La fatigue du voyage peut-être, ou plus sûrement le calme et le silence de notre quartier, ont eu raison de ses bonnes résolutions. Christine est déjà partie faire des courses, donc je suis seul pour prendre le petit-déjeuner avec Lingli. N'ayant aucune habitude en matière de petit-déjeuner français, elle décide de goûter des aliments qu'elle ne connaît pas : pain d'épices, corn flakes et confiture de groseilles (faite maison). Quand Christine rentre de courses, elle commence à cuisiner, ce qui intéresse beaucoup Lingli. Elle-même est une bonne cuisinière (en cuisine chinoise évidemment) et veut apprendre à réaliser quelques plats français. Aujourd'hui ce sera tarte aux pommes. Elle regarde, questionne Christine et prend toujours des notes.
Un peu avant midi, et à la demande de Solène, nous allons la chercher exceptionnellement à la sortie du lycée. Elle en profite pour présenter Lingli à ses meilleures copines et lui faire visiter le lycée, et même une salle de classe. Sans surprise, Lingli dit que ça ressemble à un lycée chez elle.
Nous rentrons déjeuner, et Lingli va faire vingt minutes de sieste, comme a son habitude, pour être en forme pour le reste de la journée. Elle montre ensuite à Solène quelques rudiments de calligraphie et nous explique la construction des idéogrammes et leur origine. Aux débuts de l'écriture chinoise n'existaient que des dessins explicites, comme un bonhomme, une maison, les gouttes de pluie. Puis au fil des siècles, les dessins se sont stylisés, affinés et transformés pour donner les idéogrammes modernes. Nous allons ensuite en ville pour la première visite de Bourges de Lingli. Nous prenons notre circuit classique, par le jardin de l'archevêché vers la cathédrale et visite de celle-ci. Nous lui expliquons les différences avec celle de Strasbourg et les églises qu'elle connaît à Nancy. Elle a retenu quasiment tout ce que nous lui avons expliqué à Strasbourg, les vitraux, l'orgue, les confessionnaux, le gothique. Nous lui parlons de la crypte (qui malheureusement ne se visite pas) et des vitraux anciens, ainsi que de Jean de Berry, et de son tombeau. Elle continue à noircir son calepin de notes. Après la visite, nous descendons la rue Moyenne, en nous arrêtant dans quelques magasins. Puis direction le passage "casse-cou", la place Gordaine et la rue Bourbounoux jusqu'aux remparts. Nous faisons halte enfin au salon de thé "Cake & Thé", pour déguster un succulent chocolat chaud avec une pâtisserie.
Une fois de retour à la maison, elle me montre encore quelques sites chinois, dont un sur lequel on peut télécharger quantité de musiques traditionnelles chinoises. Elle m'explique aussi ce qui est écrit et dessiné sur les billets de banque qu'elle m'a offert. Je lui parle d'Astérix, qu'elle ne connaît pas. Je lui en montre un exemplaire, mais elle me dit qu'elle a beaucoup de difficultés à lire les textes entièrement en majuscules. Elle me dit que ça lui est plus difficile à lire que l'écriture manuscrite. Pour jouer, je fais un test, en lui écrivant quelques phrases de mon écriture habituelle : elle les déchiffre sans erreur, c'est assez fort !
Le goûter ayant été copieux, nous zappons le dîner. A la place, Christine et Lingli font une séance d'essayage pour trouver à Lingli une tenue de fête pour demain. Elle commence par essayer une robe classique en satin qui lui va à ravir : coiffée d'un chignon, ornée de bijoux, et dans cette robe, elle est ravissante. Et ce sera parfait avec une touche de maquillage. La seconde robe essayée, courte et noire, est toute autre et autrement plus sexy. Mais Lingli ne sent pas à l'aise avec et ne permet pas beaucoup de photos. La troisième, longue et rose, est ma préférée pour l'instant car elle lui va très bien et est dans le style des robes chinoises traditionnelles. Elle prend une ombrelle comme accessoire ce qui accentue la ressemblance. Les essayages l'amusent tellement qu'elle continue avec une autres robe plus ordinaire, puis une tunique pantalon qui lui va aussi comme un gant, et enfin une robe en dentelle noire. Elle s'amuse beaucoup, et a une aptitude étonnante à trouver des poses photogéniques. En conclusion, Lingli choisit la première robe, la plus romantique.