Comme c'est aussi la fête des pères, mes enfants et Christine m'invitent à la crêperie. Sauf qu'en ce dimanche de fête, une seule crêperie est ouverte, toutes les autres sont fermées, un jour où l'affluence est énorme ! Ca c'est du commerce bien compris. Nous allons donc à la crêperie Ty-mad, dont Christine connait bien les propriétaires, à l'heure du goûter pour être tranquilles et prêts pour le début des festivités. Nous mangeons au son du maloya réunionnais, joué et dansé sur la place Victor Hugo par l'association les Flamboyants. Après le repas nous restons quelques instants écouter les élèves de l'école de musique Melodica qui se produisent au même endroit.

Puis nous descendons la rue Moyenne, interdite aux voitures pour toute la soirée. Il y a déjà du monde, et nous nous arrêtons régulièrement pour saluer nos connaissances. Nous nous arrêtons place Cujas pour attendre le début de la parade. A 18h00 précise arrive la Compagnie du P'tit Vélo, autour d'une voiture et d'une caravane minuscules. La parade débute avec fanfare, musique festive et délire. Se succèdent ensuite des batucadas de tous styles, vestimentaire et musical. D'abord Bahiafro, nombreux musiciens colorés et dynamiques qui allument bien le public. Suivi de Kafileidjo, petite batucada emmené par un Noir bondissant. Puis la Compagnie Caméléon avec leur spectacle "Batukadon'f". Leur costume coloré et excentrique me plaît bien, ainsi que leur maquillage élaboré. Ensuite La Comparsita, qui joue une musique cubaine plus traditionnelle, accompagnant une élégante danseuse à la jupe virevoltante. Puis arrivent Les Gringos, musiciens habillés de blanc et bleu mais que personne ne regarde : les yeux sont attirés vers les deux sculpturales danseuses habillées en tout et pour tout de résille, de strass et de plumes ! Enfin la dernière batucada est la plus impressionnante, voire la plus originale : les musiciens sont habillés comme au carnaval de Rio, avec plumes à foison, costumes pailletés et dentelle mais ils sont perchés sur des échasses. Les échasses du meneur sont particulièrement hautes, lui faisant atteindre le premier étage des maisons, ce qui ne l'empêche pas de virevolter et danser si haut perché. La parade se termine par des percussionnistes industriels qui tapent comme des sourds sur une antique moissonneuse Claas peinte en noir et reconvertie en caisse de résonnance. Après avoir dansé et joué quelques minutes sur la place Cujas, chaque ensemble monte la rue Moyenne jusqu'au parvis de la cathédrale.

Quand la parade est terminée, je rejoins la place Bascoulard pour passer la fin de soirée avec l'EDMT qui joue comme chaque année ici. Quand j'arrive les musiciens jouent déjà mais l'assemblée est très clairsemée. Petit à petit le public arrive et les danseurs investissant le bitume. L'EDMT est au complet avec une vingtaine de musiciens. Je m'éclipse pour aller écouter All In, deux guitaristes amateurs installés dans la rue Mirebeau, et regarder les danseurs acrobatiques d'une nouvelle école de danse évoluant sur la place Gordaine. Quand je reviens place Bascoulard, la foule et les danseurs sont bien plus nombreux : Lé Zéggaré, autre groupe folk, ont fini leur prestation, et les amateurs de folk sont donc venus rejoindre l'EDMT.

Les musiciens vont jouer sans interruption plus de trois heures et demie. Quand ils sont partis, ainsi que le public, quatre jeunes musiciens continuent à jouer pour le plaisir, dans la pénombre. Un nouveau public les écoute, curieux : des badauds attirés par la dernière musique égrenée dans les rues et découvrant le folk. Il est 23h30 et nous rentrons en déambulant dans la rue Moyenne, encore vivante d'une foule importante.