Au vu des sites consultés sur Internet Christine a choisi un photographe en province, dont les prestations paraissaient plus réalistes et attirantes, et surtout moins pédantes que sur Paris. Son choix s'est porté sur Alain Pons, photographe aguerri, spécialisé depuis plusieurs années dans la photographie animalière. Le stage consiste en deux entretiens en tête à tête pour répondre à toutes mes questions ou me conseiller sur telle ou telle pratique de mon choix. Alain Pons conseille un délai entre les deux entretiens pour profiter des premiers conseils et affiner les questions à poser lors de la seconde entrevue.

Pour préparer cette première rencontre j'ai dû répondre à un questionnaire détaillé sur mes connaissances en photographie et en informatique appliquée à la photographie, sur ma pratique, mon expérience et mes attentes. Le but est d'éviter de perdre du temps en présentations lors de la rencontre. J'ai complété le questionnaire par une sélection de mes photos assorties d'un commentaire ou d'une critique.

Nous partons de bonne heure, le rendez-vous étant à 9h00 dans les faubourgs de Clermont-Ferrand. En entendant la voiture, Alain Pons nous accueille chaleureusement. Il semble sympathique, décontracté et souriant, je pense que je vais passer un bon moment. Christine nous laisse et va faire un tour place de Jaude. Quand je pénètre dans le bureau d'Alain Pons je me sens tout de suite à l'aise : outre deux ordinateurs allumés côte à côte, s'amoncellent toutes sortes de livres, appareils, objets et documentations dans un bazar aussi chaleureux que vivant. Au mur trônent quelques unes de ses photos. Je constate qu'il a sérieusement préparé notre rencontre : mes photos sont affichées sur l'écran, mon questionnaire est devant lui, annoté, et les points qu'il souhaite aborder sont écrits sur un tableau.

Nous commençons par discuter de tout et de rien avant de passer aux questions que j'ai préparées. De fil en aiguille nous abordons à peu près tous les sujets concernant la photographie : maniement du Canon, utilisation du flash, techniques de prise de vue, réglementation, droits d'auteur, utilisation d'Internet, présentation des photos, réalisation d'albums, logiciels et utilitaires, etc. Il s'appuie sur un document qu'il a réalisé et qui regroupe tout ce dont on peut avoir besoin dans le domaine de la photographie. Nous échangeons aussi des adresses de sites web.

Après plusieurs heures de discussion à bâtons rompus, je vois avec regret approcher l'heure de la fin de notre entretien. Mais Alain Pons n'en a cure et me propose de passer à la critique de mes photos. En apercevant ses écrans cathodiques je lui fais remarquer qu'ils sont mal réglés : la fréquence, trop basse, fait vibrer l'affichage, ce qui est terrible pour les yeux. Je lui propose de modifier le réglage : à 75 Hz l'affichage est parfaitement stable et il devrait avoir moins mal aux yeux le soir ! Nous passons donc en revue ma sélection de photos. Je commente chacune d'elles, parlant des conditions de prises de vue et des défauts que j'y vois. Ses deux critiques principales portent sur le cadrage, souvent trop restreint (défaut hérité de l'ère argentique), et surtout sur les fonds, souvent mal choisis, qui perturbent ou gâchent beaucoup de photos. Il insiste surtout sur ce point à propos des portraits d'Anaïs. Intrigué par l'outil que j'utilise pour publier mes photos (JAlbum), il me promet de l'essayer.

La séance se termine enfin avec un bonus de plus d'une heure et demie. Avant de partir il me montre une partie de son équipement et surtout son studio privé, aménagé dans une chambre, avec le matériel que je rêve d'avoir (mais où le mettre ?). Sachant que je suis intéressé par la photographie de portrait, il me propose de consacrer toute la seconde séance à ce type de photographie. Je dois trouver un modèle et il me conseillera et m'assistera dans une vraie séance de studio. C'est exactement ce que j'espérais, même si le challenge n'est pas évident. Nous nous quittons enfin après la promesse de rester en contact.

J'appelle Christine et la rejoins en ville. Je lui raconte la séance et la remercie beaucoup pour son cadeau qui me satisfait pleinement. Comme il est tard plus aucun restaurant n'accepte de nous servir. Agacés nous reprenons la route et nous nous arrêtons à la cafétéria de l'Aire des volcans.

Dès le lendemain je reçois un mail d'Alain Pons disant qu'il n'est pas convaincu par JAlbum. Je réponds en joignant un didacticiel complet, avec des vidéos. Après avoir lu en détails son livret je lui envoie quelques remarques et améliorations, ce dont il me remercie. Reste maintenant à trouver un modèle pour la prochaine séance, sans doute au mois de mai.