Au lever nous constatons avec un peu d'inquiétude que le temps est couvert. Pendant le petit-déjeuner un orage éclate même, avec une pluie bien drue. Après une courte concertation nous décidons d'en profiter pour aller à Dubrovnik car, si le mauvais temps persiste, nous pourrons toujours visiter les musées et les monuments en étant à l'abri. Nous partons à 10h30, la route n'est pas trop encombrée. Les paysages sont du coup beaucoup moins idylliques sous la pluie et la grisaille. Nous nous arrêtons sur un parking situé sur un promontoire dominant Dubrovnik. Malgré le temps la vue sur la ville fortifiée est belle, et nous prenons quand même des photos. Nous continuons la route et soudain nous sommes stoppés par ce qui ressemble à un bouchon. Nous craignons que ce soit déjà les encombrements pour rentrer dans la ville, mais il s'avère qu'il y a un accident et les services de sécurité qui s'en occupent ont installé un trafic alterné, d'où les ralentissements.

Arrivés dans la vieille ville nous constatons que les places de parking sont chères, à tous les sens du terme : beaucoup sont payantes et des voitures sont garées partout, dans le moindre recoin, y compris dans des endroits interdits, en double file, etc. Nous continuons la route en sens unique qui s'éloigne un peu du centre pour y revenir ensuite. Et là, notre chance habituelle nous sourit : devant l'hôtel Excelsior (un des palaces de Dubrovnik) nous trouvons une place minuscule où nous arrivons à caser notre petite voiture. En plus elle est gratuite, et à quelques minutes seulement de la vieille ville.

Le temps semble se découvrir pendant que nous nous dirigeons vers l'entrée de la ville, bien qu'il pleuve toujours une pluie fine et persistante. Nous faisons un crochet par le bas des remparts, le long de la mer, pour avoir une vue différente sur la ville. Christine manque se faire tremper par une vague qui la surprend en se brisant sur les rochers. Nous entrons dans la ville par la porte Ploce. Comme la pluie redouble d'intensité, nous commençons par visiter le palais des Recteurs (ancien administrateur de la ville) puis la cathédrale, assez quelconque. Le palais est un magnifique édifice de style renaissance, qui abrite un musée un peu hétéroclite : chaises à porteurs, objets préhistoriques, orfèvrerie, mobilier, etc. La cathédrale, récente (XVIIIème siècle) est de style baroque. La partie la plus intéressante me semble l'orgue et son buffet. Elle remplace la cathédrale romane détruite lors du violent tremblement de terre de 1667. La pluie ayant cessé, nous remontons la belle rue principale, bordée de magasins installés dans de vieilles maisons, et bordée par la tour de l'horloge a un bout et la porte Pile avec l'accès (payant) aux remparts. En passant devant l'église Saint-Sauveur, nous y entrons pour jeter un coup d'œil. Son style est du XVIIIème et nous n'aimons vraiment pas ça, c'est trop chargé, trop pompeux. Par contre à coté se trouve le couvent des Franciscains, que nous visitons et qui est bien plus joli. Le cloître est entouré d'une double rangée de fines colonnettes, et une seule allée le traverse (au lieu de deux habituellement) pour accéder à une ancienne fontaine. Les chapiteaux des colonnes sont magnifiques, très ouvragés et imagés (en particulier des têtes de chiens très expressives). Le couvent abrite aussi une très ancienne pharmacie (la troisième plus ancienne connue en Europe) créée en 1317 et toujours fonctionnelle, et une bibliothèque de renommé mondiale, renfermant des livres rares et précieux. Malheureusement on ne peut pas visiter la pharmacie et nous ne pouvons jeter qu'un coup d'œil par les fenêtres.

Le temps s'étant enfin presque entièrement dégagé nous décidons de faire le tour des remparts. C'est une très belle promenade car nous dominons la ville d'un côté et la mer en haut des falaises abruptes de l'autre. Cela permet de voir les monuments sous un autre angle, avec un peu plus de recul. Le soleil tape bien maintenant et au bout d'une heure et quart de visite nous sommes bien cuits. Au pied du rempart, face au couvent des Franciscains, se trouve une très ancienne fontaine ronde, la fontaine d'Onofrio, qui nous permet de nous rafraîchir. Je me mouille bras, jambes et tête, sachant très bien que je serai sec au bout de quelques minutes. Ne voyant aucun panneau concernant l'eau, nous n'osons pas en boire, et achetons de l'eau en bouteille.

Pour finir la journée nous partons à la découverte du reste de la vieille ville, au hasard des ruelles. Le quartier nord est plutôt touristique et commerçant, avec de nombreux cafés, boutiques et restaurants, alors que le quartier sud est plus résidentiel. On y accède par de longs escaliers, perpendiculaires à la rue principale. Avant de rentrer, nous nous accordons quelques minutes de repos, assis sur les marches de l'église Saint-Blaise, à regarder les gens passer. Nous sommes étonnés de ne rien trouver de typique à rapporter en souvenir. Les magasins proposent exclusivement des fringues à la mode, des chaussures ou des cochonneries pour touristes, façon chope à bière typiquement croate ou la boule à neige de Dubrovnik. Il semble n'y avoir aucun artisanat spécifique à la ville, ou même au pays. Tant pis pour les cadeaux.

Il est 17h00, nous avons une bonne journée derrière nous, et nous rentrons à l'hôtel. Juste avant de partir nous passons quelques instants au mémorial à la guerre d'indépendance, installé dans une pièce du palais Sponza : un diaporama d'images de guerre tourne en boucle sur fond de musique douce, les portraits des soldats morts au combat sont affichés au mur, et quelques objets militaires sont exposés (comme les cartes d'état-major d'attaque ou de défense de Dubrovnik). Ce lieu donne un sentiment de malaise et de surréalisme car il est difficile d'imaginer les lieux agréables visités aujourd'hui détruits par la guerre, et les habitants terrorisés. Le retour se passe sans encombre, à part le lot habituel de lambins sur la route. A peine arrivés à l'hôtel, nous fonçons à la plage naturiste pour profiter un peu de la mer fraîche avant le dîner. Ca fait drôlement du bien !

En arrivant à la salle de restaurant le maître d'hôtel nous propose une table individuelle, éloignée du quartier des Français, près de personnes anglophones. Nous acceptons bien sûr et le remercions beaucoup. Les repas seront dorénavant plus agréables et détendus. L'autre maître d'hôtel nous fait un grand sourire et nous dit quelque chose : nous sommes visiblement bien repérés au milieu des autres convives !

Après le dîner nous visitons un moment l'hôtel à la recherche de la piscine, sans succès. Nous finissons la soirée au piano bar, avec un cocktail chacun (sans alcool pour moi) pour fêter nos 23 ans de mariage.