Au petit déjeuner Christine déguste des dattes dénoyautées, comme la plupart des fruits à noyaux. Les jeunes enfants sont très nombreux, c'est saoulant. Christine pense que c'est gratuit pour eux, et du coup les parents en profitent. Notre destination du jour sera Cadix. A peine sur l'autoroute nous sommes stoppés par un bouchon. Surprenant, d'habitude la circulation est fluide à toute heure, surtout que nous sommes loin d'une grande ville. Au bout d'un bon kilomètre à rouler au pas nous comprenons pourquoi. Il y a un barrage de police, ou de douane, qui ne plaisante pas : policiers en gilet pare-balles armés de fusils automatiques, chicane entre plusieurs véhicules de police et herse à pointe prête à être déployée en travers de la route. Deux voitures de personnes ressemblant à de simples touristes sont arrêtées sur le bas-côté. Nous n'en saurons pas plus, une fois le barrage franchi, la circulation redevient normale.

Cadix est située sur une presqu'île et est entourée de marais salants. L'entrée dans la ville se fait par une large avenue parfaitement rectiligne de plusieurs kilomètres de long, ponctuée de nombreux feux tricolores. Elle mène à la porte de la vieille ville. Le long de l'avenue nous apercevons l'office de tourisme. Nous nous y arrêtons et Christine s'y procure un plan de la ville ainsi qu'une liste de circuits touristiques à faire à pied en centre ville. Il parait difficile de se garer, les rues sont étroites, le parking est payant et les places libres très rares. Nous choisissons la sagesse en nous garant dans un parking souterrain près du centre. Nous commençons le premier circuit intitulé "Ville médiévale". Le centre ville est constitué de hautes maisons aux fenêtres protégées de grilles en fer forgé, encadrant des rues assez étroites. Malheureusement beaucoup des monuments que nous pourrions visiter sont fermés pour travaux. Dans Cadix aussi les travaux d'urbanisation sont partout et de nombreux édifices sont en chantier, sans doute pour rénovation. La cathédrale est intéressante mais son entrée est payante ! Cela nous choque et nous renonçons à la visiter. Le peu que nous en voyons du porche ne nous attire de toute façon pas : l'architecture espagnole du XVIIIème siècle ne nous plait pas plus que ça. Par contre nous montons en haut de la tour d'où nous avons une belle vue sur la ville. Les rues sont tellement étroites que nous ne les distinguons pas même de haut, et nous ne voyons qu'une suite presque continue de toits. L'accès à la tour est original : au lieu d'un escalier interminable la montée se fait par une rampe en colimaçon, bien plus facile à gravir. Nous continuons notre déambulation dans la ville par le circuit des "Conquistadors". Au hasard des rues nous tombons sur plusieurs petites places ombragées, avec des bancs accueillants.

Vers 15h00 nous reprenons la voiture, quittons la ville par la grande avenue et reprenons le chemin de l'hôtel. Peu avant d'arriver nous apercevons de nombreux nids de cigognes, dont certains presque au bord de la route, en haut de pylônes ou sur des toits. Mais pour l'instant il n'y a aucun oiseau dedans. Cette fois nous allons tester la plage de l'hôtel. Nous choisissons des chaises longues sous un parasol le long des dunes. Christine n'hésite pas une seconde pour se jeter à l'eau. Moi je me fais plus prier, même si une fois dans l'eau je la trouve agréable. La plage est plate et nous avons pied assez loin du rivage. Le fond est exempt de tout caillou, coquillage, algue ou poisson. Nous jouons un long moment dans les vagues puis je laisse Christine dans l'eau pour aller me sécher. Je reste à l'ombre sous le parasol, je n'ai pas envie de cuire au soleil aujourd'hui.

Ce soir nous avons tout le temps nécessaire pour nous préparer. Christine a mis sa fameuse robe à fleurs que j'aime tant et ses chaussures à lanière en forme de serpent. Je m'amuse de voir que chaussée ainsi elle attire beaucoup de regards, aussi bien d'hommes que de femmes. Nous découvrons de nouvelles facettes du service haut de gamme du restaurant. Christine choisit ce soir de grosses crevettes à décortiquer. A peine est-elle assise qu'une serveuse pose discrètement un rince-doigts à côté d'elle. Et après s'être essuyé les doigts sur sa serviette, la même serveuse vient la lui retirer avec une pince et lui en donner une propre.

Après le dîner nous allons admirer le soleil couchant sur la plage. Sous cette lumière et en l'absence de baigneurs elle paraît encore plus grande. Puis nous allons de l'autre côté de la plazza prendre un cocktail (pour Christine) et un cappuccino (pour moi), tout en écrivant nos premières cartes postales. L'animation est assurée alternativement par une chanteuse accompagnée par un pianiste, et un guitariste. Celui-ci nous amuse à cause de sa coiffure, disons spéciale, et de sa façon de tenir sa guitare, presque à la verticale. Il parait certain qu'il n'y aura pas d'animations façon club, comme c'était le cas dans les autres hôtels où nous sommes allés. En effet il n'y a aucun espace prévu dans le patio pour cela. C'est une preuve supplémentaire du raffinement de cet hôtel, le premier de catégorie "***** Grand Luxe" où nous allons. Nous rentrons à la chambre lorsque le vent se lève. En inspectant le petit réfrigérateur je lis une affichette indiquant que les boissons qui s'y trouvent sont gracieusement offertes. Seules les boissons renouvelées ensuite seront payantes. Encore une attention nouvelle, car dans tous les hôtels auparavant aucune boisson n'était gratuite.