Je n'ai certes succombé ni à la mode ni à la pression des media puisque j'ignorais l'existence de ces livres jusqu'à la sortie du film. Mais comme le film m'a plu, j'ai eu envie de mieux connaître les personnages et j'ai lu les trois livres aussi vite que j'ai pu. Je ne reviendrai pas sur la mort prématurée de Stieg Larsson ni sur l'engouement planétaire pour son ultime oeuvre, le pire et le meilleur ont été dits. Néanmoins j'ai beaucoup aimé ces livres, leur atmosphère, leur style nordique inhabituel et particulièrement Lisbeth Salander, l'héroïne féminine. Malgré des longueurs certaines (en gros un quart du premier tome et un tiers du second tome), le réalisme et la précision de l'écriture m'ont captivé. Le style, évidemment suédois, est déroutant au début et très inhabituel. D'une part les noms suédois sont difficiles à différencier et nécessitent une attention soutenue. D'autre part la précision des descriptions est méticuleuse, voire chirurgicale, pour les objets, les personnages, les lieux et les actions. On est plongé dans le moindre détail du quotidien des personnages. Et enfin l'auteur recourt systématique au tutoiement, même entre personnes ne se connaissant pas ou entre personnes de hiérarchies différentes. Contrairement à l'anglais ou la notion de "vous" et de "tu" est subjective, ici le tutoiement est réclamé comme alternative au vouvoiement : les deux existent donc bien en suédois.

Le style oscille entre roman policier pour le premier tome, indépendant des deux autres, et roman d'espionnage pour les seconds, si liés que le numéro trois commence à l'instant où le numéro deux se termine. J'imagine d'ailleurs la frustration des lecteurs qui ont fini le deux avant que le trois ne soit édité ! Cependant le roman n'est pas que ça et il aborde sans détour de nombreux thèmes : la mondialisation, les magouilles économiques, le fascisme, les services secrets, la prostitution, le trafic de femmes, la monde de la psychiatrie, la politique, etc. Je me suis beaucoup attaché aux personnages tellement leur personnalité est forte et leur description détaillée. Et, comme beaucoup sans doute, ma préférée était Lisbeth Salander. Intelligente, génie de l'informatique mais asociale et impénétrable, elle a néanmoins son propre code de morale. Et, toute héroïne qu'elle est, sa vie est par moments gravement menacée.

Il y a évidemment quelques incohérences, mais quel roman n'en a pas ? Par contre il doit être possible de revenir sur tous les lieux de l'action tellement leur description est précise, un peu comme dans Da Vinci code.

Je lis peu, par manque de temps (la faute à Internet...), mais je privilégie toujours des histoires longues, attachées à des univers détaillés et des personnages complexes. Comme À la croisée des mondes ou L'échiquier du mal. Millenium étant fini, je me lance à la recherche du prochain.