Cette année la Fête du cinéma commence à 9h00. Pour être à l'heure un dimanche, un réveil s'impose. Nous arrivons juste à l'ouverture des portes, il y a déjà un peu de monde. Aujourd'hui sera une journée consacrée aux suites : Ocean's 13, Shrek 3 et Spiderman 3. A part Shrek, je ne serais pas allé voir les autres films à tarif plein.

Ocean's 13

Ce film n'est évidemment pas révolutionnaire comme c'est presque tout le temps le cas des suites. Mais c'est comme si on avait plaisir à retrouver une bande de potes. L'action est toujours aussi invraisemblable, mais la classe de George Clooney et de Brad Pitt, ainsi que la sympathie dégagée par leurs acolytes font passer un bon moment. Il y a même une surprise puisqu'ils s'allient à Terry Benedict, le magnat qu'ils avaient arnaqué dans Ocean's 12. On retrouve aussi Vincent Cassel dans un petit rôle de voleur français pas très futé. Si on ajoute une image de qualité moyenne et un générique criard et bâclé, ce film ne peut attirer que les inconditionnele... ou les participants à la Fête du cinéma !

Shrek 3

Là aussi on est content de retrouver une bande de potes. Même si au bout du troisième film il n'y a plus aucune surprise, on rit toujours autant de la balourdise de Shrek, de l'accent espagnol du chat Potté et des facéties de l'âne. Une bonne trouvaille restera le commando de Fiona et des quatre héroïnes de contes (dont Cendrillon, Blanche-Neige et la Belle au bois dormant) attaquant le château pour délivrer Shrek. Et les enfants de la dragonne et de l'âne (on est dans un conte, ne l'oubliez pas !) sont à croquer. Par contre il est étonnant de constater les progrès techniques réalisés d'un film à l'autre. En particulier pour l'eau et la végétation, qui sont maintenant d'un réalisme presque parfait.

Spiderman 3

Force est de constater que je n'accroche toujours pas à la série. Je récidive à chaque fête du cinéma mais Spiderman me laisse toujours autant de marbre. Pourtant j'étais un de ses fans dans les bandes dessinées Marvel et j'ai bien aimé les X-men au cinéma. Peut-être est-ce dû au visage très niais de l'acteur Tobey Maguire ? Je sais bien pourtant qu'il a été choisi pour ça, pour accentuer le contraste entre le journaleux étriqué et le super héros. Mais bon, ça ne passe pas. Je retiendrai seulement le costume du Spiderman noir et surtout l'homme sable, magnifique création virtuelle.

Dialogue avec mon jardinier

Changement radical d'ambiance pour les films de lundi. Deux films typiquement français, deux films d'acteurs, attachants, graves, intimistes, parfois drôles. "Dialogue..." pourrait presque être une pièce de théâtre. Il met en scène un homme simple, honnête et courageux, aux goûts simples et ordonnés (Royan et Nice chaque année depuis 20 ans), joué magnifiquement par Jean-Pierre Darroussin et un artiste, aisé, qui a été ambitieux, qui pense beaucoup, qui a les problèmes des quinquas parisiens, joué tout aussi bien par Daniel Auteuil. Ils se retrouvent par hasard après avoir été amis d'enfance. Le film se déroule au fil de scènes simples, de dialogues savoureux, souvent teintées d'humour, qui montrent le développement d'une amitié teinté de respect mutuel entre ces deux hommes qui n'ont a priori rien en commun. Un véritable régal.

Fragile(s)

C'est un film choral, qui montre une tranche de vie de six personnages dont les destins finiront par se croiser. On pense bien sûr à Selon Charlie, même s'il n'y a pas dans "Fragile(s)" la même unité de lieu. Chaque personnage a ici une blessure, plus ou moins profonde et tente par divers moyens de la masquer et de survivre. Très rapidement on s'attache à la plupart des personnages, tellement ils font vrais. François Berléand est épatant, et compose le personnage le plus drôle, sans pourtant jamais perdre de son flegme. Les critiques ont éreinté ce film mais qu'importe. Pour moi la qualité d'un film se mesure au plaisir et à l'émotion que j'en retire, quelles qu'en soient les raisons. Et il est clair que les deux films de lundi dégagent bien plus de plaisir et d'émotion que les trois films pop-corn de dimanche.