Les invités étaient quelques professionnels, les élus de la mairie et bien sûr les Correspondants. Malgré l'intérêt qu'aurait dû susciter cette présentation, le nombre de Correspondants était toujours aussi réduit et limité au groupe d'aficionados qui se retrouve systématiquement à chaque réunion. Il est dommage que beaucoup ne voient dans le rôle de Correspondant qu'une obligation de vente dans le seul but de bénéficier de cadeaux et de petits privilèges. La présentation avait lieu dans la salle de concert du 22 (ex-Germinal), transformée pour l'occasion en petite salle de cinéma.

Vers 19h30 Daniel Colling dit quelques mots d'introduction et passe la parole à Bertrand Dicale. Quand je le vois je le reconnais tout de suite : je le croise depuis plusieurs années sur le festival et il est l'un des rares journalistes à poser des questions lors de la conférence de presse de clôture. Journaliste, collaborateur de Chorus et spécialiste de la chanson au "Figaro", Bertrand Dicale a déjà écrit quelques livres dont La Chanson française pour les Nuls et Gréco, les vies d'une chanteuse. En parcourant certains de ses écrits j'ai pu constater que contrairement à beaucoup de ses confrères ses articles sont toujours réfléchis, documentés et argumentés, et n'assènent pas seulement des bons mots cruels et vides de sens. Grand, posé, parlant bien, Bertrand Dicale nous explique les origines du livre L'extravagante épopée du Printemps de Bourges et l'envie que Daniel Colling et lui ont eue de raconter le plus fidèlement possible la genèse du Printemps de Bourges, en mêlant faits objectifs et anecdotes souvent inédites. Le livre est très bien illustré avec pas moins de 280 photos, elles aussi pour la plupart inédites. Pour arriver à ce résultat, Bertrand Dicale a eu accès à toutes les archives du Printemps, énormes car Daniel Colling conserve strictement tout ce qui a trait au festival depuis plus de 30 ans. Il ne fréquente le Printemps que depuis 1993 mais a consciencieusement parcouru les milliers d'articles parus sur les éditions précédentes du festival.

Quand Bertrand Dicale a terminé, Daniel Colling dit quelques mots rapides sur le double CD, qui n'en mérite pas plus, et passe la parole à Rémi Lainé, réalisateur du film "C'est le Printemps" qui va nous être présenté. Rémi Lainé est réalisateur de documentaires, dont l'un en cinq volets sur les sélections des Découvertes du Printemps de Bourges (La victoire en chantant). Il nous explique à son tour l'histoire du film, plutôt chaotique. En effet toutes les télévisions ont refusé le projet, arguant du fait que mélanger les styles de musique ne faisait pas d'audience (Taratata restera donc une exception). Sur le point d'abandonner le projet, Rémi Lainé a reçu le soutien financier de Daniel Colling et surtout d'un producteur de cinéma qui a accepté de payer les salaires des techniciens. Du coup le film a pu se faire, mais dans un format court d'une heure qui, après le visionnage, nous apparait comme très insuffisant pour raconter 30 ans de Printemps. La conséquence positive du retard a été que Rémi Lainé a pu avoir accès à des archives vidéo sur le Printemps, restaurées très récemment par l'INA et non disponibles à l'origine du projet.

Le film mélange toutes sortes de documents, extraits de vidéos, photos, interviews de toutes sortes, extraits de concerts, micro-reportages, en insistant plus particulièrement sur 2006, année des 30 ans. Nous découvrons quelques personnages que nous connaissons bien, en particulier trois Correspondants emblématiques de l'histoire du Printemps, des artistes à leurs débuts (ah ! Lavilliers en 1977 !), des personnages politiques (la séquence avec Mitterrand passe bien mais celle avec Ségolène Royal est vraiment de trop et la dessert complètement tellement on voit qu'elle se fout complètement de ce que tente de lui dire Daniel Colling sur le festival), des artistes disparus, comme Serge Gainsbourg ou Charles Trenet, des jeunes artistes, comme Diam's (un peu long son extrait de concert) ou Izia, la fille d'Higelin, sur laquelle se termine le film et dont j'ai aimé les symboles qu'elle nous offre : talent malgré la jeunesse (15 ans et demie en 2006), transmission du flambeau entre son père et elle (émotion de voir le père étreindre sa fille à sa sortie de scène), simplicité et refus du star-system (Izia qui attend son train seule sur le quai de la gare). Quand le générique arrive on est partagés entre le plaisir de revoir ces images, connues pour avoir été vécues ou inconnues pour être trop anciennes, et de pouvoir les revoir à loisir quand le DVD sortira, et la frustration que ce soit déjà fini, tellement on aurait voulu en voir plus.

Ensuite une collation nous est offerte pendant que Bertrand Dicale se plie à la séance de dédicace. Lorsque je me présente à lui comme créateur d'un site internet alternatif sur le Printemps de Bourges, il s'exclame « Ah c'est vous ! » et m'explique qu'il est souvent allé sur mes pages glaner tel ou tel renseignement, ce qui me fait évidemment très plaisir. J'en profite ensuite pour faire signer ceux qui m'ont permis de vivre une belle aventure aux côtés du Printemps, Daniel Colling, François "Fernand" Clavel et Tina Poulizac. Leurs dédicaces sont bien personnalisées, ça fait plaisir. Je vais aussi me présenter à Rémi Lainé car j'ai eu la surprise de voir une de mes photos dans le film et mon nom cité au générique !