Après un voyage plutôt long, l'utilisation du métro (pour la première fois) sans aucun problème, et trois heures d'attente à Paris, pendant lesquelles elle en a profité pour visiter le Jardin des Plantes, Lingli débarque à Bourges. Pour l'anecdote, à la gare je suis bloqué dans un gigantesque embouteillage comme je n'en ai jamais vu en 20 ans à Bourges : les trois avenues, le rond-point et le parking de la gare sont complètement bloqués, il y a des voitures dans tous les sens, et personne ne bouge pendant de très longues minutes. La cause en est l'arrivée presque simultanée de quatre trains.
Elle arrive, le sourire toujours aux lèvres, mais peu couverte par rapport au froid qu'il fait. Nous nous faisons la bise, elle en a l'habitude maintenant. La circulation est telle que nous abandonnons l'idée de lui montrer les rues illuminées du centre ville.
Une fois arrivés à l'appartement, nous lui faisons faire un rapide tour de visite, avant de lui montrer sa chambre. Elle regarde partout, curieuse de tout, et s'extasie devant certaines poteries de Solène. Elle est parfaitement à l'aise, ça fait plaisir à voir. Tout de suite, elle nous offre des petits cadeaux de bienvenue, "à la mode chinoise" dit-elle. Ses cadeaux sont particulièrement bien choisis et adaptés à chacun, c'est étonnant. Moi je reçois des billets et des pièces chinoises, ce qui me fait grand plaisir. Une amie de Solène, violoniste, nous rejoint et les deux filles entament un concert improvisé, à la grande joie de Lingli. Elles alternent airs de Noël et airs de folk. Lingli nous demande de danser un peu, à Christine et à moi, mais rapidement elle veut essayer. Elle se débrouille très bien, au point que je lui demande si elle a déjà fait de la danse. La réponse est "oui", ce qui ne m'étonne guère, tellement elle a de la facilité pour apprendre andro, cercle circassien, valse écossaise ou kost ar c'houet. Puis elle veut essayer les instruments, et à notre grande surprise, tire quelques accords de la flûte traversière et de la cornemuse, instruments a priori inconnus pour elle ! Elle nous révèle savoir jouer de la flûte chinoise, et de l'harmonica, ceci expliquant cela. Une chinoise jouant de la cornemuse ça a quand même de la classe !
L'heure du repas arrive, ce soir ce cera galettes bretonnes complètes (avec oeuf, jambon et fromage). Lingli goûte, aime et en redemande ! Elle se permet même un verre de cidre, qu'elle connaît pour avoir appris que c'est la boisson typique de Bretagne. Nous discutons beaucoup. Elle est fascinée par les petites gerbilles de Solène et n'hésiterait pas à les prendre dans ses mains si Solène ne l'arrêtait pas.
Après le repas, elle demande à téléphoner à ses amies restées à Nancy et à utiliser Internet. Elle me montre les sites chinois sur lesquels elle va habituellement. Bien qu'il soit évident que le chinois ne lui pose aucun problème, je suis toujours ébahi de la voir lire ces caractères sans la moindre signification pour nous. Ensuite j'ai l'idée de lui montrer les rares chaînes chinoises gratuites disponibles par ADSL. Ca l'amuse, et elle reconnaît même un acteur dans la série qui passe à cet instant.
Il est déjà minuit et demie, mais Lingli est une couche-tard, comme moi. Et soudain elle me demande si elle peut voir un DVD de film français. En fait je lui avais prêté quelques DVD qu'elle n'a pas du tout eu le temps de regarder. De plus elle doit préférer les regarder avec un Français, pour bénéficier de commentaires. Et c'est ce qui se passe ! Tout au long du film "Les ripoux", suite à ses nombreuses questions, je fais des pauses pour lui expliquer un peu l'histoire, mais surtout des phrases et des mots qu'elle ne comprend pas. Il faut dire que ce n'est pas un film facile du tout pour une étrangère, les textes sont très familiers, voire argotiques, et les personnages parlent vite. Mais je suis étonné de sa capacité à comprendre la majorité des dialogues, ce qui montre les grands progrès qu'elle a fait depuis son arrivée en France. Elle m'amuse par contre car elle note tous les mots nouveaux dans un carnet.
Je suis heureux de cette première prise de contact car Lingli semble parfaitement à l'aise ce qui n'était pas forcément évident au départ, car le dépaysement aurait pu être plus déstabilisant.