Après un petit déjeuner enfin tranquille, à notre table individuelle, cap au sud, en direction du Montenegro. La frontière n'est qu'à quelques dizaines de kilomètres après l'aéroport. Nous passons deux postes frontières : celui de la Croatie et quelques instants plus tard, après avoir traversé un no man's land, celui du Montenegro. Il est flambant neuf, car le pays n'existe officiellement que depuis l'accession à l'indépendance, début juin 2006. En entrant au Montenegro on nous demande, en plus de la carte d'identité, les papiers de la voiture qui sont heureusement dans la boîte à gants.

Le but de la journée est de faire le tour d'une sorte de fjord, en direction de Kotor, et de prendre un bac à voitures pour revenir, sans refaire la route en sens inverse. La vue est magnifique, des petites îles supportant des églises minuscules se détachent à la fois sur la montagne abrupte et sur la mer turquoise. Nous nous arrêtons régulièrement pour faire des photos. Au détour de la route nous voyons une vielle caravane avec encore l'autocollant YU de l'ex Yougoslavie à l'arrière. Je m'arrête dans ce qui paraît être un camping, traverse la route pour prendre ma photo. Mais le temps de faire ça, des hommes commencent à s'approcher de la voiture, pas forcément amicaux et commencent à nous apostropher dans leur langue. Ne comprenons évidemment rien, et devant l'air plutôt inamical de ces messieurs, nous partons sans demander notre reste.

A l'arrivée sur Kotor nous voyons tout d'abord une immense muraille de plus de quatre kilomètres partant à l'assaut de la montagne et faisant le tour de la ville, sans doute pour la protéger. A son point culminant, la muraille traverse le fort San Giovanni. Il paraît que ce serait une des plus grandes murailles intactes en Europe. A vérifier. Toujours est-il que ce mur est impressionnant, il relie des portes fortifiées et des forts, et on se demande comment il a pu être construit sur une pente aussi abrupte. Nous trouvons facilement une place à l'extérieur de la ville et nous partons en visite. La ville est agréable, beaucoup de bâtiments sont anciens, avec des vestiges romans, on rencontre une grande quantité d'échoppes médiévales, transformées en habitations. Mais beaucoup de maisons très anciennes sont à l'abandon et en partie délabrées. Une petite rivière coule le long du mur d'enceinte, mais très sale, avec beaucoup de déchets au fond de l'eau.

Après environ deux heures de visite, nous reprenons la route, qui serpente comme d'habitude dans la montagne, avant de redescendre brutalement au niveau de la mer. Nous poussons jusqu'à Trivat, où le bac nous fait traverser le fjord en à peine dix minutes. Avant de quitter le pays, nous faisons le plein d'essence, qui est nettement moins chère qu'en Croatie (1,18 € le litre quand même).

Nous repassons les deux frontières, avec un vague regard des douaniers sur notre carte d'identité française. Nous avons constaté à chaque fois que les douaniers sont plus zélés avec un passeport qu'avec une simple carte d'identité. Car avec une carte, on ne peut venir que de son pays d'origine, donc les risques potentiels sont beaucoup moins grands, surtout dans ces pays encore sans doute marqués profondément par la guerre passée.

Pour information la monnaie au Montenegro est l'Euro et le code du pays (sur les plaques minéralogiques) est SCG.

De retour à l'hôtel nous allons finir la journée à la plage. Comme il est assez tôt, tous les bons emplacements sont occupés. Nous ne trouvons qu'une plate-forme en béton en pente pour poser nos serviettes. Ce n'est pas très confortable, mais au bout d'un moment un couple se rhabille et quitte la plage : nous en profitons pour nous installer à leur place. L'eau est encore froide et je ne m'attarde pas dans la mer.

Dîner tranquille, toujours assez classique, bien que copieux. Ensuite, petit tour à Cavtat pour prendre un café, avant de rentrer à la chambre. Nous admirons encore deux magnifiques bateaux, qui sont pris en photo par de nombreux touristes (mais prendre un bateau de vingt mètres, sombre, dans le noir, avec le flash d'un appareil amateur, ne donnera sûrement rien d'autre qu'une photo noire). Que c'est agréable de se promener si tard avec une telle douceur !