Après la soirée d'hier, un réveil est nécessaire ce matin. Nous pensions être prêts pour la messe à 11h00 mais le temps entre le réveil et le départ est trop court et nous débordons sur l'horaire que nous nous sommes fixé. D'autre part nous entendons à la radio que le grand prix de Formule 1 de Magny-Cours a lieu aujourd'hui. Or, la route de Bourges à Decize passe précisément tout près de Magny-Cours. En catastrophe, Christine étudie un autre parcours, plus adapté, et nous décidons de traverser Nevers, tablant sur le fait que les accrocs de voiture seront déjà massés au sud. Toujours avec l'aide de notre TomTom nous partons plein est. Effectivement traverser Nevers est une bonne idée : il n'y a aucune circulation particulière, alors que nous apprenons que toutes les routes au sud de Nevers sont coupées ou déviées.

Nous arrivons presque à la fin de la messe. L'église est pleine (c'est aussi la messe ordinaire du dimanche), et notre ami Jacques est accompagné de quatre autres prêtres derrière l'autel. Les chants sont beaux et nous retrouvons avec plaisir la manière de célébrer de Jacques. Après la cérémonie, toutes les personnes présentes à la messe sont conviées à un apéritif dans le jardin du presbytère, tout proche. Nous retrouvons quelques amis, perdus de vue depuis des années, mais ayant aussi répondu à l'invitation de Jacques.

Nous évoquons certains souvenirs que nous avons en commun avec lui. Car je le connais depuis 1976, depuis qu'il enseignait le catéchisme en classe de première, mais Christine le connaissait encore avant puisque c'est Jacques qui a officié lors de sa communion. Nous avons fait ensuite des récollections, édité un journal mensuel pendant l'année de terminale ("La Bébête", excellent souvenir, notre travail avait été salué à maintes reprises). Nous avons toujours suivi sa carrière, jusqu'au poste de vicaire général à Nevers. Il nous a marié, a baptisé nos enfants, était là pour l'enterrement de mon père. Et nous sommes nombreux à l'avoir eu à nos côtés lors des cérémonies catholiques importantes. En 2000 il était bien sûr avec nous lorsque nous avons organisé les retrouvailles des amis de terminale, vingt-trois ans après. Jacques est un homme intelligent, ouvert, curieux, avec un caractère bien trempé et une énergie inépuisable. Au long de ces quarante ans il a mené à bien un nombre incalculable de projets, toujours au service des autres : voyages, pèlerinages, séminaires, etc. Rien ne laisse supposer qu'il est prêtre si on ne le connait pas, c'est sans doute une de ses qualités.

Après l'apéritif, les invités de Jacques (environ cent quatre-vingt) se dirigent vers une cour d'école où sont dressées des tables. Un buffet très copieux et varié nous est offert, et les invités en profitent en bavardant. Le temps est avec nous, pas une goutte de pluie ne vient gâcher la fête. Après le repas, tout le monde est convié à se rassembler dans l'église où chaque jeune qui est aussi musicien va jouer un morceau ou deux. En préambule on assiste à un petit diaporama regroupant des photos de la vie de Jacques, jusqu'à celles prises quelques heures auparavant pendant la messe. Un jeune organiste de quinze ans se taille la part du lion, avec raison : il joue vraiment très bien, c'est impressionnant. Nous entendrons flûte, clarinette, cornemuse, violon, accordéon, violoncelle, trombone et trompette. Un séminariste vietnamien nous interprète un chant en vietnamien, un autre du Rwanda chante en wolof, et deux autres, du Sénégal et du Bénin, chantent en français pour honorer Jacques. Avant que tous les musiciens posent pour une photo souvenir, Jacques nous présente ses cinq frères et soeurs, venus des quatre coins de la France et des États-Unis pour partager la fête.

Quand l'audition est terminée nous profitons d'un café chaud offert à tous pendant qu'une pluie fine se met à tomber. Puis chacun rentre chez soi, après une journée très agréable et conviviale.