Genesis au Parc des Princes
Par Erwan le dimanche, juillet 1 2007, 08:41 - Sorties - Lien permanent
Hier nous avons passé une soirée de bonheur total, hors du temps et des soucis de toutes sortes : après huit mois d'attente, nous avons écouté Genesis en concert, quinze après leur dernier concert en France.
C'est en novembre dernier que la nouvelle incroyable était tombée : Genesis se reformait pour une tournée mondiale exceptionnelle. Nous avions pris nos billets sur Internet le jour même de la mise en vente et nous avons attendu jusqu'à hier soir. Petit regret, à cause de l'informatique les billets n'ont plus aucune originalité comme "dans le temps". Ce sont des billets froids et sans âme, sans photo, logo ou dessin original.
Donc hier, après être passés voir maman à la maison de repos, nous mettons le cap sur Paris, par l'A77 et l'A6, plus directes et moins chères que l'A71. Quelques jours avant nous avons choisi la meilleure solution pour garer la voiture sans se faire engluer dans la circulation après le concert (comme ça nous était arrivé en 1984 pour Supertramp au parc de Sceaux) : nous garer sur la rive gauche de la Seine, non loin du parc des Princes, et s'y rendre à pied. Nous utilisons bien sûr notre TomTom favori, qui nous amène directement à l'endroit voulu, repéré par photo satellite, alors qu'avec une carte papier ça aurait été nettement plus compliqué. Nous chargeons les sacs à dos et nous prenons la direction du parc des Princes à pied, toujours guidés par le TomTom. C'est super, l'appareil nous conduit directement à l'entrée du stade à travers des quartiers totalement inconnus.
Nous faisons un tour de repérage, nous passons devant la rue où sont garés les dizaines de semi-remorques transportant la scène, les instruments, la sono et tout le matériel, puis nous allons prendre un verre à la terrasse d'un café. C'est amusant de voir des groupes de personnes sac au dos, converger vers le stade. A côté de nous est installé l'un des techniciens du son de la tournée. Nous l'entendons dire qu'il est fatigué de la tournée, de la route, etc. S'il savait que nous paierions pour être à sa place ne serait-ce qu'une fois ! Une heure avant l'ouverture des portes nous nous approchons de l'entrée, pour l'instant barrée et gardée. Les forces de l'ordre sont omniprésentes, policiers, gendarmes et même garde républicaine à cheval : deux hommes et une femme juchés sur d'immenses chevaux, lunettes noires et port altier, un peu "je me la pète". C'est regrettable d'en être arrivé là pour un simple concert, auquel n'assisteront que des gens de notre âge, pas vraiment des délinquants en puissance comme les amateurs de foot. Nous échangeons quelques mots avec un des vigiles, beaucoup plus détendu que pour le concert de Muse de la semaine dernière, et quelques spectateurs, aussi fondus de Genesis que nous. J'appelle Didier au téléphone et nous nous donnons rendez-vous dans le stade, à nos places.
A l'heure dite, les barrières s'ouvrent et nous approchons calmement des entrées. Là le service d'ordre redouble : nous sommes fouillés au corps, pour la première fois de notre vie, par des vigiles porteurs de gants, sous les yeux d'autres vigiles en rouge, façon armoires à glace. J'ai planqué un petit appareil photo dans ma chaussette et heureusement la palpation ne le détecte pas ! Avec l'aide d'une ouvreuse (qui n'hésite pas à réclamer un pourboire !) nous trouvons notre place. C'est la première fois que nous entrons dans le parc des Princes et nous sommes surpris de voir l'inclinaison presque abrupte des gradins. L'avantage est que nous ne sommes pas trop éloignés de la scène. Nous sommes placés sur la gauche de la scène, devant une colonne d'enceintes, mais adieu la stéréo. Le décor est gigantesque, occupé par un écran grillagé en forme de vague et encadré de deux immenses écrans ovales. Le décor a été conçu par Mark Fisher qui a travaillé avec Pink Floyd, les Rolling Stones, U2, Depeche Mode, Mickael Jackson, AC/DC, Robbie Williams, Mylène Farmer, ainsi que Phil Collins et Peter Gabriel en solo.
Mais nous sommes déçus de constater que, par peur de la pluie, les organisateurs ont couvert la scène d'un dôme de plastique transparent. Du coup les batteries nous sont masquées et certains effets de lumière (aperçus sur des photos des concerts en Allemagne) ont disparu. En comparaison la scène, surélevée, parait minuscule. Peu de temps après Didier et sa famille nous rejoignent. Ils sont placés juste à côté de nous. A 20h15 un appariteur vient ôter le voile noir qui masquait la scène. Nous découvrons alors les deux batteries : un ensemble énorme de fûts dorés, un peu tape-à-l'oeil, qui est sûrement l'instrument de Chester Thompson, et un autre groupe de fûts plus modeste, sans doute pour Phil Collins. Sa batterie parait toute petite comparée à celle de Chester, mais elle comporte quand même au moins dix fûts ! Plusieurs holas démarrent quelques minutes avant le début du concert.
A 20h35 les lumières du stade s'éteignent et nos cinq compères entrent en scène presque simultanément, tout de noirs vêtus. C'est parti ! Ils attaquent par "Behind the lines", de l'album "Duke" et la magie opère dès les premières notes, comme il y a quinze ans, comme il y a trente ans. Car il y a déjà trente ans que j'ai écouté Genesis pour la première fois sur scène, dans un petit gymnase de Clermont-Ferrand. C'était leur première tournée avec Daryl Stuermer, guitariste, et Chester Thompson, batteur, qui les ont accompagnés à chaque tournée depuis lors. Entre les chansons, Phil Collins met toujours un point d'honneur à parler en français et cette fois-ci il ne s'aide pas de pense-bêtes phonétiques, il a donc appris un peu de notre langue en quinze ans. Au fur et à mesure du concert nous vérifions ce que j'avais lu sur Internet, le spectacle est placé sous le signe de la nostalgie. Les morceaux balayent presque toute la carrière de Genesis, y compris ceux pas joués en concert depuis très longtemps, depuis l'époque de Peter Gabriel. "In the cage", par exemple, suivi de "Cinema show", qui me tire carrément des larmes tellement l'émotion est forte d'entendre de nouveau en live cette superbe chanson. L'émotion reviendra bien sûr avec "Firth of fifth", "I know what I like", "Ripples" et "Los endos". En fait il est évident que l'émotion ne se dégage que des titres de la période avec Peter Gabriel jusqu'aux débuts de Phil Collins en chanteur, c'est à dire des albums "Nursery cryme" à "Duke". Les albums suivants sont assez différents, plus influencés par les goûts de Phil Collins pour les cuivres, et avec des titres plus courts. La nostalgie passe aussi par des images d'archives projetées sur l'écran géant, où l'on voit Peter Gabriel, Steve Hackett, Phil Collins avec tignasse et barbe, et les autres musiciens tous très jeunes. Sur "I know what I like", Phil Collins joue avec son tambourin comme à ses débuts, pendant que défilent les images de lui avec son tambourin au moins vingt-cinq ans avant. Daryl Stuermer se surpasse sur les morceaux de bravoure à la guitare de "Firth of fifth" et "Ripples", c'est géant. Michael Rutherford reprend sa fameuse guitare double (guitare + basse) pour les anciens morceaux. Est-ce celle d'origine ? Pas sûr, aux jumelles celle-ci me paraît bien noire et bien neuve. Tony Banks, fidèle à lui-même, n'esquissera pas même un sourire de tout le concert, ou alors très fugitivement.
Phil Collins fait toujours participer le public. Il s'amuse aussi à prendre les premiers rangs en photo avec un petit appareil numérique. La nuit est enfin tombée et le show lumineux peut enfin donner toute sa mesure. Une immense toile se tend derrière l'écran, des rampes de projecteurs montent le long des mâts placés derrière la scène et ça devient carrément grandiose. Nous avons droit à un petit feu d'artifices au moment d'"Invisible Touch", juste avant le rappel. En attendant c'est le moment du duel de batteries entre Phil et Chester. Et là, surprise, ils commencent par s'affronter sur un simple tabouret, avec leurs baguettes ! Progressivement ils retournent à leurs batteries respectives et nous offrent leur fameux duo si célèbre, un régal. Après vingt-quatre titres, nos musiciens finissent par un superbe "Carpet crawlers", repris en choeur par tout le stade. Puis ils quittent la scène rapidement, évidemment sans espoir de rappel, impossible dans un concert aussi structuré que celui-là.
Le stade se vide étonnamment vite, en quelques minutes. Nous restons un moment à nos places, le temps de revenir à la réalité sans intérêt qui nous entoure, après un tel spectacle. Pendant deux heures et demie, j'ai vraiment tout oublié, soucis, boulot, maladies, collègues, amis pour me donner totalement à un véritable bonheur, difficile à expliquer. C'est si rare qu'on voudrait vraiment que ça dure éternellement. Et Genesis est vraiment le seul groupe de tous ceux que j'ai vu en trente ans qui m'a fait cet effet là à chaque concert. Nous quittons Didier à l'extérieur du stade au milieu d'une foule dense et nous demandons à TomTom de nous ramener à la voiture. Comme nous marchons vite, nous y sommes en à peine vingt minutes. La route est dégagée, nous rejoignons rapidement l'autoroute et en un peu plus de deux heures nous sommes à Bourges, la tête pleine de musique, d'images et de couleurs.
Voici la playlist :
- Behind The Lines ("Duke", 1980)
- Duke's End ("Duke", 1980)
- Turn It On Again ("Duke", 1980)
- No Son Of Mine ("We can't dance", 1991
- Land Of Confusion ("Invisible touch", 1986)
- In The Cage ("The lamb lies down on Broadway", 1974
- medley instrumental : The cinema show ("Selling England by the pound", 1973) / Reading the scree ("The Lamb lies down on Broadway", 1974) / Duke's travel ("Duke", 1980) / Afterglow ("Wind & Wuthering", 1976)
- Hold On My Heart ("We can't dance", 1991)
- Home By The Sea/ Second Home By The Sea ("Genesis", 1983)
- Follow You Follow Me ("And then there were three", 1978)
- Firth Of Fifth ("Selling England by the pound", 1973)
- I Know What I Like ("Selling England by the pound", 1973)
- Mama ("Genesis", 1983)
- Ripples ("A trick of the tail", 1976)
- Throwing It All Away ("Invisible touch", 1986)
- Domino (I. In the glow of the night / II. The last domino) ("Invisible touch", 1986)
- Drum Duet
- Los Endos ("A trick of the tail", 1976)
- Tonight, Tonight, Tonight ("Invisible touch", 1986)
- Invisible Touch ("Invisible touch", 1986)
- I Can't Dance ("We can't dance", 1991) [rappel]
- Carpet Crawlers ("The lamb lies down on Broadway", 1974) [rappel]

Commentaires
Fabuleux concert !!! je n'en suis pas encore completement remis ! A environ 10 mètres devant la scène dans une ambiance de folie melant les amateurs de Genesis de tout age.
Désolé de n'avoir pas pû faire plus ample connaissance avec toi Erwan, mais ce n'etait pas facile parmi les quelques 55.000 spectateurs.
Quelques photos ici : kaohad.free.fr/Genesis/
Oh oui que ce concert était fabuleux ! Nous avons fait le choix des gradins surtout pour Christine qui culmine à 1,56 m
et donc l'ambiance a été moins forte, mais l'émotion était intacte. J'ai essayé de t'appeler juste après le concert mais je suis tombé sur ta messagerie. Ce n'est que partie remise, j'espère ! Et tes photos sont super, quels beaux souvenir ! Moi je n'ai que l'écran géant sur les miennes
Sur celle-ci on nous voit (enfin moi je nous vois...)
Ben, c'est malin, j'ai les larmes aux yeux maintenant... Tout ce que j'ai loupé, çà me fend le coeur!... Ceci dit,je suis super contente pour vous, y'a rien de si bon que de participer à une grand messe pareille et avec les photos et tes supers commentaires on s'y croirait presque... Génésis c'est grandiose...Merci pour le partage d'émotions.
Ah oui, c'était vraiment FA BU LEUX !
GENESIS, c'est notre premier point commun avec Renaud et le début d'une amitié qui aura 30 ans l'année prochaine.
Si je l'avais connu en 1977, c'est peut-être avec moi qu'il se serait marié