La journée commence par un excellent repas chez notre amie Caroline. Je suis heureux que Lingli et elle fassent connaissance. Puis nous mettons le cap sur La Ferté. A peine montée en voiture, Lingli avale du gingembre, censé lui éviter le mal des transports. De toute façon, au bout de quelques kilomètres elle s'endort profondément. Ainsi le trajet passe très vite et elle n'est pas incommodée.

Le parking devant le château est plein, il doit y avoir du monde. Sans doute parce que pour la première année les propriétaires organisent une visite spéciale pour Noël, avec décoration, magicien et dégustation aux cuisines. Nous avons choisi ce château car c'est un des seuls à être entièrement meublé. Depuis son rachat il est resté en l'état, dans son jus, et il est même possible de toucher à tout, y compris de s'asseoir dans les fauteuils. A l'accueil nous sommes surpris de voir madame Guyot en personne, femme du propriétaire, vendre les tickets et expliquer la visite. Son mari, Michel Guyot, est l'heureux propriétaire du château de Saint-Fargeau. Passionné de vieilles pierres, il restaure en ce moment le château de La Ferté pierre après pierre. Madame Guyot précise d'ailleurs que le prix d'une entrée finance quatre ardoises du toit.

Nous commençons par les écuries avant de passer dans le château. Les volets sont fermés pour donner une ambiance nocturne, l'éclairage étant assuré par des guirlandes lumineuses, des lustres et des bougies (électriques). Les pièces sont meublées comme si les habitants étaient partis hier, c'est étonnant et passionnant. Meubles, tableaux, vêtements, tapis, bibelots, tout à l'air si réaliste, presque vivant. Dans un salon est installée une exposition de jouets anciens, poupées, ours en peluches, meubles en modèles réduits, landaus, etc. Dans un boudoir on peut admirer un ensemble de belles robes (de mariées ?) Nous traversons une salle de bains agencée comme au siècle dernier. Seuls les W.C. sont modernes, et masqués par un paravent.

La visite se continue par le premier étage. Dans un autre salon vient de débuter un spectacle de magie pour les enfants. Lingli est intéressée et je reste avec elle. Après le spectacle nous montons jusque dans le grenier, que traverse le conduit en pierre de la cheminée principale, où j'admire une magnifique charpente. Pour terminer nous descendons aux cuisines où est offert un chocolat chaud accompagné d'une madeleine au miel faite sur place. Nous retrouvons Christine et Solène. Une matrone en costume ancien de cuisinière enfourne sans cesse des moules de petites madeleines dans une cuisinière surchauffée. Il ne faut que quelques minutes pour les cuire, et les visiteurs se précipitent dessus. Il y a beaucoup de monde car tous les spectateurs du magicien se sont retrouvés là. Dans la cheminée brûle un feu de grosses bûches, encadré par deux énormes chenets. Tous les ustensiles de cuisine sont pendus et dans un coin trône même une dépouille de sanglier (que des visiteurs prennent pour un loup !)

Tant qu'il fait un peu jour nous allons dans le bois qui jouxte le château visiter la gare et quelques wagons de l'Orient Express. La gare est une reconstitution d'un édifice des années 30, décorée et meublée avec meubles, objets, guichets et chariots d'époque. Dans la lampisterie trône une collection de vielles lanternes. Le long du quai reposent une locomotive à vapeur de 1917 et quelques wagons bleus de la Compagnie Internationale des Wagons Lits de 1928, utilisés pour la fameuse ligne de l'Orient Express. Nous pénétrons dans les wagons mais seuls les couloirs sont accessibles, les cabines luxueuses, richement décorées et encore toutes équipées, sont protégées par des vitres. Certains wagons sont classés aux Monuments Historiques. Quand nous quittons les lieux la nuit est tombée et le château brille de ses illuminations, au milieu du parc lui aussi éclairé.

Nous terminons la visite par les écuries, où quelques chevaux se restaurent. Nous quittons le château parmi les derniers car je m'attarde pour prendre quelques photos du château de nuit.

Au retour nous prenons l'autoroute pour rentrer plus vite. Lingli s'endort de nouveau et ne se réveille qu'au péage de Bourges. Nous finissons la soirée en regardant un film français, à la demande de Lingli. Je choisis Itinéraire d'un enfant gâté.