Christine se réveille de bonne heure et va lire sur la terrasse. Un petit vent frais venant de la mer à cette heure matinale l'incite à se couvrir d'un paréo. Aujourd'hui nous n'avons pas de but précis, à part nous reposer et profiter une dernière fois du soleil.

Après le petit déjeuner tardif, et les traditionnelles photos de l'intérieur de l'hôtel, nous décidons d'aller dans la montagne, là où on trouve beaucoup de cyprès, faire quelques photos coquines. Les arbres, le ciel bleu, les murs en pierre sèche et la mer à l'arrière-plan forment un très joli décor, et nous passons un bon moment, complètement seuls à des kilomètres du premier village.

Nous rentrons par Cilipi, le fameux village où a lieu chaque semaine un spectacle touristique attirant des hordes de touristes. Nous l'avions soigneusement évité, précisément pour cette raison. C'est un minuscule village qui, d'après les photos que nous voyons, est noir de monde le jour du spectacle. Sur la place du village se dresse une jolie petite église avec un clocher carré original. Nous entrons au bureau de poste demander un exemplaire de chacun des timbres usuels pour maman. Le postier ne parle pas un mot de français, mais nous finissons par nous comprendre. En sus, il nous donne une brochure touristique en français sur la région, c'est sympathique.

En quittant Cilipi les voitures sont arrêtées par un policier : des pompiers sont en action sur un feu de broussailles au bord de la route. Cela donne une réalité aux très nombreux panneaux avertissant des risques d'incendie répartis partout le long des routes, et aux bornes à incendie implantées régulièrement même le long des plus petites routes. Nous faisons un dernier arrêt dans un petit supermarché, acheter une bière locale et une canette de Red Bull (boisson interdite en France) pour Benjamin.

Pour finir l'après-midi à peine entamé, nous retournons à notre plage naturiste. Nous trouvons une place sans difficulté car le vent souffle fort de la mer, ce qui a dû décourager pas mal de monde. Mais la mer est très agitée et il est trop dangereux de vouloir se baigner, le risque de se voir projeter sur les rochers est certain. Christine décide quand même d'aller se mouiller. Elle s'assied sur l'échelle en se cramponnant fermement et au bout de quelques minutes une vague l'asperge entièrement. Une dame, assise près d'elle sur les rochers, et pourtant de forte stature, manquera de peu de se faire renverser par une vague. L'air est heureusement toujours chaud et le vent supprime presque la sensation de chaleur sur la peau. Mais nous connaissons le piège et nous nous enduisons toujours régulièrement de crème solaire.

A 17h30 nous changeons de lieu et allons tester la piscine. A cette heure elle est malheureusement presque entièrement à l'ombre, à cause des grands arbres qui l'entourent. Mais que l'eau est agréable ! De l'eau salée, à au moins 25°, avec 2,50 mètres de profondeur, c'est un régal. Par contre en sortant nous frissonnons, sans doute à cause de la chaleur accumulée au bord de la mer et de l'absence de soleil sur nos chaises longues. Donc nous ne restons pas longtemps et rentrons vite à la chambre, d'autant plus que ce soir nous avons décidé d'aller à Dubrovnik de nuit.

Après avoir dîné tôt nous reprenons la route vers Dubrovnik, bien connue maintenant. Nous nous arrêtons au point de vue le plus près de la ville pour une photo de nuit, avec l'appareil sur pied. A notre surprise la circulation et le stationnement autour des remparts sont aussi denses que pendant la journée. Après un tour de ville infructueux, notre chance nous sourit encore et nous trouvons une place quasiment devant la porte d'entrée de la ville. L'ambiance de nuit est assez particulière. Un marché dit médiéval s'est installé sur la place devant la tour de l'horloge, les touristes sont aussi nombreux, et beaucoup de jeunes femmes sont très bien habillées, avec souvent un petit sac à main. Nous l'avons souvent remarqué dans les pays latins : les femmes, surtout les plus jeunes, s'habillent assez chic et sexy le soir pour sortir ou simplement se balader. Par contre nous trouvons que les éclairages des bâtiments et surtout des remparts sont assez quelconques. Nous qui sommes habitués à la mise en valeur de la cathédrale de Bourges, nous aurions pensé que ces pierres majestueuses auraient pu être mieux éclairées. Les remparts sont fermés, dommage ça aurait pu être sympa de faire le tour de la ville de nuit. A 22h00 nous voyons passer sur le Stradun (la rue principale) une garde en costume médiéval, capitaine et soldats, qui fend la foule d'un pas rapide et au son du tambour. Les cafés ont envahi la plupart des espaces libres avec leurs tables, et en de nombreux endroits des musiciens jouent pour le public. Par contre il est difficile de prendre des photos de nuit car il y a trop de monde. Déplier le trépied, installer l'appareil et attendre que la foule diminue me lasse assez vite.

En repartant nous décidons d'aller voir le pont de Dubrovnik, en espérant qu'il sera bien éclairé. Nous nous perdons presque en cherchant la route de Split, mal indiquée à partir de la vieille ville. Et, déception, le pont est à moitié éclairé seulement, comme si l'éclairage était tombé en panne. Et bien sûr aucun paquebot n'est à quai, car ces bateaux voyagent la nuit justement.

De retour à l'hôtel (la route s'est mieux passée, les lambins doivent être rentrés chez eux) nous allons pour la dernière fois au bar, prendre un café chacun. Comme il me reste des kunas, je paye en liquide et j'ai juste assez, ainsi il ne restera presque rien, c'est bien. Puis Christine commence les bagages, et nous ne serons pas couchés avant 2h00.