J'arrive à 20h00, heure d'ouverture théorique. Mais la salle n'ouvre qu'à 20h30, le temps de terminer les dernières balances. C'est la première fois que je vois Benjamin et ses potes de Faut Qu'ça Bourges dans leur rôle d'organisateur de concert. Il est à l'entrée et me donne ma carte de photographe, la classe. Je ne le verrai pas de la soirée car il restera tenir le vestiaire.

Kinoko en Orbite ouvre la soirée devant une salle au tiers vide, dommage. Le duo, formé en 2006 par Marie et Ashod, est accompagné par Sylvain, batteur de jazz. Quand je les avais vus sur la Scène des Tontons, en face, c'est une violoncelliste, Constance, qui les accompagnait. Les deux musiciens jouent une intro après laquelle Marie entre en scène. Marie pose sa voix à fleur de peau sur ses chansons réalistes, parlant beaucoup de difficulté de vivre, seul ou à deux. Elle est magnifiquement accompagnée par la guitare d'Ashod, dans un style mêlant flamenco et musique orientale, très agréable. Je préfère nettement le trio avec batterie, qui dynamise les chansons sans les alourdir. En mai l'ensemble m'avait paru trop calme à mon goût, le violoncelle ne parvenant pas à répondre à la guitare. Marie est très expressive, on sent qu'elle vit ses chansons au plus profond d'elle-même. Ashod ne la quitte pas des yeux mais tous les trois échangent de fréquents regards, comme pour parfaire leur union musicale. Je marque ce groupe "à suivre", d'autant plus facilement qu'il est en résidence à la Scène des Tontons, à deux pas de chez moi.

Les Tit' NasselsPour le groupe suivant, Les Tit' Nassels, les appariteurs apportent un véritable fourbi de petits instruments, percussions et objets curieux, à coté d'un piano électrique et de plusieurs guitares. AxL et Sophie, alias Aurélien Mathot et Sophie Perrin, chantent un registre de chansons de variétés, souvent teintées d'humour, depuis déjà onze ans. Leur duo fonctionne un peu comme un Auguste et un clown blanc. AxL, à la guitare, harmonica et grosse caisse, est habillé sobrement, sourit et bouge peu. Ce qui ne l'empêche pas de balancer quelques vannes à froid, à Sophie ou au public. Sophie, par contre, est radieuse, pétillante, remuante, affublée d'un petit bibi à plumes rigolo. Son visage très expressif ne reste jamais immobile et affiche soit un sourire, soit une mimique. C'est elle qui joue de la profusion d'instruments en tous genres : clavier, kazoo, melodica, cuillères, bongos, passoire (!), vibraslap. Leurs chansons assument sans complexe la variétoche et parlent souvent du quotidien, avec tendresse et nostalgie, voire causticité. Leurs voix, très différentes, se marient bien et leur complicité fait plaisir à voir. Je n'écouterais pas ce genre de musique chez moi sur un disque, mais j'aime beaucoup ce style de chansons en live et en public. D'ailleurs le public, clairsemé, est enthousiaste et leur fait un triomphe.

Changement radical de style avec As de Trèfle, et aussi de public. Beaucoup de spectateurs venus pour les deux groupes précédents n'étaient jamais entrés au 22. Alors que maintenant la salle se remplit d'un public visiblement habitué au lieu et au style du groupe. Le groupe est formé de quatre musiciens, dont Laurent, le chanteur et guitariste, au superbe look grunge et aux dreadlocks interminables. Géraldine, la violoniste, fait visiblement briller les yeux de nombreux mâles dans la salle. Les deux autres sont un autre Laurent à la basse et Michaël à la batterie. Leur rock français bourré d'énergie enflamme rapidement la salle. Le violon omniprésent donne une couleur spéciale à leur musique. On pense forcément à des ainés comme Louise Attaque ou Les Têtes Raides, avec un peu de reggae en plus. Au premier rappel le batteur prend la basse et le bassiste prend une six cordes. Quand le tube tant attendu démarre, "Houlala", l'ambiance est à son comble, matérialisée par quelques pogos. Il faut dire que cette chanson possède une énergie et un rythme incroyables. Géraldine et Laurent, le chanteur, se donnent sans compter et assurent le show à eux tous seuls. Pour le second rappel, Géraldine passe à la batterie pour accompagner ses trois acolytes à la guitare. Très cool. Sur la dernière chanson, Laurent, torse nu, se permet un slam autour de la salle, porté par le public. Je mettrais cependant un bémol pour la qualité du son, nettement perfectible.

A part Kinoko que je connaissais déjà, j'ai découvert avec plaisir les deux autres groupes et j'ai passé une soirée extra. Merci Faut Qu'ça Bourges !

Kinoko en Orbite



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