Sur nos bagages nous trouvons des feuilles avec "Bon voyage" écrit par Benjamin, c'est gentil tout plein. Cette année Christine a fait les bagages seulement la veille, faute de temps, mais l'expérience aidant ce court délai a largement suffit. La voiture (récupérée la veille avant midi) est une Renault Clio, donc d'une catégorie supérieure à celle demandée (A), c'est parfait. Nous passons par Cosne et l'A77, comme toujours. La route se fait sans encombre à cette heure matinale, qui plus est un dimanche. C'est un avantage de partir d'Orly, la route est bien plus courte, nous roulons deux heures dix seulement. Nous faisons le plein d'essence et rendons la voiture rapidement.

A peine arrivés, l'enregistrement de notre vol est annoncé. Nous déposons notre unique valise (de trente et un kilos) et passons la douane. La fouille est toujours drastique. Une employée essaye même de nous faire des ennuis pour le pied photo attaché à mon sac, pourtant de taille réduite. Heureusement les douaniers opérant au portique de détection la contredisent et me laissent passer sans autre difficulté. Le pied respecte apparemment les critères requis (dimension, pliage, etc.) Par contre Christine subit un contrôle aléatoire et se fait fouiller son sac en détails. Nous constatons que la sécurité (voire la paranoïa) s'est encore accrue : j'offre un flacon de parfum à Christine acheté dans une boutique duty-free. Je dois montrer ma carte d'embarquement et prouver que je ne fais pas d'escale ! Et bien sûr l'employée a l'amabilité d'un ours réveillé en hibernation. Dans les aéroports, et à Paris qui plus est, nous avons l'habitude. Des fois nous avons vraiment la désagréable impression d'être du bétail lors d'un voyage en avion... Nous nous amusons aussi de l'assiette posée près d'une dame à l'entrée des toilettes : la plupart des gens laissent une pièce ou renoncent à aller aux toilettes s'ils manquent de pièces ! Évidemment nous ne laissons rien, il n'y a aucune raison : cette dame ne sert pas à grand-chose (une autre employée s'affaire au nettoyage à côté d'elle), mais surtout nous payons déjà ce service grâce à la taxe d'aéroport.

L'avion est un petit A320 de la compagnie ClickAir (filiale low cost d'Iberia), qui part à l'heure, malgré une fille d'attente assez longue au décollage. C'est l'avantage d'un vol régulier sur un vol charter aux horaires bien plus aléatoires. Par contre c'est la première fois que nous n'avons rien à boire, ni à manger, pas même un verre d'eau ! Tout est payant, boisson et nourriture. Nous sommes pris de court car le petit déjeuner est loin et nous comptions sur la collation offerte dans l'avion. Nous sommes assis à côté d'une jeune française assez bavarde, avec qui je discute la majeure partie du voyage. Elle retourne à Séville pour commencer un nouvel emploi demain matin. Elle nous dit que l'absence totale de collation est de plus en plus fréquent sur les vols courts des compagnies low cost. Nous parlons de nos voyages respectifs (dont le Yucatan qu'elle connaît aussi) et elle nous donne quelques tuyaux sur les endroits à visiter que nous mettrons à profit. Les vents étant favorables nous arrivons avec dix minutes d'avance.

A Séville il fait bon mais sans plus. Nous récupérons la voiture de location, une Opel Mériva climatisée. Nous branchons notre fidèle TomTom et nous prenons immédiatement l'autoroute pour Cadix et l'hôtel. Mais nous ne résistons pas à faire une halte sur une aire de repos pour acheter quelques gâteaux tellement nous avons faim. A la sortie de Cadix, TomTom dérape complètement et n'affiche plus rien ! Nous supposons que la zone hôtelière est trop récente pour être intégrée à la carte du navigateur GPS. Comme nous tournons autour d'un rond-point en cherchant désespérément la bonne direction, un Espagnol très aimable s'arrête de lui-même pour nous demander si nous avons besoin d'aide. En quelques mots il nous remet sur le droit chemin, et nous le remercions beaucoup. Nous finissons par arriver à l'hôtel, le Melia Sancti Petri. La façade et la cour d'honneur ne payent pas de mine, mais nous sommes impressionnés par les voitures garées sur le parking : Mercedes, BMW, Audi, gros 4x4. Notre Meriva diesel fait un peu pâle figure, mais qu'importe. Le hall est déjà beaucoup mieux, cossu, accueillant, de taille raisonnable (nous avons déjà vu beaucoup plus grand), décoré de beaux objets anciens et au sol de marbre. L'accueil se fait sans encombre, la réservation par Internet a donc bien fonctionné (heureusement !). Un employé nous conduit à notre chambre, sans nos bagages, qui suivront apparemment plus tard. Nous traversons le patio principal de l'hôtel, absolument superbe. Calqué sur l'architecture classique andalouse, il comporte une cour décorée de petites fontaines, de pièces d'eau et d'arbres, entourée par de hautes arcades abritant des tables et des fauteuils. Superbe ! Le couloir desservant notre chambre est richement décoré et recouvert d'un épais tapis. Nous avons la chambre 173, au rez-de-chaussée. Elle est magnifique et spacieuse. Nous avons à peine le temps d'en découvrir l'aménagement que les bagages arrivent, apportés par un second employé. Si ses dimensions sont imposantes, l'agencement de la chambre reste classique. Un vestibule avec trois grandes penderies donne accès à la salle de bains et à la chambre. La salle de bains, plus grande que nos chambres à Bourges, comporte une douche, une baignoire, des toilettes séparées et deux lavabos devant une grande glace. La chambre offre deux lits jumeaux immenses (je m'allonge dessus et constate que je ne touche pas le fond du lit, loin s'en faut, ce qui est rare), un canapé, une table basse, un bureau, un meuble masquant la télévision et le bar, deux grands miroirs. La décoration est raffinée et sobre mais jolie. Tous les meubles sont en fer forgé et en marbre ! Une porte-fenêtre donne accès à un petit balcon donnant sur un jardin. Petit bémol (il faut bien en trouver un) : le balcon est mitoyen de celui de la chambre d'à côté, placée dans l'angle. Sur le lit sont disposés deux peignoirs épais avec un mot de bienvenue.

Nous partons ensuite à la découverte de l'hôtel. Il ne parait pas bien grand (ce qui est confirmé par le plan) mais semble très luxueux et confortable. Nous découvrons un jacuzzi, une salle de connexion à Internet et de multiples salons. Nous traversons un restaurant, longeons l'immense piscine (que nous avions découverte à l'aide de Google Maps) et prenons le chemin de planches qui mène à la mer. Là nous sommes surpris par la taille de la plage ! Nommée La Barrosa, elle s'étend à perte de vue à droite et à gauche, et il y a relativement peu de monde. A part les chaises longues sous les parasols de l'hôtel qui sont proches, les personnes installées au hasard sur une serviette sont écartées de plusieurs dizaines de mètres. C'est le rêve lorsqu'on pense à la promiscuité des plages bondées de la Côte d'Azur. Le sable est très fin, il y a des vagues et la marée est basse. Car nous sommes au bord de l'Atlantique, donc il y a des marées ! Nous remontons à l'hôtel et décidons de profiter immédiatement de la piscine. Les serviettes sont fournies à la demande et il y a suffisamment de chaises longues et de parasols pour choisir un bon emplacement. L'eau est juste bonne, et la piscine à une profondeur d'un mètre soixante sur toute sa longueur, ce qui a l'avantage d'écarter les mômes qui ne savant pas nager. Ce bain de soleil marque le début d'une semaine de bonheur.

Après ce premier bain nous nous préparons pour le dîner, qui sera le bienvenu car nous commençons à avoir sérieusement faim. Nous arrivons à la salle de restaurant avant 8h00 et nous sommes les premiers. Le maître d'hôtel nous fait choisir notre table et nous optons pour l'intérieur. Nous le regrettons immédiatement car la climatisation est tellement forte qu'il fait bien plus froid dedans que dehors. Le buffet est somptueux. Au premier regard il paraît petit mais c'est seulement parce que les présentoirs ne sont pas doublés comme dans la plupart des grands hôtels. Les mets proposés sont de grande qualité (calamars, soles, caviar, etc.), il y a beaucoup de salades (que je qualifie de bizarres) et de fruits frais. Et, comble du luxe, un cuisinier fait cuire viandes et poissons à la demande, devant soi. Le service est également haut de gamme. Les serveurs sont à la fois discrets et attentifs : la bouteille d'eau est placée dans un seau à glace, nos verres sont remplis dès qu'ils sont vides, les assiettes sales sont débarrassées rapidement, un couteau spécial est posé à côté de mon assiette parce que j'ai choisi de la viande grillée, etc. En dessert, outre quelques gâteaux et des fruits plus anodins, je déguste des cerises excellentes et de l'ananas frais.

Après le repas nous achetons des minutes de connexion à Internet et nous allons passer un petit bonjour à Benjamin. Puis nous prenons la voiture à la recherche d'une zone commerçante. Nous trouvons bien un petit centre commercial mais la plupart des magasins sont fermés, sans doute parce que nous sommes dimanche soir. Il fait frais, à peine 22°C. Christine me rassure en me disant que les prévisions annoncent un net réchauffement dans les prochains jours. En rentrant à l'hôtel nous trouvons la chambre préparée pour la nuit : rideaux fermés, pyjamas disposés sur les lits ouverts, chocolats sur la table de nuit, serviettes repliées dans la salle de bains, veilleuse allumée et porte du vestibule fermée pour indiquer que la femme de chambre est passée. Nous nous écroulons sur nos lits après cette longue journée bien remplie.