Aujourd'hui nous décidons d'aller visiter l'Achillion, le palais de Sissi. Après le petit déjeuner, vers 10h30, nous partons donc pour ce palais célèbre. Il est relativement tôt mais la route est déjà encombrée, surtout de cars de touristes. L'Achillion est enchâssé dans un parc magnifique, sur une hauteur de l'île, et protégé par de hautes grilles. Construit vers 1890 il devait servir de palais d'été à Élisabeth d'Autriche, surnommée Sissi. Son style, légèrement chargé, est tout à fait celui de l'époque de Sissi. D'ailleurs à l'entrée se trouve une reproduction de la si belle statue d'elle se trouvant à Vienne. L'édifice a trois étages, mais seul le rez-de-chaussée est ouvert au public. L'entrée se fait dans un patio autour duquel s'ouvrent plusieurs pièces meublées. Au milieu trône un escalier monumental, bardé de fer forgé, décoré de miroirs et entouré de deux grandes colonnes. Quelques beaux meubles retiennent notre attention, mais sans plus. Il y a un monde fou, car il faut avouer que c'est le seul monument d'importance à visiter sur l'île.

A l'extérieur, sur le côté droit, un escalier en pierre conduit à la terrasse. C'est sans doute la partie la plus belle et la plus intéressante du palais, ou du moins de ce qu'on peut en visiter. Une porte vitrée, fermée, permet d'admirer le haut de l'escalier intérieur, ainsi que les peintures monumentales qui le décorent. La terrasse est entourée sur deux côtés par une sorte de patio gréco-romain, agrémentée de nombreuses statues du même style. Au bout de cette première terrasse d'autres escaliers conduisent à deux autres terrasses. Sur la seconde terrasse, au milieu d'une fontaine, trône une statue d'Achille blessé, le talon percé d'une flèche. Au bout de la plus grande terrasse se trouve un grand promontoire duquel la vue sur la ville de Corfou est magnifique. Au milieu du promontoire, entourée de grands arbres qui offrent une ombre bienvenue, s'élève une gigantesque statue d'Achille en armure. Comme souvent je m'arme de patience pour tenter de prendre des photos avec le moins de visiteurs dessus. Pendant ce temps Christine m'attend à l'ombre des glycines.

En repartant nous voulons acheter un livre sur l'Achillion. Nous ne le trouvons que dans une seule boutique, où la vendeuse nous annonce « 10 Euros » ! Christine s'exclame en disant que c'est trop cher. La vendeuse baisse alors le prix à 8 Euros. Mais même à ce prix là c'est une belle arnaque. Un livre comme celui-ci ne coute jamais plus de 6 Euros. Tant pis, nous essayerons de le trouver ailleurs.

En retournant à la voiture je marche par mégarde sur une tongue de Christine, dont la lanière s'arrache. Elle doit retourner à la voiture en claudiquant, ne voulant pas marcher pieds nus sur l'asphalte.

Désireux de finir la journée sur une plage, nous choisissons au hasard celle de Gialiskari, de l'autre côté de l'île. Nous peinons à la trouver et après plusieurs demi-tours et des renseignements demandés à un chauffeur de camion, nous finissons par trouver la route qui y conduit. Elle est minuscule, en lacets et très pentue. Au bout de la route nous tombons sur un parking payant. Du coup nous faisons demi-tour et allons garer la voiture le long de la route, sur les hauteurs. La plage est plus petite que celle d'hier, il y a du monde mais les gens ne sont pas serrés et nous trouvons facilement de la place pour nos serviettes. Le sable blanc est littéralement brûlant et nous courons pour arriver dans l'eau. Celle-ci est limpide, le fond n'est que du sable, et la plage s'enfonce en pente douce, très loin dans la mer. C'est le bonheur. Nous alternons bronzage et baignade tout le reste de l'après-midi.

Nous quittons la plage vers 17h30 et choisissons de rentrer par les petites routes de l'intérieur de l'île. Nous nous arrêtons à un superbe point de vue sur la ville de Corfou, l'Achillion et la côte est. Mais encore une fois nous ratons un embranchement et nous sommes contraints de finir le trajet le long de la côte.

Nous arrivons juste à temps pour le repas. Ce soir je choisis de dîner dehors mais bien mal m'en a pris. Les tables sont envahies de guêpes et je passe le repas à me battre contre elles et à en tuer le plus possible. A d'autres tables les convives se sont résignés à placer une assiette de nourriture pour attirer les insectes et espérer qu'ils les laissent en paix.

Après le dîner nous allons prendre un cocktail au bar extérieur. La nuit est douce, la musique du pianiste est agréable, nous sommes bien. Nous voyons fréquemment passer des avions, repérables à leurs feux allumés, qui vont atterrir à Corfou, vers la gauche.

Achille