Retour au début de l'histoire. Depuis quelques années nous évoquions mollement la possibilité de devenir propriétaires d'un appartement dans l'immeuble où nous habitons. Nos propriétaires ayant toujours refusé de vendre et la communication assez succincte avec les voisins nous ayant fait rater deux occasions intéressantes, nous nous étions fait une raison. Et puis en février dernier un voisin sonne à notre porte pour nous apprendre qu'un appartement de type T5 allait se libérer deux portes plus loin, dans le même immeuble, au quatrième étage. J'avais déjà entendu parler de la propriétaire par une connaissance commune, jeune femme enceinte qui allait vivre dans la maison de son mari, en centre-ville de Bourges.

Nous prenons rendez-vous pour une première visite. La jeune femme, souriante, nous accueille aimablement et nous fait visiter l'appartement entier. La première impression est très bonne : cuisine aménagée, sols recouverts de carreaux ou de faux plancher selon les pièces, réseau électrique rénové, avec des prises de terre partout, porte d'entrée renforcée, grande luminosité. L'appartement a une pièce de moins que notre T6 actuel mais comme Benjamin n'habite plus avec nous ce n'est pas gênant. Le seul inconvénient est l'absence de garage et surtout de cave, ajouté aux dimensions très réduites du débarras jouxtant la cuisine. Le prix annoncé est plus que raisonnable, compte tenu des prix du marché sur Bourges.

Nous discutons de l'opportunité Christine et moi pour tomber d'accord assez vite : c'est une occasion en or qu'il est impossible de laisser passer. Nous bâtissons rapidement un plan de financement, basé sur un emprunt, un PEL et des liquidités accumulées au fil des ans à EADS. Nous signons le compromis de vente à Cosne début juin, chez le notaire qui gère déjà l'essentiel de notre patrimoine. Courant juin, à l'occasion de la foire de Bourges, nous demandons des devis pour le remplacement des fenêtres de la salle de séjour par du double vitrage. Le devis le moins cher est chez Tryba qui, de plus, propose la meilleure qualité et les meilleures compétences. Nous décidons aussi de faire enlever l'immonde toile tendue qui recouvre murs et plafond et de faire les peintures, ainsi que de changer la baignoire et les deux vasques de la salle de bains, très abîmées. Le peintre nous est recommandé par des amis et le plombier est une connaissance de Christine et Solène. Nous acceptons tous les devis pour des travaux impératifs avant fin septembre.

Les déménageursLe préavis envoyé début juillet impliquait une remise des clefs début octobre. Et la signature définitive de l'acte de vente était prévue le 5 septembre. Le notaire étant en retard, nous avons dû faire pression pour qu'il signe l'acte le jeudi 8 septembre. Nous avions invité la vendeuse et son mari à sabler une coupe de champagne le dimanche 4 septembre. Décidemment très sympathique, elle nous a fait confiance en nous remettant toutes les clefs le même jour.

Dès le lendemain Solène a commencé symboliquement a emmené des objets et des livres au nouvel appartement. Moi je ne m'étais toujours pas fait à l'idée de quitter le lieu où je vivais depuis vingt ans, la plus longue période de ma vie. Je n'ai commencé à faire des cartons et participer au déménagement que très tard, poussé par le délai final qui approchait à grands pas. Pendant les dernières semaines le déménagement était la première pensée qui me venait au réveil.

Pour le déménagement final, avec tous les meubles, prévu le 1er octobre, nous avons sollicité l'aide de notre cercle d'amis, ainsi que de celui de Benjamin et Solène. Une vingtaine de personnes, filles et garçons, a répondu très gentiment à l'appel. Chacun s'est vu attribuer une tâche : emballages de dernière minute, transport des meubles et des cartons, nettoyage, décrochage des cadres, rideaux et objets suspendus, bouchage des trous, etc. Toute la matinée une véritable noria s'est établie entre les deux portes d'entrée, dans l'ascenseur et dans l'escalier, c'était super. Les amis de Benjamin, jeunes et forts, ont transporté comme qui rigole les meubles et éléments de cuisine les plus lourds, soit portés à bras, soit aidés par les chariots et le diable qu'on nous avait prêtés. A midi le chantier était bien avancé. Christine a convié tout le monde à un pique nique géant dans la salle de l'ancien appartement, quasiment vide, dans la joie et la bonne humeur. Vers 16h00 tout était fini, l'ancien appartement était quasiment vide.

Le soir nous passions notre première nuit dans un appartement sens dessus dessous, d'autant plus que les travaux d'électricité n'étaient pas encore faits. Tous les meubles de la salle de séjour étaient donc entassés au milieu. Le bureau de Christine était aussi totalement encombré par des cartons.

Nous étions au début d'une nouvelle ère...

L'équipe de déménageurs