Le temps de déjeuner et de nous préparer il est déjà 10h15 quand nous prenons la route. Comme d'habitude la circulation est assez dense et nous mettons plus de quarante-cinq minutes à couvrir les vingt kilomètres qui nous séparent de la ville. Première difficulté en entrant dans la ville : trouver où garer la voiture. Tous les parkings sont pleins, le front de mer déborde de voitures, parfois sur deux rangées. Tous les emplacements où il est interdit même de s'arrêter sont encombrés par plusieurs voitures, y compris certains trottoirs. C'est l'enfer. Katia nous avait prévenu : il est impossible de ne pas se garer où c'est interdit. Nous longeons le port presque jusqu'au bout et, par miracle, nous trouvons une place le long du port, juste au pied de la nouvelle citadelle.

Du coup nous commençons nos visites par elle. C'est une énorme forteresse vénitienne, à plusieurs niveaux, dont une partie est toujours occupée par la marine nationale. Au fronton de l'une des portes trône un superbe lion ailé en pierre. Nous la visitons de haut en bas, longeant de longs couloirs en pierre, jusqu'à des cachots profondément enfouis. Du haut des murs la vue est magnifique sur toute la ville. En face, au bout d'un promontoire s'avançant dans la mer, on voit parfaitement l'ancienne citadelle, qui pourtant date à peu près de la même époque.

Ensuite nous déambulons au hasard dans les vieilles rues, privilégiant les petites artères ombragées, bordées de magasins en tous genres, qui font penser un peu à un souk. On trouve de tout, en particulier tous les objets imaginables en bois d'olivier, y compris des olisbos ! Nous achetons de la liqueur de kumquat, produit local, pour Benjamin et un T-shirt pour Solène. Au hasard des rues, nous apercevons un pope, habillée de noir de pied en cap et coiffé du chapeau cylindrique noir. Il est assis dans une échoppe en train de siroter une boisson quelconque.

Nous visitons ensuite l'église Agios Spiridon (ou Saint Spyridon). Spyridon est le saint patron de l'île car son corps a été transporté ici au XVe siècle. Comme toutes les églises orthodoxes, celle-ci a une décoration extrêmement chargée qui ne nous est vraiment pas familière. Panneaux dorés, objets en argent, peintures en tous genres, chandeliers imposants, plafonds sculptée et peints, c'est très spécifique. Nous restons discrètement au fond de l'église car le nombre de fidèles est important. Chacun vient pour voir (et peut-être toucher) les reliques du saint, placées dans une chapelle minuscule. Après la dévotion, chaque personne inscrit quelque chose sur un petit papier, plié et placé dans une corbeille : peut-être un voeu ou une prière ? A l'extérieur, chaque fidèle dépose un ou plusieurs cierges dans une sorte de petite charrette en métal décoré, dédiée à cet usage. Les cierges sont plantés dans du sable et une cheminée placée au-dessus attise les flammes pour empêcher les bougies de s'éteindre. Assis à côté un homme veille en permanence sur le bouquet de cierges. Tout autour de l'église les boutiques proposent un assortiment impressionnant d'articles religieux en tous genres, de la médaille la plus simple jusqu'à l'icône peinte de plusieurs dizaines de centimètres.

Il fait très chaud aujourd'hui. Nous continuons notre promenade le long de belles arcades, jusqu'à une grande esplanade bordée de grands arbres, où nous faisons une pause à l'ombre. Au milieu de la place se trouvent un kiosque (à musique ?) et une sorte de temple rond, à colonnes.

Après avoir bien bu et nous être reposés, nous nous dirigeons vers l'ancienne citadelle. Elle date du XVIe siècle, avec quelques parties encore du XVe. Ses bâtiments ont été reconvertis en locaux administratifs. On y trouve le conservatoire de musique, une bibliothèque, etc. Nous grimpons en haut de la forteresse sous un soleil de plomb. Cela vaut le coup, la vue est encore plus belle : toute la ville s'étend à nos pieds, enchâssée dans une verdure luxuriante, au loin se devinent les côtes grecques, de gros paquebots sont à quai au port. Je prends des photos juxtaposées, en vue d'en faire un panoramique. Nous trouvons un peu de forces pour continuer jusqu'au phare, juché au sommet du promontoire. Du haut Christine repère le chemin le plus court pour retourner à la voiture. Avant de repartir, nous faisons un crochet vers l'église Agios Georgios, au bord de l'eau. L'édifice est étonnant : en forme de temple grec, énorme, l'intérieur est dépouillé, presque vide, et très clair. Comme dans toutes les églises il est interdit de prendre des photos. Et comme à chaque fois, j'en vole quand même une ou deux, sans flash bien sûr, pour le souvenir.

Nous retournons à la voiture par un chemin assez direct, mais il nous faut traverser presque entièrement la ville. Dans la journée, nous avons acheté plusieurs bouteilles d'eau d'un litre et demie, dont le prix a quand même varié de 0,26 € à 1,00 € !

En repartant nous voulons aller à l'église de Pantocrator, sur la fameuse île de Pontikonissi. Plus facile à dire qu'à faire car nous ne trouvons aucune indication pour y accéder. Après avoir tourné un bon moment sans succès, nous passons devant l'aéroport, puisque l'île est tout près. Peine perdue, nous aboutissons dans un cul de sac. Sur le point de renoncer, nous trouvons enfin la route qui y mène. Et cela valait la peine d'insister, la petite église est de toute beauté, une véritable miniature d'église, entièrement décorée à l'intérieur. Nous montons à la terrasse d'un restaurant pour avoir une vue panoramique. Et du coup nous constatons que nous aurions pu y venir à pied depuis notre point de vue d'hier, en empruntant une digue.

Nous rentrons enfin, épuisés par la marche et la chaleur. A l'hôtel chacun a sa méthode pour se relaxer : je reste allongé à lire dans la chambre pendant que Christine va piquer une tête dans la piscine. En entrant dans la chambre, je brise net la carte magnétique servant à déclencher les lumières. Christine passe à la réception, où la carte est remplacée sans discuter.

Le dîner est sans surprise, mais Christine est contente : elle peut enfin manger des calamars grillés. Elle se moque de moi car hier j'ai pris du poisson pané et de la purée (excellente), et ce soir je prends du rosbif et des frites (excellentes également). Nous finissons la soirée en sirotant un cocktail au piano bar, face à l'océan et aux lumières de la Grèce, juste en face.

Le kiosque