Un aller-retour au nord de Londres depuis le Berry ressemble à une petite expédition : taxi jusqu'à la gare de Bourges, train de Bourges à Paris, métro entre la gare d'Austerlitz et celle du Nord, Eurostar de Paris à Londres et train de banlieue jusqu'à Stevenage. Et l'inverse au retour. J'avais donc tout préparé, réservé seul ou par l'entreprise les trains et les hôtels, imprimé les plans Google Maps, les horaires de métro et de train etc.

Départ le mercredi à 6h15 de la maison, train et métro sans encombre jusqu'à la gare du Nord. Là je cherche un moment l'entrée business class de l'Eurostar. C'est carrément un escalator réservé, qui conduit à un coupe-file pour la douane et la fouille (corps et bagages, comme dans un aéroport). L'attente se fait dans un lounge luxueux où des hôtesses en uniforme sont aux petits soins pour les voyageurs privilégiés. Les fauteuils club individuels sont en cuir et confortables. Un mur entier de revues en français et anglais est à discrétion. Et une collation nous est proposée en libre service, à volonté. Ayant pris un premier petit déjeuner à la maison, je ne prends qu'un chocolat chaud et un croissant.

Lounge de l'EurostarAu moment de l'embarquement, un tapis roulant conduit directement sur le quai, à peu près au milieu de la rame. Les sièges sont évidemment larges et confortables. Chacun dispose d'une prise de courant, ce qui me permet de brancher mon téléphone et de pianoter à loisir. Là encore deux hôtesses par wagon sont aux petits soins pour les voyageurs et une grande variété de revues est à disposition. A peine le train est-il parti qu'un brunch nous est servi, avec le choix entre un plat chaud et un plat froid. Je n'ai plus très faim mais pas question de ne pas profiter d'un tel luxe. Je choisis la version froide, avec du saumon fumé. Champagne et vin sont à volonté pour les amateurs. Je m'aperçois à peine que nous entrons dans le tunnel sous la Manche car le train ne ralentit presque pas. Le SMS que j'étais en train d'envoyer reste dans mon téléphone. Ce sera pour dans deux jours.

L'Eurostar arrive à l'heure pile (un Eurostar a plus de chance d'arriver à l'heure qu'un TER, étonnant...) à la gare de Saint-Pancras. On m'a prévenu que trouver la gare de King's Cross serait difficile à cause de travaux gigantesques. En fait pas du tout : le parcours d'une gare à l'autre est parfaitement fléché. J'hésite devant l'automate qui délivre les billets pour Stevenage, et demande de l'aide à un voyageur. Après vingt-trois minutes et un seul arrêt j'arrive enfin à Stevenage : il est midi passé (soit 13h00 en France). L'Anglaise que je viens voir m'a envoyé un parcours détaillé pour venir à pied de la gare. J'emprunte les pistes cyclables, parfaitement sécurisées car elles passent sous les chaussées. Cela ne m'empêche pas de me perdre : je tourne vers la gauche au lieu de la droite et du coup je demande mon chemin à un employé municipal.

J'ai la bonne surprise en arrivant de constater que le travail préalable qui devait être fait... ne l'est pas. J'attends donc deux heures et demie qu'un sous-traitant installe ce qu'il faut. Je devais juste superviser les opérations mais finalement je me retrouve à faire le travail moi-même. Ce petit jeu m'emmène jusqu'à 19h15 (soit 20h15 en France). Nous sommes les bons derniers dans le bâtiment.

Brunch dans l'EurostarMon collègue français et moi allons ensuite à l'hôtel, que j'ai choisi tout proche, à peine à cinq minutes à pied. Il voudrait bien aller dîner en ville mais je refuse. Nous dînerons donc sur place. Nous sommes rejoints au dîner par deux collègues français qui ne parleront que boulot. Super... La chambre est spacieuse, confortable mais sans aucune personnalité. Le chauffage se déclenche par thermostat mais est tellement fort qu'il me réveille à chaque fois.

Le lendemain matin je choisis un vrai breakfast anglais, avant de retourner travailler. A midi nous sommes invités par nos collègues anglais. J'ai fini tout mon travail vers 14h00 et prends congé. Comme j'ai du temps devant moi, j'en profite pour passer au supermarché Tesco, tout à côté de la gare. Une amie, adepte de la nourriture anglaise, m'a donné une liste de courses à faire. Perdu dans les rayons, je finis par demander de l'aide à une employée. Ma démarche doit l'amuser car elle me guide au pas de course dans les rayons pour trouver ce que je cherche. Je repars avec un lourd sac plein de victuailles typiques. Y compris une boîte de Spam, dont je rêve depuis longtemps : cette espèce de corned-beef a donné son nom au spam informatique.

Le retour à Paris se passe sans encombre, agrémenté d'une collation chaude dans l'Eurostar. A la gare du Nord j'ai choisi un hôtel juste en face de la gare. La chambre est minuscule et vieillotte, et coûte 50% de plus qu'à Stevenage. Vive Paris.

Le lendemain je rentre tranquillement à Bourges et je suis de retour au travail à midi. Ce petit périple aura coûté près de 1000 € à ma boîte, dont 605 € pour le seul Eurostar. N'importe quoi.

Produits anglais