ylvNous étions embauchés pour animer une soirée berrichonne, surnommée « Coum' dans l'temps », censée se passer au coin du feu... comme dans le temps. En arrivant à la salle multi-usages de Savigny-en-Sancerre un feu nous attend en effet dans une grande cheminée. Il réchauffe rapidement l'atmosphère plutôt glaciale. L'accueil est très chaleureux, nous avons une grande pièce pour nous changer et nous préparer, et un buffet froid nous attend déjà.

Quand l'assemblée est au complet, soit une petite centaine de personnes, les musiciens, Daniel Dautry et Jean Bouard, de Kerty, se mettent en place au bas de l'estrade. Ils préfèrent cette place plus conviviale car plus proche du public. Puis nous entrons en scène, nous aussi au bas de l'estrade, pour la même raison. Nous attaquons par la bourrée en V, une bourré classique archi connue des musiciens et des danseurs. Sauf que, inexplicablement, les musiciens se vautrent dans la mélodie, perturbant complètement les figures de la danse. En grands professionnels nous ne nous arrêtons surtout pas de danser et nous tentons tant bien que mal de finir la danse. Mais le couac est trop énorme et nous finissons un peu en vrac. Super pour un début de prestation ! Notre présidente dit quelques mots d'excuse mais l'ambiance est tellement bonne que les gens sont plutôt amusés que mécontents.

Par contre ensuite, dès la seconde danse et jusqu'à la fin de la quatrième partie (soit vingt-cinq danses), nous dansons de façon quasi parfaite, comme rarement nous l'avons fait. Les danseurs et les danseuses virevoltent dans un ensemble parfait, les robes tournent toutes en même temps, personne n'est stressé, c'est un bonheur. Entre chaque séquence de danses notre conteuse, Christiane, amuse le public avec ses histoires et son accent irrésistibles. Nous sommes contents de la retrouver parmi nous après plusieurs années de problèmes de santé.

Dans l'assemblée sont présents de nombreux membres de la Sabotée sancerroise, éminent groupe de danseurs régionaux. Ils sont repérables car ils ont les yeux rivés sur nos pieds alors que les non danseurs regardent en général nos costumes. Par ailleurs Sylviane, la dentellière, remporte un franc succès. Les gens se pressent autour d'elle pour admirer ses oeuvres et lui poser des questions.

Nous changeons de costume entre les séquences deux et trois, pendant que Daniel et Isabelle chantent quelques chants berrichons, visiblement pour le grand plaisir des spectateurs. A la fin de notre prestation notre hôte prend le micro et nous décerne une brassée de compliments et de remerciements qui ont l'air parfaitement sincères. Ca fait sacrément plaisir ! Enfin, Daniel et Jean, infatigables, terminent en jouant quelques airs à danser pour un mini bal folk.

Après tous ces efforts nous goûtons enfin au buffet copieux. Nos hôtes nous ouvrent même quelques bouteilles de Sancerre rouge. Pendant ce temps ils rangent prestement la salle et attendent, patients mais fatigués, que nous ayons fini et que nous partions.