La semaine dernière Ben (webmaster du site alternatif consacré à Marie) m'invite à l'enregistrement des chansons au studio de radio jeudi 21. C'est une marque d'amitié que j'apprécie, mais malheureusement ce jour j'ai une réunion au boulot que je ne peux pas zapper. Donc j'oublie tout en regrettant cette nouvelle opportunité d'écouter Marie et ses acolytes.

Mais le 20 j'apprends que la réunion est repoussée. Je tente de joindre Ben pour avoir des informations, mais je ne peux le joindre que le jour même, le 21 matin ! Comme c'est toujours d'accord, je décide de prendre une demi-journée de congé et d'aller à Orléans. A peine le déjeuner avalé, je prends la route. Le rendez-vous est à 14h45 pour une entrée au studio prévue à 15h00.

Orléans est une belle ville, mais se garer au centre ville relève du parcours du combattant. Après avoir tourné vingt minutes, je finis par trouver une place dans un parking aérien. Je suis quand même à l'heure, mais devant France Bleu tous les potes, actuels et futurs, sont déjà là. Je reconnais Ben, Henry et fait la connaissance de Fantômette, super nana avec qui j'accroche tout de suite : on a le même débit de parole, le même humour et la même curiosité des autres. Henry a amené avec lui un groupe de jeunes demoiselles toutes plus jolies les unes que les autres. Parmi elle, Anaïs est la benjamine du forum : elle n'a pas encore quinze ans.

Nous devisons et plaisantons un moment, avant que le monospace de Marie and Co se gare devant le studio. Les quatre compères en sortent (car ils sont quatre maintenant), et nous faisons la connaissance du bassiste, Christophe dit "Babar". Il a le même look tranquille, un accent chantant du sud-ouest, et paraît aussi peu stressé que Franck et Damien. Par contre Marie fait visiblement la tronche. Ben me dit en aparté qu'elle n'est pas du tout satisfaite de leur enregistrement la veille à l'Olympia, et ça se voit ! Elle dit à peine bonjour, et ne parle à personne. Nous les aidons à transporter leur matériel dans le studio d'enregistrement, et les laissons à leur installation en retournant sur le trottoir devant le studio.

Peu de temps après, Franck, Damien et Christophe viennent nous rejoindre pour une pause cigarette et nous parlons avec eux. Marie reste à l'intérieur. Au bout d'un moment une personne du studio vient nous prévenir qu'il y en a encore pour trois bons quarts d'heure alors nous choisissons d'aller boire un verre à la terrasse d'un café non loin du studio, sur la place du Martrois. C'est Henry qui nous invite gentiment. Quand nous retournons à la radio il nous faut encore attendre un peu avant d'être conviés à entrer dans le studio. Il est minuscule, alors nous nous installons comme nous pouvons au milieu des instruments, des caisses, des micros et des panneaux anti-bruits.

Enfin l'enregistrement commence, par «Le curé». L'atmosphère est étrange, je n'avais jamais assisté à un enregistrement en studio. On entend bien les percussions de Damien, et la basse de Christophe (qui donne l'impression de tout écraser), mais très peu la voix de Marie, qui murmure presque dans le micro spécial voix et pas beaucoup la guitare de Franck, dont le son passe directement en console d'enregistrement, je suppose. Chacun a un casque pour le retour mais nous, dans le studio, nous n'avons aucun retour, d'où cette atmosphère acoustique un peu particulière. Nous pouvons écouter enfin Christophe dans ses œuvres à la basse, c'est cool. Suivrons «Café noir», «Ben alors quoi» (la chanson sur Renaud) et «Le bistrot». Après chaque chanson ils hésitent pour savoir s'ils doivent la refaire ou pas, mais Marie dit « on trace » alors ils continuent. L'ingénieur du son leur signale quand même qu'ils pourront réenregistrer seulement la guitare ou la voix plus tard, et c'est ce qu'ils choisissent.

Une fois les quatre chansons mises en boîte, vient le moment de les écouter. Chacun avec son casque, ils sont attentifs au résultat. Henry demande à l'ingé son s'il peut nous sortir le mix légèrement dans les haut-parleurs du studio. Certains passages les font s'esclaffer, apparemment le résultat n'est pas à la hauteur ! Franck décide de refaire seul la guitare sur «Café noir». Il a du courage car du coup il a douze paires d'yeux qui le regardent attentivement ! Mais il ne se démonte pas et refait sa partition. L'atmosphère est alors très particulière et presque magique : le silence est total et on n'entend que cette partie de guitare, sans les autres instruments, sans la voix, c'est magnifique. Puis c'est au tour de Marie de refaire la voix seule sur «Le curé» et «Ben alors quoi». Elle stresse un peu, nous lui proposons de quitter le studio pour la laisser tranquille, mais elle refuse. Par contre nous nous mettons derrière elle afin qu'elle ne nous voie pas. Et là encore le moment est magique car, si Marie entend la partition complète dans son casque, nous n'avons que sa voix et c'est comme si elle chantait a capella ! Vraiment superbe.

Quand elle a fini, on la sent plus détendue, elle sourit et se permet même un pas de danse. Il reste encore à faire les chœurs sur «Le bistrot», et ce sont Franck et Damien qui s'y collent. Ce n'est pas facile du tout et ils doivent s'y reprendre à plusieurs fois.
Enfin la séance se termine par l'écoute des chansons entièrement mixées, avec toutes les voix. Pour quatre chansons cela aura pris plus de deux heures. Avant de partir, Marie, Franck, Damien et Christophe se prêtent de bonne grâce à une séance photo avec Fantômette, Henry, Léa et Anaïs.

Nous nous séparons enfin. Marie, beaucoup plus souriante, fait la bise à tout le monde. Ils se donnent tous rendez-vous au concert de samedi prochain, où malheureusement nous ne pourrons être, pour cause de bal folk de La Gearbaude… Je remercie encore Ben pour ce moment agréable et je reprends ma voiture pour rentrer à Bourges, l'esprit et le cœur tout contents.



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