Le départ du car est fixé à 8h30. Nous passons chercher Pierre, l'ami de Solène et cornemuseux. Nous sommes au point de rendez-vous à 8h00. Le temps de charger bagages et costumes au fond du car, nous partons presque à l'heure. Le voyage passe vite, les routes sont dégagées. Nos musiciens jouent presque pendant tout le trajet, ça passe le temps. Nous arrivons même avec presque une heure d'avance sur l'horaire prévu pour le repas. Notre présidente a négocié un repas simple et très économique dans un petit restaurant de bord de route, à Paray-le-Monial. Le service est rapide et la nourriture suffisante. A la fin du repas, avec l'accord du patron, nos musiciens reprennent leurs instruments et certaines personnes se mettent même à danser. Les autres clients sont d'abord surpris, puis ravis de l'intermède musical.

A l'arrivée à Vercia, le chauffeur rate la route vers le village et fait demi-tour un peu plus loin. Par coïncidence nous sommes suivis par le car du groupe de Nîmes, qui lui aussi a raté la route ! Nous arrivons enfin, accueillis par quelques membres du groupe les Sygovies. Nous faisons connaissance avec les membres du Cordon Camarguais, qui déchargent leurs bagages et habits en premier. Ils demandent à pouvoir se préparer rapidement car la coiffure des femmes prend parait-il très longtemps pour être réalisée. Curieux, je suis les préparatifs. Et en effet la coiffure est élaborée, plus que la coiffe. De plus elle est différente pour les jeunes filles et pour les femmes.

Vers 17h00, le président des Sygovies vient nous accueillir et offrir aux trois groupes une collation d'accueil. J'en profite pour faire quelques photos. J'apprends que les jeunes filles de Camargue se nomment des mireilles. Elles portent un costume et une coiffe assez simples. Quant aux femmes, ce sont des arlésiennes, et leur costume est nettement plus riche et décoré. Par petits groupes nous faisons une promenade dans le village de Vercia. Il est petit mais très vivant, beaucoup de vieilles maisons ont été restaurées, on sent que les habitants sont aisés (grâce aux vignobles ?). De retour à la salle, lorsque les nîmois sont presque tous prêts, c'est à notre tour de nous habiller. Enfin tous les membres des Sygovies nous rejoignent, en costume également. Tout le monde s'attable pour le repas du soir, du moins jusqu'au dessert, qui sera pris après le spectacle. L'ambiance est chaleureuse, même si les membres du Cordon Camarguais sont restés groupés. Nous sommes plus mélangés avec les Sygovies, peut-être parce que nous nous connaissons déjà.

Vers 20H00 nous gagnons la salle de spectacle à Beaufort, distante de quelques kilomètres, emmenés dans les voitures individuelles. En effet notre chauffeur aurait pu nous emmener en car mais n'aurait pu nous ramener car il aurait dépassé son amplitude maximum de conduite de quatorze heures. La scène et les chaises sont disposées dans un gymnase faisant office de salle polyvalente. Le public rentre régulièrement et la salle se remplit. Il est prévu que les Sygovies se produisent en premier, puis nous, puis les Camarguais, pour une courte prestation. Après un entracte nous devons refaire un passage, plus long, avant les Camarguais de nouveau. Avec un peu de retard, les plus jeunes des Sygovies entrent en scène, avant les adultes. Ils refont les mêmes danses qu'à Marmagne. A notre tour nous effectuons l'une de nos séquences de danses les plus courtes. Nous avons un peu de mal à nous adapter à la scène, particulièrement petite, bien que nous nous soyons entraînés en conséquence. Nos musiciens assurent avec brio et il n'est pas exagéré de dire que notre section musicale est la plus dynamique et la plus riche des trois. Avec les Camarguais je découvre des nouvelles danses, très différentes de celles de nos régions. Accompagnées par deux galoubets et deux tambourins, les jeunes danseuses (il n'y a pas de danseurs dans cette séquence) exécutent des danses très légères et gracieuses, avec ce qui ressemble à des entrechats. Quant aux plus âgées elles effectuent plus des chorégraphies que des danses proprement dites. J'ai disposé la caméra sur un pied et je filme l'intégralité de notre prestation et de celle du Cordon Camarguais. J'avais filmé celle des Sygovies l'an dernier.

A peine le spectacle terminé (il est 23h00 passés) nos hôtes nous ramènent à la salle de Vercia où sont servis le dessert et le café. En un tournemain nous changeons de vêtements pour retrouver une tenue plus confortable. Bizarrement le groupe de Nîmes ne nous rejoint pas. C'est dommage, j'aurais aimé faire mieux connaissance. Après le dessert nos musiciens montent sur scène et commencent à jouer pour faire danser ceux qui veulent. Plus tard ce sont les musiciens des Sygovies qui prennent le relais. A un moment, Jacques notre conteur se lève et se met à raconter quelques histoires en berrichon. Peu de monde en comprend toutes les paroles, surtout pas les jurassiens, mais l'assistance est captivée par son talent. Les plus petits, extrêmement attentifs, forment même un cercle autour de lui. La soirée se termine vers 2h30, juste avant le passage à l'heure d'hiver. Nos hôtes nous emmènent chez eux, à quelques kilomètres de Vercia. Ils nous font visiter leur superbe maison et nous restons jusqu'à 4h00 à regarder les photos de leur voyage de noces en Nouvelle-Zélande, sur les traces du Seigneur des anneaux !

Après une excellente nuit et un tout aussi excellent petit-déjeuner nos hôtes et amis nous font visiter leur village et les environs proches, avant d'aller au point de rendez-vous avec les cars. L'objectif est une ballade à pieds d'un belvédère vers le fond d'une vallée où coulent de nombreuses cascades. Celles-ci sont superbes dans le soleil levant, c'est d'ailleurs l'endroit préféré des jeunes mariés pour faire les photos de mariage.

Après la balade, les cars nous emmènent chez un viticulteur. Celui-ci nous attend sur une de ses parcelles de vigne pour nous expliquer l'histoire des vins du Jura. Puis il nous emmène dans sa taverne pour une séance de dégustation. Après cinq vins différents, même en quantités minimes, j'ai la tête qui tourne ! C'est maintenant l'heure de rentrer à Vercia pour le déjeuner. Les Nîmois se joignent à nous mais partent de bonne heure, juste après le repas. Nous restons un moment encore et puis vient l'heure de partir. Nous nous promettons de nous revoir et j'espère que ça ne sera pas de vains mots car j'ai bien envie de revenir dans la région pour la découvrir un peu plus longuement.

J'ai peu de souvenirs du voyage de retour car j'ai dormi presque tout le temps. Nous sommes rentrés à une heure correcte, à peine 22h30.