'idée est audacieuse et fait mouche. Ces musiques donnent une touche incroyablement moderne au film, évitant l'écueil du film purement historique. On retrouve des artistes récents comme Air ou Phoenix, ou plus anciens, comme The Cure, Bow Wow Wow ou New Order.

Je passerai rapidement sur la trame historique, normalement connue de tous. Au sortir de l'adolescence, une jeune Autrichienne découvre le monde hostile, frivole et codifié de la cour de France. Mariée au jeune futur roi Louis XVI, homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par l'étiquette qu'on lui impose. Elle s'évade alors dans les fêtes et les plaisirs des sens pour construire son monde à elle.

Marie-Antoinette est jouée par Kirsten Dunst, parfaite. Elle montre une légèreté, une innocence, une insouciance qui collent bien à la facette que veut montrer Sofia Coppola de Marie-Antoinette.

On se souviendra de quelques très jolies scènes, en particulier le passage symbolique de la cour d'Autriche à la cour de France où la future reine doit abandonner tout ce qui la rattache à son ancien pays, y compris ses vêtements. Elle passe donc entièrement nue, vue de dos et de loin, d'un côté d'une tente à l'autre. Ou lorsque les Sans-culottes forcent l'entrée de Versailles et que Marie-Antoinette sort sur le balcon pour une révérence lente et humble, les deux bras écartés sur le parapet. Ou encore lorsqu'elle attend son amant, le comte Fersen, juste habillée d'un éventail et de ses bas, un sourire espiègle aux lèvres.

Wikipedia

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