A 15h00 nous nous rendons au centre aéré des Bouloises où se déroulera le stage. Nous sommes parmi les premiers mais Pierre Corbefin et Philippe Marsac sont déjà en train d'installer leur matériel. Pierre nous semble fatigué mais il est toujours aussi souriant et chaleureux. A 15h30 tout le monde est là et Pierre commence par la traditionnelle séance d'échauffement et de prise de conscience du corps. Rapidement il passe la main à Philippe et va s'asseoir, ce qui confirme notre première impression.

Pendant ce stage nous n'apprendrons que trois danses, toutes originaires du Haut-Agenais, dans le Lot-et-Garonne : deux bourrées, la bourrée du Haut-Agenais et la bourrée planière, et le branle du Haut-Agenais, qui est en fait un rondeau.

La bourrée du Haut-Agenais se danse par couples, en cercle. Le pas est bien le pas de bourrée que nous connaissons et la danse s'orne de figures entre hommes et femmes, qui peuvent être dansées à volonté : nul besoin de suivre les phrases mélodiques ni de se conformer aux évolutions des autres danseurs. Du coup cela donne une danse vive et non monotone.

La bourrée planière se danse en lignes face à face. Elle est très simple mais nécessite un ensemble parfait des danseurs pour être jolie. Le principe est un déplacement de chaque ligne vers la droite, avec un passage d'une ligne à l'autre du danseur le plus à droite. Rapidement le mouvement des bons danseurs devient synchrone et la danse devient presque hypnotique, comme certaines danses en chaîne bretonnes, où la conscience individuelle se fond dans une conscience de groupe de danse.

Entre les deux bourrées nous commençons à apprendre le branle/rondeau du Haut-Agenais. La difficulté inattendue vient du fait que les mélodies à danser sont connues en bal et que nous dansons un peu n'importe quoi dessus. Donc les pas que nous faisons en bal, inexacts, viennent parasiter les pas académiques enseignés par Philippe. D'où une difficulté supplémentaire, au début.

A 18h00, juste après les répétitions, nous nous éclipsons pour aller nous préparer pour le concert de Marie Cherrier ce soir.

Dimanche le stage reprend à 9h30. Après l'échauffement, nous apprenons des variantes du pas du branle du Haut-Agenais, l'une facile, l'autre moins. Pierre a l'air reposé et intervient plus fréquemment que le samedi. Vers midi nous faisons une dernière répétition des trois danses apprises ce week-end, et dansons un dernier "rondeau de fin de stage".

Je suggère de faire une photo de groupe, pour clore ce cycle de quatre stages. Tout le monde accepte et nous faisons la photo dans l'herbe, au soleil. J'y suis aussi, ayant posé l'appareil sur un pied.

Puis nous prenons congé des uns et des autres. Je remercie particulièrement Pierre Corbefin, lui que je connais virtuellement depuis plus de trente ans ! C'est vraiment un homme chaleureux, tourné vers les autres et dont les valeurs sont respectables. Peut-être aurons-nous l'occasion un jour d'aller lui rendre visite dans son fief gascon.