Comme à mon habitude, nous partons de bonne heure. TomTom nous guide jusqu'à la salle l'Astrolabe, que je ne connais pas. Il semble qu'elle se situe dans l'enceinte de la patinoire. Il est 19h30, nous sommes les premiers, et l'ouverture des portes est prévue à 20h30.

Quand les portes ouvrent enfin j'estime le public à plus de trois cents personnes. On entend même parler anglais ! La fouille est débonnaire, mon petit appareil photo passe sans souci, et j'aurais même pu apporter mon Sony. Nous récupérons les invitations au guichet et nous montons à la salle, qui se trouve en effet au troisième étage de la patinoire. L'espace est bien aménagé et bien décoré, avec un bar et un vestiaire, payant. Nous entrons dans la salle qui nous parait minuscule ! Elle ne ressemble pas du tout à la présentation vue sur le site web qui y est consacré. La scène est toute petite et à peine surélevée. Les filles sont contentes, elles ont pris place devant et seront au plus près des artistes.

Peu après 21h00 le premier groupe, Johnny Boy, entre en scène. Enfin, groupe si on veut. Un guitariste, Nicky Larsen, plutôt habile, et un chanteur surexcité, Salo, éructant des paroles à limite de l'hystérie. Bon. Ca s'appelle du punk rock. Je n'aime pas du tout, cela n'a aucun intérêt pour moi. En plus le chanteur dégage tout sauf de la sympathie. Bouchons d'oreilles obligatoires. Sur leur MySpace leurs influences citent en effet la quasi totalité des groupes punk depuis l'origine de ce courant au début des années 80. Le set dure environ quarante-cinq minutes.

A peine ont-ils quitté la scène qu'une large porte s'ouvre sur la droite pour donner accès à la grande salle de l'Astrolabe : c'est celle-ci qui est décrite sur le site. Elle ressemble plus à une salle de concert, avec grande scène en hauteur, table de mixage au fond et rampes lumineuses à foison. Elle est comparable en volume à la salle de Germinal, enfin du 22 d'Auron, à Bourges. Je m'arrête à l'entrée, devant les enceintes, tandis que les filles se frayent un passage jusqu'à l'autre côté de la scène. Elles arrivent à se coller à la scène encore une fois. Juste après 22h00 le groupe entre en scène. Ils sont cinq, tout propres sur eux, coiffés un peu à la mods des années 60, la mèche bien plaquée. L'un des guitaristes fait même dans le rétro : chemise à petits carreaux, lunettes à grosse monture et cheveux mi-longs. J'ai remis mes bouchons d'oreilles, mais là où je suis placé, je profite pleinement du concert sans me déchirer les tympans. Les filles ont pris l'appareil photo, il ne me reste que celui de mon téléphone portable. Côté musique je suis agréablement surpris. Autant sur disque je n'avais pas spécialement accroché, autant en live la musique est dynamique, bien foutue et plaisante à écouter. Il y a deux guitaristes, près de moi, dont l'un s'occupe aussi des claviers, le chanteur, un bassiste, près des filles, et un batteur au fond. Les guitaristes assurent vraiment mais le plus étonnant est le chanteur : il a l'air monté sur ressort ou sur 220V, il bouge, saute, trépigne, sautille, bouge les bras, en permanence ! Il a un bon contact avec le public, s'essayant même à quelques mots de français. Vers la fin du concert il va faire un tour dans la foule et quelques spectateurs montent sur la scène pour slammer. Côté public, la moyenne d'âge est assez jeune, moins de vingt-cinq ans sans doute, avec quelques vieux comme moi quand même. Le nombre d'appareils photos et de téléphones portables braqués sur la scène est impressionnant !

Après un peu plus d'une heure de concert et un rappel, le groupe s'éclipse. Je retrouve les filles, aux anges. L'une d'elle a même réussi à brandir une banderole où elle avait imprimé des photos d'elle avec les musiciens prises à Bourges, avec la phrase "Do you remember the Printemps de Bourges?". Le bassiste, en voyant l'inscription, a attiré l'attention du chanteur qui a lu le message, pour le plus grand bonheur des filles. Elles essayent de glaner médiator, baguette ou autre objet fétiche mais ne réussissent qu'à emporter une des playlists.

Le retour est un peu perturbé car l'autoroute est fermée, suite apparemment à un important accident. Nous devons passer par Olivet et du coup nous ne sommes pas rentrés avant 1h00. Et il y a classe demain pour tout le monde !