Le premier soir, entièrement gratuit, se passe dans la cour du restaurant la Table d'Harmonie. A 18h00 j'arrive avec Christine pour l'initiation, avec quelques amis invités via OVS. La scène est vide et seules les tables du bar sont occupées. Juste avant que l'initiation commence, on voit arriver une troupe hétéroclite d'hommes et de femmes habillés de façon extravagante. Jupes, pantalons, perruques, maquillage, ustensiles, tout est noir et blanc. Tous portent un badge où est inscrit "Pig Dyke Molly", le nom de leur groupe. Ils viennent d'Angleterre et sont accompagnés par des membres de Notre Berry chez qui ils sont invités. Profitant de la soirée du Bal des Tontons, ils ont proposé de présenter leurs danses et de danser avec nous. Très peu parlent anglais et l'explication des danses est plutôt rock'n'roll. L'initiation aux danses est dirigée par Benoît Roblin, de Baldebo, et tout le monde participe dans une ambiance joyeuse et festive. Christine est habillée de noir et blanc, de façon tout à fait fortuite. Du coup quelqu'un de Pig Dyke Molly lui offre un badge et... la maquille de force avec deux grosses bises !

Quand l'initiation est terminée, nous rentrons à la maison pour dîner. C'est pratique d'habiter à moins de cent mètres. Je reviens vers 22h00 avant d'être rejoint par Christine vers minuit. J'arrive au milieu du concert de Décibal. La foule est impressionnante : le parquet est bondé, toutes les tables sont occupées et dans le moindre espace il y a une personne debout. Danser relève de la gageure tellement la foule sur le parquet est compacte. La moyenne d'âge des danseurs est bien sûr très jeune : Décibal est le fer de lance du renouveau folk. Ils jouent une musique traditionnelle contemporaine où il est parfois difficile de reconnaître les danses, surtout pour un vieux danseur traditionnel comme moi. Cette musique novatrice est très agréable à écouter mais est souvent difficile à danser, sauf pour beaucoup de jeunes qui prennent des libertés extrêmes avec les pas et les figures. Voir des danseurs sautiller comme sur du rock en dansant une bourrée, ou danser une scottish comme un tango est étonnant. Mais après tout c'est peut-être comme ça que la danse traditionnelle perdurera, à condition tout de même de ne pas oublier les pas fondamentaux.

Les Genoux, autre groupe moderne très apprécié des jeunes, succède à Décibal. Mêmes musiques travaillées mais même libertés prises avec les danses. Ce qui n'empêche pas le parquet d'être toujours bondé. L'autre limitation de ces jeunes groupes est souvent leur répertoire. En dehors des valses, bourrées, scottishs, mazurkas, cercles circassiens et autres danses simples répétées à l'envi, point de salut. Pas de bourrée des grandes poteries ou de pastourelle, par exemple. C'est là qu'on apprécie l'étendue du répertoire des Amis d'Al, qui sont aussi beaucoup moins chers. Quand les pieds me démangent trop, je m'immisce dans les danses les moins courues. La chaleur sous le toit qui abrite l'espace de danse est étouffante. Nous nous éclipsons quand il commence à pleuvoir, il est presque 1h00.