Le concert est prévu à 21h00 et le rendez-vous avec les potes du forum à 20h00. Nous partons de Bourges juste après le travail. Le chemin est plus court que prévu, et nous arrivons très en avance. La Chesnaie est un hôpital psychiatrique installé au milieu des bois près de Blois, disposant d'une petite salle de spectacles où se produisent régulièrement des artistes. Il existe même une association, dont on peut faire partie pour avoir des tarifs réduits. Quelques badauds nous prouvent rapidement que c'est bien un établissement psychiatrique ! Marie finit ses répétitions avec une adorable jupe blanche et des bottes, façon western. La billetterie n'est bien sûr pas encore ouverte. Comme nous avons du temps, nous marchons vers la forêt pour trouver un coin tranquille pour pique-niquer et passer un moment. Le silence et le calme sont absolus, ça fait du bien.
Quand nous revenons vers les bâtiments, la nuit est tombée. Nous cherchons à prendre un café et un des organisateurs nous emmène à la cafétéria du "Train vert" : ce sont d'anciens mais véritables wagons aménagés en cantine. Il y a beaucoup de monde, les serveurs sont surchargés, et quand nous demandons un seul café, la lueur de panique dans les yeux du serveur nous fait renoncer. Nous retournons vers la salle (au moment où arrive Marie, qui nous fait un clin d'oeil et un joli sourire), en suivant le chemin tortueux au milieu des bâtiments de soin et d'habitation. Devant la salle, nous retrouvons les premiers "potes", Ben, Fanny, Vincent, Henry, Véro et leur fille. Christine tente d'obtenir un café, mais c'est compliqué, l'organisation semble perfectible. La billetterie ouvre enfin, je prends nos billets, heureusement réservés à l'avance car le concert est complet. Un coup de tampon sur la main, et nous pouvons entrer dans la salle. Entre temps beaucoup d'autres "potes" sont arrivés, dont Anaïs et Léa, rencontrées à Orléans. Nous nous mettons bien sûr devant la scène, un peu sur la gauche pour bien voir Marie et ne pas être gênés par son micro. Je serai bien placé pour les gros plans, mais pas pour les plans larges. Je demande alors à une dame avec un appareil numérique, postée en haut d'un escalier, si elle accepte de m'envoyer quelques photos d'ensemble. Comme elle accepte, je lui donne mon adresse email.
Peu après 21h00, "Babar" le bassiste vient régler une dernière fois son instrument, dos au public. Mais Marie et ses acolytes se font désirer, et n'entrent en scène qu'un peu avant 21h30. Ils sont bien sûr quatre : c'est la première fois que nous allons voir et écouter Christophe, dit "Babar", sur scène. Petite déception : Marie a troqué sa jolie jupe blanche et ses bottes contre son vieux jean taille basse et des chaussures plates. Car c'est exceptionnel : Marie ne chantera pas pieds nus ce soir ! A peine montée sur scène, Marie attaque avec un "Gardez bien vos moutons" survitaminé. Puis suivront "Manouche" (commencée a capella), "Septième ciel", "Les baleines", "Le bistrot", "Les chevaliers" (à l'accordéon), "Ben alors quoi" (qu'elle présente, toujours sans citer Renaud : seuls les familiers de son univers comprendront), "Funambule", "Patte de loup", "Le curé" (avec de grands sifflements au moment de la phrase mythique !) A ce moment elle présente le disque et dit qu'il sera en vente à la fin du concert, comme d'habitude. Ce qui lui permet d'annoncer deux chansons "qui ne sont pas sur l'album" : "La belle vie" et "Tourterelle". J'extrais de "La belle vie" une phrase que je trouve bien représentative de la façon d'écrire de Marie : "[...] qu'ils ne s'avisent pas de mettre des bombes dans mes pommiers".
Arrive alors le premier moment de grande émotion pour Marie, lorsqu'elle annonce "Café noir", la chanson de son père, en précisant que son père est dans la salle, avec un rapide coup d'oeil vers l'escalier où son papa se tient. Juste avant les notes finales de Marie, seule à l'accordéon, les quatre musiciens embrayent ensemble, ce qui donne un véritable élan final à cette si jolie chanson. Franck utilisera même quelques samples du Canon de Pachelbel. Marie se plaint faussement que le public rit lorsqu'elle dit "Merci". Mais c'est un rire de joie, elle a une façon si craquante et mutine de dire ce mot en particulier qu'on ne peut que fondre pour elle, et manifester sa joie en riant. Suivent "Marchand d'froufrous" et bien sûr "Paysage perdu", autre moment d'intense émotion où on aperçoit même une petite larme perler au bord de ses yeux maquillés de noir : car avant même la première note, la salle entière entonne le refrain. Il est évident qu'à son âge, voir une salle entière applaudir autant et connaître ses chansons par coeur doit quand même la bouleverser un peu ! Le groupe sort de scène, mais Marie revient pour une chanson inédite, "J'tai inventé". Damien me dira plus tard qu'elle ne l'avait chantée qu'une seule fois auparavant. Là c'est un moment presque comique. Juste avant de sortir de scène, Marie avait fait tomber son micro et quand elle revient, elle se débat quelques instants avec les autres micros, avant d'appeler au secours d'une petite voix plaintive ! Un technicien vient la dépanner, mais on la sent embarrassée de cette interruption de spectacle, de ce silence qu'elle ne sait pas comment combler. Alors qu'évidemment il ne viendrait à l'idée de personne de lui en vouloir, ce moment si naturel est plutôt sympathique. Enfin, les quatre compères reviennent pour le final, avec un "Joyeux Noël" très enlevé, et c'est déjà la fin du concert.
Le temps de se rafraîchir un peu, Marie et ses musiciens arrivent dans la salle pour la traditionnelle séance d'autographes et la vente des disques. C'est l'occasion d'échanger quelques mots avec Franck, Damien (sorti de son monde et revenu sur Terre), Babar et son accent chantant du sud-ouest, pendant que Marie signe à tours de bras pochettes, affiches, billets et autres supports. Christine fait la traditionnelle photo avec Marie (que je rate malheureusement : ce sera l'occasion d'en refaire une autre, au soleil !) Nous avons du mal à quitter les lieux, du coup nous causons un peu avec les musiciens attablés à la terrasse de la buvette (Marie n'est pas là malheureusement) et nous prenons un dernier verre avec Véronique et sa fille. Mais il faut bien rentrer, alors nous disons au-revoir à contre-coeur et reprenons la route de Bourges. Les quelques kilomètres entre La Chesnaie et la route nationale sont éprouvants : pas de panneaux de direction et beaucoup de brouillard, avec la crainte de rencontrer des animaux sauvages. Heureusement que Christine est une pro des cartes routières, et nous voici enfin sur l'autoroute. A cette heure il n'y a personne sur les routes, et nous sommes couchés à 1h30.
En résumé, je dirai que c'est le concert de Marie & Co que j'ai préféré, pour diverses raisons :
  • des chansons quasiment toutes réorchestrées, certaines beaucoup plus "pêchues",
  • le soutien de la basse de Babar (on se demande comment ils faisaient sans "avant" !),
  • une pêche d'enfer (jouer "à domicile", ça aide),
  • beaucoup d'émotion et de rires (le coup du "truc" pour accrocher le micro, terrible !),
  • une Marie touchante, attachante, visiblement hyper heureuse et souvent émue d'être devant ce public plus que chaud,
  • un Babar qui a souri (si ! si !),
  • une palanquée de potes gars et filles toujours aussi sympas,
  • une météo assez clémente qui a permis de passer la soirée en T-shirt fin octobre.
Enfin le bonheur quasi parfait. Donc encore mille mercis à vous quatre, et particulièrement à toi Marie.


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