A 14h00 nous allons à la gare, impatients de revoir notre amie chinoise. Nous sommes heureux de la retrouver après ces deux ans, curieux de voir comment elle a digéré son premier séjour en France et comment elle a évolué depuis. Elle descend du train toute souriante, comme à son habitude, et nous plaque de grosses bises, très françaises. Son voyage s'est bien passé et elle a même discuté avec un jeune homme connaissant la Chine, qui lui a offert un ticket de métro. Elle retrouve l'appartement comme si elle revenait chez elle, et prend possession de sa chambre pour ces quelques jours. Nous l'avons installée dans la chambre de Benjamin, où elle s'amuse des pandas en peluche que Benjamin y a laissés.

Nous lui proposons d'aller faire un tour au Village de Noël près de la cathédrale, dont c'est le dernier jour. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voila partis pour une première balade en ville. Nous faisons un tour dans les allées, elle veut que je la prenne en photo à côté du Père Noël et nous nous arrêtons boire un vin chaud et manger des marrons grillés. Ensuite nous continuons la promenade dans le centre ville. Je suis étonné de constater les progrès que Lingli a fait en langue française. Il y a deux ans je m'astreignais à parler lentement, pour qu'elle me comprenne facilement. Maintenant ce n'est plus la peine, je parle comme d'habitude et elle n'a aucun problème pour comprendre de que je dis. Du coup la conversation y gagne en fluidité, d'autant plus que son vocabulaire s'est enrichi, c'est super.

Une fois rentrés nous préparons le réveillon. cette année Lingli a apporté une robe spécialement pour l'occasion. Solène devant jouer de la flûte à la messe, nous partons de bonne heure, et Lingli nous accompagne. Elle est ravie d'avoir l'occasion d'entendre Solène jouer en situation de concert, pas seulement en répétition. Patiente, Lingli lit avec attention le conducteur de la messe, nous demandant de lui expliquer les mots qu'elle ne connaît pas. Ce n'est pas facile d'expliquer correctement "rédemption", "bénir" ou "transfigurer" !

Après la messe nous rentrons au chaud à la maison. Benjamin a dressé la table et disposé les cadeaux devant les chaussures de chacun. Lingli y ajoute les siens. Après l'apéritif, comme il est minuit passé, nous procédons à l'ouverture des cadeaux. Lingli commence, puis chacun de nous. Lingli nous offre à chacun un cadeau personnalisé, choisi avec soin en Chine, avant son départ, accompagné d'une carte adorable, écrite en français et là encore adaptée à chacun. Solène reçoit un xun, sorte d'ocarina chinois, réplique d'un des plus vieux instruments existants, vieux de plus de 6 000 ans. Benjamin reçoit une sorte de tastevin chinois, en forme de trépied, très ancien lui aussi. Christine reçoit un superbe peigne en bois, fait à la main, dans son emballage recouvert de textes en chinois. Quant à moi je reçois un joli pot en verre gravé, dans un écrin en soie, représentant le temple de la grue jaune à Wuhan, la ville où Lingli fait ses études. Nous la remercions beaucoup, particulièrement pour le soin qu'elle a apporté au choix de ces cadeaux. Pendant le dîner nous bavardons et plaisantons beaucoup, Lingli a tant de questions à nous poser.

Le lendemain nous allons déjeuner chez mes beaux-parents, à Cosne. Nous nous amusons de montrer à Lingli un bébé rose et blond, mon neveu.

Le soir nous continuons à discuter. Lingli nous pose beaucoup de questions sur les relations entre filles et garçons, qui sont culturellement si différentes entre la Chine et la France. Elle a beaucoup de mal à admettre la notion de drague, et de relation éphémère entre un garçon et une fille. En Chine une telle relation semble prendre beaucoup de temps à s'installer, et durer pour la vie, même si l'amour n'est pas forcément présent. La soirée se finit à danser sur des tubes internationaux, comme "La macarena" ou "YMCA".