Le principe est un repas de crêpes à volonté, avec cidre également à volonté, suivi d'un bal animé par un groupe de sonneurs, Sonerien 77. La journée débute à 8h00 dimanche matin, avec l'installation des tables, de la décoration, de la sono et surtout des crêpières électriques. Car avec 115 personnes attendues, l'organisation doit être efficace. Seul petit problème de la matinée : lorsque nous branchons la seconde crêpière, les plombs sautent ! Car ce genre de crêpière tire quand même 3000 W. Après répartition des ustensiles sur les différentes prises de la salle grâce à des rallonges, et à l'extinction de toutes les lumières inutiles, tout rentre dans l'ordre et nous pouvons brancher les quatre crêpières. Les crêpiers sont quatre également, membres de l'association. Chacun prépare sa pâte de blé noir (ou sarrasin), au secret jalousement gardé, et commence à fabriquer les crêpes. Au total ce sont plus de 500 crêpes qui seront cuites à l'avance.

Lorsque tous les clients sont arrivés, le ballet du service commence. Quatre jeunes femmes de l'association font le service, chacune affectée à une des quatre grandes tables, en équipe avec un crêpier. Ceux-ci font réchauffer la crêpe, avant de la garnir (jambon, œuf, fromage, beurre salé), de la plier et de la confier à la serveuse. Comme clin d'œil, les serveuses portent un T-shirt où sont imprimés le logo de notre association et celui associé à cette journée crêpe. Ni les crêpiers, ni les serveuses ne chôment pour satisfaire tout le monde. Bien évidemment les appétits sont différents, et certains se contentent d'une crêpe "complète" quand d'autres (comme moi) vont jusqu'à quatre. En fin de repas, plusieurs personnes demandent des crêpes sucrées. Bien que les galettes de sarrasin ne se marient pas bien du tout avec des ingrédients sucrés, leurs désirs sont malgré tout satisfaits. Au milieu du repas, les musiciens arrivent, se restaurent un peu puis commencent l'installation de leur sono, assez imposante.

Pendant que le dessert est servi, les musiciens montent sur scène et commencent à jouer. Ils sont cinq, et jouent chacun de plusieurs instruments : guitare sèche, bombarde, biniou-kozh2 et biniou-braz3, batterie, guitare basse et toutes sortes de flûtes. Leur répertoire est assez riche, leurs musiques sont pour la plupart traditionnelles, mais certaines sont originales et très jolies (en particulier un superbe cercle circassien). Ils chantent aussi quelques chants de marin, et le leader communique bien avec la salle. Ils inviteront même une de nos musiciennes à venir jouer quelques morceaux sur scène. Ils joueront un peu plus de trois heures, avec une pose d'un quart d'heure environ (pendant laquelle de nombreuses personnes quitteront la salle). Quand ils ont fini de jouer, ils viennent discuter avec nous, et, comme leur prestation a séduit tous les membres du bureau, notre président les engage pour animer notre fest-noz du 15 juin 2007, pour les soixante ans de notre association.

Beaucoup de gens ont dansé jusqu'à la fin, débutants ou confirmés. Il y avait même deux jeunes anglaises en visite en France ainsi qu'une équatorienne, qui ont dansé comme tout le monde. Une des deux anglaises étant presqu'aussi grande que moi, j'ai eu le plaisir d'avoir une cavalière à ma taille, pour une fois ! Par contre danser sur du béton est éprouvant pour les jambes et les genoux, et hier soir nous avions tous les pieds en compote, et encore aujourd’hui d'ailleurs. Cette journée a été très agréable, sans une fausse note, tous les participants avaient l'air satisfait, ce qui est encore mieux.

1 Fête de jour
2 Petite cornemuse
3 Grande cornemuse