Intitulé "La flûte enfantée" et créé par Claude-Henry Joubert, cet opéra était le travail de longue haleine tout au long de l'année scolaire à l'ENMDB1. Les musiciens étaient nombreux, presque soixante-dix flûtes, un pianiste, un batteur, trois contrebassistes et un joueur de tuba. Il y avait bien sûr une majorité de flûtes classiques mais aussi quelques flûtes alto et deux flûtes basses. Les niveaux allaient des musiciens débutants (à peine quelques années de flûte) aux musiciens confirmés, y compris certains professeurs. D'une durée d'une heure et quarante minutes, ce spectacle était complet, mêlant musique, danse et théâtre. Le thème : une classe de flûte commence à répéter pour la nième fois une pièce classique et les élèves se révoltent, proposant d'écrire eux-mêmes une nouvelle pièce ; à la fin, le directeur vient donner son accord pour présenter cette nouvelle oeuvre en spectacle de fin d'années. Tout à fait adapté aux jeunes musiciens, le spectacle n'était pas lassant le moins du monde, d'où son grand succès auprès du public, composé il est vrai essentiellement des familles, acquises d'avance. Mais la quantité d'applaudissements trahissait je pense un intérêt plus que poli.

La représentation de samedi n'était pas une surprise pour moi. Le chef d'orchestre, professeur de flûte et coordinatrice du projet, m'avait demandé de venir prendre des photos lors des répétitions, afin de garder un souvenir du processus de création et de l'ambiance lors des ateliers. J'avais carte blanche et le but était de diffuser ces photographies sous forme de diaporama à l'issue du spectacle. Pendant cinq séances, et pendant la générale en costumes de samedi après-midi, j'ai mitraillé les élèves, les professeurs et les éléments du décor, tout en restant le plus discret possible. Pas question par exemple de me faufiler au milieu des musiciens, je restais à la périphérie du groupe, utilisant le zoom. Au total je pouvais produire environ six cents photos acceptables, auxquelles se sont ajoutées quelques photos prises par des élèves. En marge de la prise de photo, j'ai trouvé très intéressant d'assister à ces répétitions. Un peu comme pour un film, les scènes étaient répétées dans le désordre, en fonction des besoins, avant de s'enchaîner parfaitement le grand soir.

La représentation de samedi fut quasiment parfaite, du moins vue du public. Tous les détails, réglés parfois in extremis l'après-midi, les enchaînements, les saynètes étaient parfait. Je ne résiste pas à la fierté d'évoquer la participation de ma fille. Son caractère, disons extraverti, et sa double compétence musicale (flûte et cornemuse) l'avaient amené à jouer un rôle de premier plan. Comme de nombreux autres élèves elle jouait la comédie, mais plusieurs fois, avec changement de costume. Et surtout elle avait une partie de cornemuse seule devant la scène qui fut je crois très appréciée. L'apport de la cornemuse fut un double succès. Personnel d'abord pour Solène, stratégique ensuite car cela a permis d'introduire dans un ensemble d'instruments classiques un instrument souvent considéré comme mineur, même au sein de l'école de musique. Et au passage peut-être certains parents, seulement habitués aux instruments classiques, ont-ils découvert cet instrument, pourtant foncièrement attaché au Berry.

Après le spectacle, un buffet était proposé, offert par les parents d'élèves. Le public pouvait aussi regarder le diaporama, qui a intéressé beaucoup de personnes.



1 École Nationale de Musique et de Danse de Bourges