Les week-ends de juin sont réputés pour concentrer de nombreuses manifestations et le 16 juin n'a pas failli à la règle : en même temps que l'opéra auquel participait Solène avait lieu notre premier fest-noz. Le choix entre les deux fut vite fait, d'autant que le fest-noz devait durer jusqu'à au moins 1h30.

Nous préparions et annoncions ce fest-noz depuis des mois. Nous entendions fêter ainsi les soixante ans de l'association "Les Bretons en Berry", dont Brug Arvor est la composante de danse traditionnelle. Un gros effort de publicité et de communication avait été fait en amont : plusieurs articles dans les journaux locaux, annonce sur une radio locale, annonce dans les mensuels nationaux du monde trad', annonce sur de multiples sites Internet, placardage d'affiches dans les endroits les plus divers, y compris en dehors de Bourges (dans les facultés), publicité chez les commerçants, dans nos entreprises, sur les voitures, etc. Nous avions même obtenu une belle subvention de la mairie pour cet anniversaire.

Après l'opéra nous arrivons au Carré d'Auron vers 23h45. Et là, stupeur, il n'y a presque personne ! Les musiciens (le groupe Sonerien 77, déjà invité pour une précédente manifestation) sont installés sur une estrade, des tables, vides pour la plupart, encadrent la scène et une grosse poignée de danseurs s'agite sur la scène. Quelle déception ! Nos amis du groupe nous informent qu'à peine plus de cent entrées ont été vendues. J'en attendais franchement le double, eut égard aux efforts de communication effectués. De plus nous constatons que la plupart des danseurs sont les habitués des bals et des stages folk. Mais nous sommes venus pour nous amuser et c'est ce que nous faisons. Nous dansons jusqu'à la fin, profitant des crêpes et du cidre à la tireuse. Puis vient le temps de ranger tout notre matériel, pendant que les musiciens rangent le leur. Ceux-ci nous remercient et nous félicitent pour l'accueil et l'organisation. Les danseurs, en s'en allant, nous remercient aussi pour la bonne soirée.

Premier constat : la soirée semble avoir été une réussite pour les personnes présentes, danseurs et musiciens. Second constat : par rapport aux efforts engagés, le nombre de clients est un semi-échec. Reste à essayer de comprendre pourquoi.

L'une des erreurs est l'oubli de ce qu'est un fest-noz sur l'affiche. Nous aurions dû sous-titrer par "Bal traditionnel breton". Car pour nous, et les habitués du monde folk, le mot est connu. Mais il s'avère que pour le public non averti (et c'est bien celui-ci que nous comptions attirer) le mot fest-noz est inconnu.

Une autre erreur est d'avoir choisi comme lieu le Carré d'Auron, lieu que presque personne ne connait, du moins sous ce nom-là, assez récent. Une salle des fêtes traditionnelle aurait été plus adaptée. Mais à notre décharge, ce choix est l'héritage empoisonné légué par notre ex-président, qui l'a fait seul, sans concertation et en dépit de nos critiques. Une fois la réservation effectuée, il s'est avéré impossible de changer.

Enfin c'était une première, il faut considérer que nous avons essuyé les plâtres. Le fest-noz de l'an prochain sera sans aucun doute mieux organisé et, nous l'espérons, plus profitable.