Le réveil sonne à 7h00 car nous avons une longue route pour aller à notre objectif du jour : l'île de Korcula, au bout de la presqu'île de Peljesac. Malheureusement le temps est couvert et il bruine. A cette heure matinale, la salle de restaurant est presque vide, seules quelques tables sont occupées par-ci par-là. Pendant le petit déjeuner nous apercevons de nombreux éclairs, justement dans la direction où nous devons aller. Nous hésitons à reporter notre périple mais, faisant confiance au temps, nous décidons de continuer. Il est 8h50.

Nous ne faisons aucun arrêt sur la route, sauf à Ston, en entrant sur la presqu'île : nous apercevons une muraille semblable à cette de Kotor, accrochée à flanc de montagne. Nous traversons la presqu'île, plus aride que le continent. Nous mettons plus de deux heures et quart pour faire les 130 kilomètres jusqu'au ferry, à Orebic.

Le temps de prendre les billets auprès d'une femme très mal aimable, un ferry nous passe sous le nez. Mais nous n'avons pas à attendre très longtemps pour le suivant : les ferries sont deux et font la navette en permanence. La traversée dure environ trente minutes et la vue sur Korcula à l'arrivée est très belle. Il y a beaucoup de voitures et aucune place de parking libre. Nous traversons donc la ville et nous trouvons une petite place pour notre petite voiture juste à la sortie.

Nous sillonnons la ville de long en large, qui est très belle. Elle est protégée par une imposante muraille percée de portes fortifiées. Elle recèle de nombreux monuments médiévaux, essentiellement gothiques, et la marque des Vénitiens est très présente par la reproduction des lions de Venise sur la place Saint-Marc. Pratiquement toutes les maisons sont anciennes mais beaucoup sont abandonnées, voire en ruine, c'est dommage. Nous continuons la balade par les rues de la ville plus récente, à la recherche d'eau et d'éventuels souvenirs. Mais toujours rien de plus intéressant qu'à Dubrovnik. Nous ignorons la visite de la supposée maison natale de Marco Polo, au demeurant fort belle extérieurement, car rien ne confirme ce qui semble être une légende populaire.

En quittant la ville, nous décidons de chercher une plage, si possible naturiste, sur la côte nord, car la côte sud est plus éloignée et paraît-il plus fréquentée. La route est toujours sinueuse le long de la côte et l'accès à la mer ne nous paraît pas possible. A la sortie du village de Racisce, la route que nous empruntons se rétrécit et se transforme en chemin caillouteux, avant de s'arrêter en cul-de-sac. Au bout du chemin, plusieurs voitures sont garées, ce qui laisse supposer un accès à une plage. Nous prenons nos affaires et suivons un chemin descendant à travers la garrigue. Au bout nous sommes récompensés par une belle plage de gros galets, le long d'une crique paradisiaque, la baie de Vaja. De nombreuses personnes sont déjà installées, mais seul est homme est nu, sous un parasol, et plusieurs jeunes femmes sont seins nus. Il est 15h30, nous nous accordons une petite heure de détente avant de prendre la route du retour. Nos chaussures en plastique, peu esthétiques, sont très utiles pour accéder à l'eau car les galets sont très désagréables. Quand il est l'heure, nous partons à regret mais nous avons encore presque trois heures de route. Avant de reprendre la voiture, nous nous prenons en photo dans la nature sauvage. Nous arrivons au ferry à 17h00 et à 17h50 nous sommes sur le continent. Nous remarquons beaucoup plus de Français que d'ordinaire sur le ferry : il paraît que Korcula est une de leurs destinations préférées. Le retour est très pénible à cause des gens qui conduisent lentement, et je m'énerve souvent. J'arrive même à doubler plusieurs voitures en ligne droite avec notre petit véhicule, y compris des BMW et des Mercedes !

Nous arrivons à l'hôtel à 20h00 : ce fut une longue journée. Dans le hall de l'hôtel nous apercevons Julien, de Fram, qui nous confirme le vol de retour (décollage prévu à 16h00) et nous donne nos billets. Une bonne chose de faite. Ce soir nous dînons tard et la salle de restaurant est clairsemée à cette heure.

Après le repas, nous allons prendre notre café à Cavtat. Nous admirons encore deux superbes et énormes bateaux à moteur, d'un luxe incroyable. Nous apercevons les propriétaires sur le pont après leur dîner, ainsi que le nombreux personnel de bord.

En rentrant à l'hôtel, nous choisissons de couper par le parc. Nous montons de nombreux escaliers, pour nous heurter à une porte d'entrée fermée à cette heure tardive. Il faut faire demi-tour, et du coup nous passons devant "notre" plage : la mer est invisible dans le noir total, et seul le ressac sur les rochers se fait entendre. C'est plutôt inquiétant et cela nous coupe toute envie d'un bain de minuit, comme nous l'avions envisagé au début du séjour.