Citeaux et Beaune
Par Erwan le mercredi, août 23 2006, 16:38 - Sorties - Lien permanent
Pour briser la monotonie de nos vacances froides et pluvieuses, nous nous sommes octroyé une parenthèse à l'hôtel du Grillon, à Beaune, pour visiter l'abbaye de Citeaux et les hospices de Beaune.
L'abbaye est toujours en activité, avec environ 35 membres résidents. Elle est ouverte à la visite depuis très peu de temps. Enfin, on ne visite bien sûr pas l'abbaye elle-même et les bâtiments de vie et de prière des moines, mais quelques bâtiments non utilisés ont été aménagés pour faire découvrir l'environnement quotidien des moines. Par exemple le scriptorium a été reconstitué, ainsi qu'une cellule, avec un mannequin habillé comme eux. La guide précise néanmoins que le chemin de visite traverse les jardins monastiques, et que le silence et la réserve sont de mise. La visite dure environ 75 minutes et nous apprenons, ou révisons, beaucoup de choses sur l'abbaye elle-même et l'ordre cistercien. La première installation de moines date de 1098, lorsque quelques-uns voulurent rechercher Dieu dans une solitude et une pauvreté presque totale. Leur volonté était aussi d'être autonome et de ne vivre que du fruit de leur travail, pour contraster avec l'habitude de l'époque qui voulait que les abbayes reçoivent quantité de dons et de bienfaits de la part des seigneurs alentours. Les moines de Citeaux firent vœu d'observance stricte de la règle de saint Benoît (leur ordre se nomme d'ailleurs "Ordre des Cisterciens de la Stricte Observance"), de silence et de recours au travail manuel, facteur d'équilibre et pourvoyeur de ressources. Encore aujourd'hui, l'abbaye de Citeaux est la maison-mère de la famille cistercienne. La communauté des moines est une des plus importantes communautés agricoles de la région car les moines produisent un excellent fromage réputé, parmi d'autres productions moindres. Le long de l'abbaye, une boutique permet de se procurer les productions de cette abbaye et de quelques autres, ainsi que grand nombre d'objets religieux ou non, de livres, etc.
L'après-midi nous visitons les hospices de Beaune. Comme nous choisissons une visite guidée, nous devons attendre l'heure de début, en parcourant la cour intérieure par nous-mêmes. Je n'étais pas venu ici depuis longtemps, et j'ai plaisir à redécouvrir cette merveilleuse architecture. Les toits, les clochetons, les girouettes, et ce contraste très fort entre les murs extérieurs, en pierre, épais, défensifs et sobres, et les murs intérieurs, majoritairement en bois, décorés, colorés et aérés. L'explication nous sera donnée plus tard : les murs extérieurs se devaient de défendre l'hôpital contre les pillards et autres vandales, alors que les murs intérieurs pouvaient montrer toute la richesse et le raffinement des propriétaires. Pour la visite guidée nous aurons la surprise d'utiliser des casques sans fil alors que le commentateur murmure dans un micro. Je pense que l'avantage pour lui est d'éviter que les visiteurs n'ayant pas payé la visite guidée ne "piratent" son commentaire. Quant à nous cette façon de visiter est un confort très appréciable car nous ne sommes plus contraints de rester au plus près du commentateur pour entendre ce qu'il dit. Depuis ma dernière visite il y a longtemps, de nouvelles salles ont été ouvertes au public. Nous parcourons la "salle des pôvres", au plafond richement décoré et aux poutres sculptées peintes rarissimes, la cuisine, la chapelle, la pharmacie et d'autres salles, accompagnés d'un commentaire riche et ponctué d'anecdotes. Le magnifique polyptyque du "Jugement dernier" est dans une salle plongée dans le noir, protégé par un gardien. La guide nous parle bien sûr de la vente aux enchères annuelles des vins de Bourgogne. Les vins se vendent par centaines de "pièces" de 228 litres, à la chandelle, le troisième dimanche de novembre. Les prix atteignent des milliers d'euros, voire des dizaines de milliers pour les plus grands crus.
Après la visite nous choisissons un parcours en petit train dans la ville. Le trajet passe devant tous les monuments et fait une incursion au bord des vignes. Nous sommes surpris, les parcelles sont très petites par rapport à ce que nous connaissons dans le Sancerrois. Elles sont collées à la ville et souvent protégées par des murs.
Bien que nous soyons dans la ville du vin, je ne déroge pas à ma règle et ne prends que de l'eau. Seule Christine prend un verre de bon vin, pour faire honneur aux plats.

Après la visite nous choisissons un parcours en petit train dans la ville. Le trajet passe devant tous les monuments et fait une incursion au bord des vignes. Nous sommes surpris, les parcelles sont très petites par rapport à ce que nous connaissons dans le Sancerrois. Elles sont collées à la ville et souvent protégées par des murs.
Bien que nous soyons dans la ville du vin, je ne déroge pas à ma règle et ne prends que de l'eau. Seule Christine prend un verre de bon vin, pour faire honneur aux plats.