Après le petit déjeuner, pris tardivement ce matin, nous allons dépenser nos dernières unités sur Internet pour vérifier le courrier et chercher l'adresse d'une amie. Heureusement que j'ai une bonne habitude d'Internet car il ne reste que sept minutes et le clavier croate ne simplifie pas la tâche : les lettres et les signes ne sont placés ni comme sur un clavier AZERTY ni comme sur un clavier QWERTY !

Le temps de nous préparer dans la chambre nous sommes dérangés deux fois par la femme de chambre qui vient frapper à la porte, et s'excuser en voyant que la chambre n'est pas vide. Car nous n'avons jamais vu ça, surtout dans un hôtel de cette classe : il n'y a pas la classique pancarte "Do not disturb/Please make up the room", alors qu'on la trouve même dans des hôtels de chaîne bas de gamme ! Incompréhensible...

Aujourd'hui nous n'avons pas de but précis que de suivre la route qui va au nord le long de la côte ouest, en direction de Split, et qui traverse l'enclave bosniaque. Il est 11h00 quand nous partons, c'est une journée cool aujourd'hui.

En arrivant à Dubrovnik, nous nous arrêtons à chaque point de vue sur la ville, car Dubrovnik sous un soleil éclatant c'est quand même beaucoup plus beau que sous la pluie. Au dernier promontoire, nous demandons à une adorable jeune russe et son copain de nous prendre en photo sur fond de ville. En remerciement nous faisons la même chose pour eux. Nous contournons la ville par le haut pour en sortir plus rapidement et nous passons sur un magnifique pont suspendu à plus de 50 mètres au-dessus de la mer. Le pont domine la partie du port dévolue aux bateaux de croisière et il y a effectivement un bateau gigantesque amarré. Il comporte au moins cinq étages de cabines avec balcon, des terrains de sport, une piscine, etc. Les humains qui s'affairent au pied semblent minuscules à côté. Nous remarquons aussi deux jeunes gens qui proposent des sauts à l'élastique (bungee) du haut du pont. En cherchant un peu nous trouvons effectivement au milieu du pont la plate-forme de saut, avec élastique et treuil. Même dans mon pire cauchemar je ne m'imaginerais pas sauter ainsi !

Nous continuons le long de la côte, toujours gênés par les voitures roulant au ralenti, même sur les rares lignes droites, c'est très agaçant. Soudain la route traverse un poste frontière, celui entre la Croatie et la Bosnie. Car la Bosnie possède une étroite enclave qui coupe la Croatie à cet endroit pour bénéficier d'un accès à la mer. Un accord entre les deux pays permet aux personnes de passer sans formalité à condition de ne pas quitter cette route principale. Le passage se fait donc sans montrer le moindre document d'identité. Cette enclave bosniaque nous paraît bien déserte jusqu'à ce que nous tombions sur un petit village, Neum. Nous nous y arrêtons, il y a quelques boutiques mais impossible de trouver la moindre carte postale où que ce soit. C'est étrange. Après avoir acheté un simple pot de miel en souvenir, nous décidons de faire demi-tour ici et de rentrer.

Pour information, le code pays de la Bosnie est BiH.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à un arboretum qui propose quelques vestiges et statues romaines. L'entrée est payante, alors nous suivons la route qui longe le site jusqu'à la mer. Là, nous trouvons une entrée sans guichet. Nous jetons un coup d'œil, mais ça a peu d'intérêt. En repassant sur le pont, nous faisons un autre arrêt plus long, pour bien détailler le bateau de croisière, toujours amarré. A côté de lui passe un autre bateau de type classique qui a l'air d'un jouet à côté.

De retour à l'hôtel nous allons à la plage. Nous trouvons facilement une place mais l'eau est très froide ! C'est d'autant plus surprenant que le temps était au beau fixe aujourd'hui. Peut-être le vent a-t-il changé de direction et vient de la mer maintenant. Toujours est-il que je ne reste pas longtemps dans l'eau et vais vite m'allonger au soleil.

Le dîner est censé être croate : le personnel est habillé en costume traditionnel et les tables sont décorées de tissus locaux. Chaque serviette est entourée d'un rond de broderie locale. Le repas est animé par une chanteuse et des musiciens, mais c'est plutôt désagréable, car le bruit ambiant est encore plus fort que d'habitude, les gens haussant la voix pour se faire entendre. A la fin du repas, je demande au serveur si nous pouvons emporter les ronds de serviette en souvenir. Il hésite un instant et fait le geste de se boucher les yeux : nous comprenons que normalement ce n'est pas prévu, mais qu'il fera une exception pour nous. Nous le remercions beaucoup, en anglais.

Après le dîner nous passons un long moment au piano bar, pour écrire nos cartes postales en buvant un cocktail. Je demande un cocktail sans alcool, qui se révèle plus cher que celui de Christine, alcoolisé ! Nous sommes bien, l'éclairage est à la bougie, nous dominons Cavtat et ses lumières, l'air est agréable.