Nous étions tout d'abord invités par le Crédit Mutuel (partenaire régulier d'évènements musicaux sur Bourges) à la nouvelle salle de spectacle inaugurée récemment dans la friche culturelle l'Antre-Peaux. Le nom de cette salle, le Nadir, est un clin d'oeil culturel et astronomique : le nadir est le point diamétralement opposé au zénith. Suivez mon regard... Créée par l'association Emmetrop en 1992 dans une usine désaffectée, en plein centre de Bourges, l'Antre-Peaux est un lieu de création multiculturel où se mélangent des disciplines artistiques et sociales très diverses (théâtre, musique, cirque, presse, multimédia, etc.) Ses fondateurs étaient des élèves de l’Ecole des Beaux Arts de Bourges et quelques personnes issues de divers milieux artistiques. Parallèlement, Emmetrop entreprend des actions de développement culturel en faveur des jeunes de Bourges ainsi que des détenus de la maison d'arrêt. Un contrat de partenariat a d'ailleurs été signé voilà dix ans avec le ministère de la justice. Depuis peu, Emmetrop a aussi mis en place des échanges culturels avec d'autres pays d'Europe.

Donc nous arrivons bien en avance, persuadés de trouver un buffet comme ceux que le Crédit Mutuel offre pendant le Printemps de Bourges. Las ! Nous ne trouvons qu'un apéritif à base de kir et quelques cacahouètes. Mais qu'importe, l'accueil est convivial. Un des responsables nous fait visiter le Nadir. Semblable à la salle du 22 (ex-Germinal), elle est mieux insonorisée, mieux équipée et plus modulaire. On nous explique que la scène est entièrement démontable, pour proposer une salle plus grande selon les besoins. Je discute ensuite presque une heure avec un autre responsable, passionné, qui me raconte beaucoup d'anecdotes à propos des différents lieux de l'Antre-Peaux et des projets qui n'attendent que leur financement. Par exemple prochainement une petite boutique multimédia sera ouverte avec des disques et livres rares, en import ou épuisés. Ou un marché culturel nocturne va être proposé chaque mois : producteurs locaux et musique.

A 21h00 les portes ouvrent et le public commence à entrer. Ce soir seront présentés trois groupes issus des Découvertes du Printemps de Bourges. A 21h30 le premier duo entre en scène, Twice. Une jolie brunette au chant, Margot Poirier, accompagnée d'un guitariste, Andréas Eriksen, d'origine danoise. Rien d'autre à part des boîtes à rythmes et à samples. Ils nous offrent pendant une heure une pop très sympathique, en anglais, assez riche malgré le peu d'instruments live. J'aime bien.

Tout de suite après, nous abandonnons le Nadir (avec une pointe de regret pour moi) pour aller écouter Solène qui joue avec son groupe de l'EDMT au Subdray. Nous arrivons juste après la prestation de Grégory Jolivet, au moment du rangement des chaises pour libérer la piste de danse. Malheureusement Solène et ses comparses joueront à peine une demi-heure, dans des conditions acrobatiques, en bas de la scène. Entrent ensuite la formation Rue Pascale, c'est à dire Grégory et Thierry Pinson à l'accordéon, accompagnés exceptionnellement d'un flûtiste et d'un saxophoniste. Leur musique est très riche, très agréable à écouter mais n'incite pas à danser des vieux comme nous. Aucune danse en groupe, des morceaux très longs, des arrangements acrobatiques, ce n'est pas notre idéal pour danser. En revanche il est étonnant de constater le nombre élevé de jeunes, voire très jeunes, danseurs et danseuses, attiré par le renouveau du folk incarné par Grégory Jolivet.

En fin de soirée trois post-ados montent sur scène, se présentant comme le groupe Méli-Mélo. Leur musique ressemble plus à ce que nous connaissons, et aimons pour danser. Nous jetons l'éponge à 2h00, alors que le bal n'est pas encore fini.