Il est à peine 7h30 mais nous ne sommes pas les premiers au petit déjeuner. Ce sont sans doute des golfeurs matinaux. A 9h00 nous sommes sur l'autoroute, avec TomTom encore branché, surtout pour l'arrivée dans Séville.

Juste en sortant de l'autoroute, Christine aperçoit un vol de plusieurs dizaines de cigognes tournoyant dans le ciel, impressionnant. L'entrée dans Séville se fait comme à Cadix par un large et long boulevard bordé de palmiers et coupé de feux tricolores. TomTom nous conduit au boulevard indiqué par Christine, le long du Guadalquivir. Nous trouvons rapidement un parking souterrain tout proche des arènes. A 10h45 nous sommes à pied d'oeuvre, sac au dos et crème solaire enduite car il fait déjà très chaud, bien plus qu'à Sancti Petri. Notre objectif est de visiter l'Alcazar et la cathédrale, surnommée la Giralda. J'ai à peine pris quelques diapos que l'appareil se coince de nouveau comme hier. Je décide d'acheter un petit tournevis pour me dépanner n'importe quand. Nous demandons dans plusieurs magasins, dont une FNAC, où acheter un tournevis. Les gens parlent à peine anglais et nous pas du tout espagnol, ce qui complique la tâche. En passant devant un horloger je lui emprunte un tournevis et débloque l'appareil. Mais le problème survient de nouveau rapidement. Finalement nous passons devant une sorte de droguerie. A force de gestes, le vendeur comprend ma demande et me vend le tournevis que je cherche.

Nous nous dirigeons vers l'Alcazar, à travers des rues étroites dont beaucoup sont protégées du soleil par de grandes toiles tendues au dernier étage des immeubles. Marketing oblige, ces toiles portent la marque de Coca Cola. Nous entrons par la porte des lions. Nous visitons pendant plus de trois heures. Le palais n'est qu'une succession de salles plus richement décorées les unes que les autres, reliées par de petits patios et des pièces d'eau. Les murs sont couverts d'azulejos, les sols sont dallés, c'est superbe. Nous visitons ensuite les célèbres jardins. Là encore nous découvrons des petits édifices de type mauresque au milieu d'une végétation luxuriante.

La chaleur est intense, je suis content. D'après les divers thermomètres aperçus ici et là, il doit faire au moins 37°C. Nous nous dirigeons vers la cathédrale, surnommée la Giralda à cause de la girouette en forme de statue qui coiffe la plus haute tour. Cette tour était à l'origine un minaret, seul vestige de la mosquée qui existait avant la cathédrale. L'entrée de la cathédrale est bien sûr payante mais là ça vaut le coup. La Giralda (nom donné par extension à toute la cathédrale) se targue d'être le plus vaste édifice gothique du monde. En effet la vue qui s'offre à nous dès l'entrée est hallucinante : il y a cinq travées parallèles, les piliers sont énormes et la hauteur impressionnante. Nous l'estimons moins élevée que celle de Bourges mais cela peut être une fausse impression due à la largeur inhabituelle de l'édifice. Tout autour de la cathédrale se succèdent trente chapelles, toutes renfermant des statues, des autels, des retables dans le plus pur style baroque hispanique. Nous sommes surpris de trouver au centre de la cathédrale un choeur énorme, fermée de hautes grilles, renfermant des stalles en bois sculpté. En France un tel choeur se trouve d'habitude au fond. Du coup nous n'avons pas une vue d'un bout à l'autre de la nef. D'autant que les piliers près des portes d'entrée sont en réfection et sont masqués par des toiles et des échafaudages. Le fond de la cathédrale est entièrement occupé, du sol au plafond, par un gigantesque retable en bois, comportant des dizaines (des centaines ?) de statues peintes et des décorations dorées. Il est accroché aux murs par de lourdes tiges de fer. C'est très lourd, trop lourd, et très espagnol. Mais l'oeuvre d'art est impressionnante malgré tout. Au pied du retable nous lisons deux affichettes indiquant que la Giralda est inscrite à la fois au patrimoine mondial de l'UNESCO et au livre Guinness des records ! Autre construction imposante, le tombeau de Christophe Colomb. Il est constitué d'un sarcophage porté par quatre hommes en habits précieux de plusieurs mètres de haut, le tout en bronze. Pas vraiment léger, mais le tout a une certaine classe quand même. Les orgues sont également hors norme : deux buffets encadrent le choeur, chaque buffet ayant deux faces.

Nous grimpons en haut de la tour (réplique de la Koutoubiah de Marrakech) d'où nous avons une vue magnifique sur le toit de la cathédrale et sur toute la ville. Comme à Cadix il n'y pas de marches mais un plan incliné formé de 33 paliers. De nombreuses cloches entourent le sommet de la tour. En bas de la tour un compteur indique qu'à cet instant plus de deux cents personnes se trouvent dans la montée ou en haut de la tour !

Il est déjà 16h00 et nous avons notre comptant de visite. Nous rentrons à la voiture en faisant quelques emplettes : une robe typique andalouse de taille deux ans (la plus petite), un éventail (dont beaucoup de femmes se servent naturellement), des T-shirts et un string rouge avec un taureau andalou noir pour Christine. En repartant Christine souhaite faire un détour par la place d'Espagne, qu'elle a aperçu sur une carte postale. TomTom nous y emmène encore directement. Effectivement la place est très belle. Elle est entourée par un grand bâtiment et a un grand jet d'eau en son centre. Plusieurs ponts passent au-dessus de ce qui a pu être une pièce d'eau circulaire, mais qui n'est plus qu'un chemin poussiéreux. Les rambardes, les murs et les ponts sont couverts d'azulejos.

Nous rentrons à Sancti Petri sans prendre l'autoroute. Nous économisons le péage et la route est moins monotone. Il y a de nombreux camions, mais la route est bien droite et il est facile de doubler. Un peu avant d'arriver nous apercevons les cigognes dans les nids vides repérés auparavant. Malheureusement le fait d'arrêter le moteur et de descendre de voiture les fait fuir et elles se regroupent dans un champ voisin, mais trop loin pour bien les voir. Nous reviendrons en étant plus discrets. Nous arrivons à 18h45 et le parking est plein. Nous sommes obligés de garer la voiture dans la rue. Christine va piquer une tête dans la piscine pour se rafraîchir (bien que la température ait chuté de plusieurs degrés au bord de la mer), mais je préfère rester au frais dans la chambre. Nous sommes prêts pour le dîner à 20h30 mais il n'y a pas encore grand monde. Le personnel a changé ce soir, celui des jours précédents doit être en repos. Le maître d'hôtel, voyant Christine embarrassée par son assiette pleine en revenant du buffet, la lui prend des mains et l'accompagne jusqu'à sa table. Sa tenue de ce soir lui a peut-être plu.

Après le dîner nous passons un agréable moment au piano bar. Nous voulons retourner consulter notre courrier sur Internet mais les postes sont hors service. A la réception personne n'est capable de m'indiquer quand ils seront réparés. Dommage.