Après un petit déjeuner tardif nous allons chasser les cigognes, photographiquement s'entend. Nous avons de la chance, nous en apercevons trois, dans un nid et sur un pylône. En prenant plus de précautions je réussis à bien les prendre en photo. Puis nous prenons la direction de Medina Sidonia, un village blanc dans les hauteurs.

La chaleur a encore augmenté, surtout dans l'intérieur des terres. Le village est escarpé et typiquement andalou : petites maisons blanches, fenêtres protégées par des grilles de fer forgé ouvragé, petits vestibules décorés d'azulejos et agrémentés de plantes vertes. Il y a une circulation dense, surprenante pour un si petit village. La conduite n'est pas aisée car les rues sont étroites et en pente. Le plus intéressant à visiter est l'église, tout en haut du village. Construite encore dans une ancienne mosquée, elle avait une grande importance au XVIème siècle. Elle est organisée un peu sur le même plan que la cathédrale de Séville, bien que de proportions beaucoup plus modestes. Un grand retable occupe tout le fond de l'église, et un choeur fermé de grille se trouve au centre de l'édifice. Tout autour on peut observer des autels en bois ou en argent. Il y a beaucoup d'explications, y compris en français, ce qui est appréciable. Certaines nous font rire car elles ont été visiblement traduites par un mauvais logiciel de traduction automatique. Par exemple Santa Cecilia, qui signifie simplement Sainte Cécile, est traduit par Père Noël Cécile, car Santa signifie Père Noël en anglais ! Nous grimpons au clocher, par un escalier cette fois-ci. Nous sommes les seuls visiteurs, le village est trop éloigné des centres touristiques et il fait sans doute trop chaud. Au sommet mon Pentax rend définitivement l'âme : le déclencheur reste enfoncé, donc le volet reste ouvert et impossible de le décoincer, même avec mon fameux tournevis. Je cherche par tous les moyens à le rendre à la vie mais sans succès. Je préfère sacrifier le reste de la pellicule pour tenter de protéger les quelques diapos déjà prises. C'est une longue période de plus de 23 ans qui s'achève, après plus de 20 000 diapositives prises. Je le regretterai, c'est sûr. Du coup je vais devoir me mettre à la recherche d'un remplaçant, un reflex numérique. Nous quittons le village après avoir parcouru les rues principales.

Le thermomètre de la voiture affiche 39°C, c'est le record du séjour. Nous continuons à sillonner les alentours par des routes censées être petites selon notre vielle carte, mais en réalité larges et en très bon état. Partout nous voyons des constructions sortir de terre et des routes se tracer, le pays est vraiment en pleine expansion. Que sera devenue la Costa de la luz dans dix ans ?

Nous trouvons un endroit tranquille pour faire quelques photos souvenirs, sur fond de cactus. La chaleur est très intense, surtout en plein soleil, mais cela fait du bien sur les peaux nues. En prenant de l'essence à Benalup de Sidonia nous apercevons une cigogne dans son nid sur un toit, non loin d'une girouette en forme de cigogne. Le parallèle est amusant.

Nous rentrons à l'hôtel pour profiter de la plage. En traversant le patio nous remarquons une scène montée dans la journée : il y aura un spectacle ce soir. En bord de mer, la température chute de 10°C ! L'eau est très bonne aujourd'hui. Avec Christine je fais un aller retour à une bouée située à environ cent mètres du rivage, après qu'elle en ait fait un seule. A cette distance du rivage il n'y a que nous. Déjà que peu de gens sont dans l'eau, la plupart restent là où on a pied.

En retournant à la chambre je me renseigne sur l'heure du spectacle. Une employée me répond qu'il est prévu à 20h00, mais cela nous semble bien tôt, d'autant qu'il est déjà 19h55. Je demande à une autre employée qui comprend mieux l'anglais et qui me répond qu'il est prévu à 21h45. Cela nous semble plus fiable. Nous dînons tranquillement et à l'heure prévue nous trouvons une table de bar en face de la scène. Dès que le spectacle commence, je laisse Christine pour aller devant la scène et prendre quelques photos avec mon Sony numérique. Le spectacle présente des danses typiquement andalouses, avec quatre danseuses et un danseur, un hidalgo type. Les costumes sont modernes mais très jolis. Les filles dansent très bien, et l'homme se prend au jeu, effectuant un solo impressionnant : il claque des mains, frappe les talons sur le plancher, regarde fixement les danseuses. Il finit trempé de sueur. On voit vraiment qu'il vit la danse. En seconde partie du spectacle une chanteuse de flamenco accompagnée d'un guitariste viendront accompagner les danseurs. J'ai du mal à supporter ce genre de chant, même si je reconnais qu'il s'accorde parfaitement à la danse.

Après le spectacle nous allons faire quelques photos de l'hôtel et de la piscine de nuit. Nous descendons jusqu'à la plage, éclairée par la pleine lune. La plage vide dans la pénombre, avec le ressac en fond sonore, donne une impression étrange. Grâce au trépied et au retardateur nous nous photographions en pose sur fond de mer nocturne, ce qui donne une photo irréelle, comme si elle était prise en plein jour avec un éclairage très réduit. Avant de dormir Christine effectue son tour de prestidigitation annuel : faire rentrer dans une seule valise tout ce qui y était à l'arrivée plus ce que nous avons acheté sur place.