J'ai toujours aimé jouer, autant aux jeux de société (belote, tarot, Richesses du monde, Monopoly, Risk, etc.) qu'aux jeux vidéo. J'ai commencé sur mon premier Apple //e en 1984 avec un jeu nommé Wizardry, sans doute l'ancêtre des jeux de rôle et d'aventure. Le jeu était en 16 couleurs, en mode texte (la souris n'existait pas), mais il m'a accaparé pendant des centaines d'heures déjà, parfois tard dans la nuit. Je jouais aussi beaucoup (et même Christine y était accroc) à Frogger, histoire d'une grenouille qui devait traverser une route encombrée de camions et une rivière infestée de crocodiles.

Au fil des années j'ai testé de nombreux jeux sur ordinateur, pour m'arrêter sur les jeux de Blizzard et en particulier sur Diablo 2 qui m'a pris lui aussi des milliers d'heures acharnées pendant des années, ainsi qu'à mon fils. A ce titre il restera à jamais mon jeu préféré. Ce jeu, pourtant ancien, bénéficie encore actuellement d'une telle cote que même après tant d'années sa communauté de joueurs est très importante et souvent fidèle.

Puis sont arrivés les jeux massivement parallèles jouables uniquement sur Internet, appelés en anglais MMORPG pour Massively Multiplayer Online Role Playing Game. Ces jeux ont deux particularités : l'action continue même si un joueur n'est pas connecté et il est nécessaire de s'abonner en payant une cotisation mensuelle. De plus ils rassemblent des centaines de milliers de joueurs simultanément et leur univers est beaucoup plus riche que les traditionnels jeux de rôle ou de combat.

Le plus connu, et aussi l'un des plus récents, est justement un jeu de Blizzard, World of Warcraft (désigné sous l'acronyme WOW) mais celui-ci est loin d'être le meilleur. Selon les critiques Blizzard aurait surfé sur sa notoriété pour attirer les joueurs sur un MMORPG de richesse assez moyenne. Cette notoriété a malgré tout fait migrer de très nombreux joueurs vers ce jeu et il est actuellement le MMORPG doté de la plus grande communauté de joueurs.

Depuis un an je lorgnais vers ces MMORPG, étant arrêté par la cotisation mensuelle : à partir du moment où un jeu coûte beaucoup d'argent je voulais être sûr de m'y intéresser et de m'y investir suffisamment. Et puis récemment, en discutant avec une amie adepte d'Everquest II (désigné comme EQ2), celle-ci m'a fait découvrir ce jeu, m'expliquant que la richesse de l'univers et l'étendue des possibilités était infiniment plus grandes que dans WOW. Elle a achevé de me convaincre en m'expliquant que la communauté des joueurs d'EQ2 était en général plus adulte, plus responsable et plus respectueuse que celle de WOW. Car WOW abrite beaucoup de joueurs uniquement préoccupés par le jeu et leurs personnages au détriment de la politesse, des bons usages et des joueurs humains derrière le clavier. On retrouve beaucoup de gamins et de nolifes, ces joueurs compulsifs qui tueraient (virtuellement) pour gagner une meilleure arme ou une nouvelle compétence dans un jeu.

Et donc me voila intégré à la communauté EQ2 ! La première impression est le gigantisme dans tous les aspects. Déjà pour créer un personnage on a le choix entre 16 espèces, 4 archétypes (combattant, mage, prêtre ou éclaireur), 12 classes et 2 sous-classes par classe ! Si on ajoute une gestion très évoluée des compétences en artisanat (une des forces d'EQ2) avec 4 archétypes d'artisanat, le choix dès le départ donne le vertige. Les cartes des continents sont énormes, il faut parfois plusieurs minutes réelles pour les parcourir à pied. Les objets sont innombrables, voire infinis, puisque les compétences en artisanat permettent d'en créer à foison.

Après quelques jours d'essai gratuit j'ai franchi le Rubicond et donné mon numéro de carte VISA. Et du coup le jeu s'est ouvert à moi en totalité. Pour commencer j'ai créé un semi-elfe (ni bon ni mauvais) paladin (maîtrise des armes et des sorts). C'est un personnage non extrême, contrairement à un combattant ou à un prêtre qui se spécialise en armes ou en sorts. J'ai estimé que pour découvrir le jeu un paladin était la classe la mieux adaptée. J'en ai fait une fille avec de beaux yeux en amande et une natte brune, j'aime bien les filles guerrières. Son nom est Faneor LumiereDesEtoiles. En plus ça entretient la confusion entre le joueur masculin et le personnage féminin. En à peine dix jours et une vingtaine d'heures de jeu je suis au niveau 25, le but étant le niveau 80 qu'il me faudra des mois pour atteindre. Dans tous ces jeux la progression de niveau en niveau est exponentielle : plus le niveau augmente plus il est long et compliqué de passer au niveau suivant.

Une autre particularité intéressante d'EQ2 est le système de guildes. Il s'agit de regroupements de personnages par affinités quelconques permettant d'obtenir de l'aide, des conseils, du meilleur équipement, des compétences accrues en artisanat, etc. Les membres d'une guilde ont une cape spécifique et toutes les capes de guilde sont différentes. L'évolution d'un personnage contribue également à l'évolution de sa guilde, et inversement. Certaines guildes de haut niveau sont en compétition pour devenir la meilleure, afin de remporter des récompenses spécifiques.

J'ai choisi un peu par hasard une guilde jeune en pleine expansion, ainsi je me sens plus à l'aise qu'avec une compagnie de personnages de niveau élevé. C'est la guide du Lys Bleu et ma cape est bleu nuit avec un lys stylisé au milieu. J'ai déjà bénéficié de mon appartenance à ma guilde par l'octroi d'une armure complète de bon niveau forgée par l'un des plus hauts personnages de ma guilde. L'ambiance est très sympathique, il y a plus de Québécois que de Français, et nous communiquons en vocal grâce à TeamSpeak, une sorte de Skype adapté aux jeux en ligne. Ainsi les mains restent libres pour se consacrer entièrement au jeu.

Je vais arrêter là car je pourrais écrire encore longuement sur ce sujet mais je perdrais les derniers lecteurs suffisamment curieux pour lire jusqu'ici. Un dernier mot pour dire qu'en passant le niveau 20 mon paladin a pu enfin bénéficier d'une monture, un fier destrier, ce qui lui permet de traverser les plaines et les montagnes à moindre effort.