J'arrive au lieu de rendez-vous un peu avant 8h30 mais je ne suis pas le premier. A 8h45 tout le monde est là sauf le secrétaire. Nous supposons qu'il se rendra directement à Drevant, et nous partons pour le village.

Initialement il était prévu de faire l'aller-retour au pont-canal à pied mais comme nous avons pris du retard, nous serions en retard pour la visite du site gallo-romain. Donc nous nous groupons dans les voitures et faisons les quelques kilomètres par la route jusqu'au pont-canal de la Tranchasse. Construit vers 1830, celui-ci permettait au canal du Berry de traverser le Cher. Long d'environ cent mètres, il est désaffecté depuis 1955 et le lit du canal est tapissé d'herbes. Le pont lui-même est en mauvais état, comme s'il n'avait pas été entretenu et restauré depuis longtemps. L'écluse qui en barre l'accès est presque entièrement détruite et la maçonnerie au pied des piles se désagrège. Nous y restons environ une heure, chacun prenant des photos selon son envie et ses goûts. Juste avant de partir nous apercevons au loin un cavalier qui arrive vers nous en longeant le canal. Quand il est à notre hauteur, l'une des photographes demande au cavalier s'il accepterait de descendre au fond du canal et de faire galoper son cheval sur l'herbe. Il accepte aimablement, rebrousse chemin sur quelques centaines de mètres, tourne bride et revient au grand galop, en passant devant nous. Puis il s'éloigne en reprenant sa promenade.

Site gallo-romain de DrevantNous retournons à Drevant où un guide nous attend à 11h00 pour nous faire visiter le site gallo-romain unique en région Centre. Le guide a un look très décontracté mais nous constatons rapidement qu'il connaît et maîtrise son sujet à la perfection. Archéologue amateur et passionné, ses travaux sont suffisamment sérieux pour avoir intéressé le CNRS. Avec l'aide d'un autre archéologue amateur il va nous faire découvrir l'ancien Derventum qui était au IIe siècle après JC une agglomération romaine riche et importante. Le seul monument encore visible est un théâtre de quatre-vingt cinq mètres de diamètre, remanié au cours de son histoire, et dont on voit encore une partie des gradins et du mur extérieur et un vomitorium. Tout à côté du théâtre se trouve une école primaire, construite exactement sur les fondations d'anciens thermes. Et un peu plus loin on peut voir le mur d'enceinte d'un sanctuaire qui n'a pas encore été fouillé, à part un petit lieu de culte placé en son centre, ou fanum. Au milieu de la profusion d'informations distillées par notre guide, je retiens que Derventum possédait deux thermes, un pour les hommes et l'autre pour les femmes, ce qui témoignait d'une importante richesse du site. D'ordinaire les thermes étaient uniques avec des heures différentes pour les deux sexes.

Après presque deux heures et demie de visite, en plein soleil, nous nous installons à l'ombre de grands acacias pour prendre l'apéritif et casser la croûte. Nous invitons nos guides à boire avec nous avant qu'ils prennent congé.

Après le déjeuner la journée se poursuit avec une balade en bateau électrique sur la partie du canal du Berry encore en eau.  Nous prenons trois bateaux, pour quatorze personnes. L'avantage de ce type de bateau est le silence, bien agréable pour découvrir le paysage calme et serein. Par contre, à cause de la sécheresse il manque plusieurs dizaines de centimètres d'eau et les algues sont affleurantes en permanence, s'entortillant dans l'hélice et allant jusqu'à stopper les bateaux, peu puissants. Heureusement une marche arrière de quelques secondes permet de dégager l'hélice et de repartir à la vitesse maximum, au demeurant très modérée. Nous passons devant un quai de chargement de sable, récemment restauré, nous voyons un héron, plusieurs gros crapauds et des centaines de libellules.

Après une heure et demie de promenade la journée se termine. Je prends congés des autres membres du club car Christine m'attend à Bellevue pour l'aider à remballer après la brocante où elle est depuis 8h00 ce matin.Canal du Berry