Alors là, chef d'oeuvre absolu ! Plus il en réalise, plus j'aime les films de Clint Eastwood mais celui-ci m'a enchanté et ébranlé. Eastwood n'a pas d'égal pour créer des films très personnels, à nul autre pareils, qui portent à la réflexion et dans celui-ci il s'amuse en plus à brouiller les pistes. On a presque l'impression d'un film de conclusion à une carrière prolifique d'acteur et de réalisateur. Car on retrouve plusieurs thèmes chers à Eastwood : le patriotisme (Le maître de guerre), la radicalité (Inspecteur Harry), la solitude (Pale rider), la vengeance (Impitoyable), l'éducation bourrue (Le maître de guerre ou Million dollar baby), etc.

Le film débute de façon linéaire, on retrouve des codes et des tics des personnages d'Eastwood qu'on aime, ou pas. On découvre un vieil homme raciste, solitaire, acariâtre, peu sympathique, à la limite de la caricature. Ses proches voisins sont des Hmongs, qui lui rappellent trop les "niakoués" de la guerre du Vietnam. Mais au fil du film, la personnalité de Kowalski, l'ancien soldat, se complexifie, s'adoucit et s'humanise, au point d'en devenir touchant. Pas besoin de flashback pour ça, quelques phrases arrachées à ce solitaire, veuf et bourru, suffisent.

Et Clint Eastwood n'oublie pas l'humour, présent par touches tout au long du film. Sauf à la fin, séquence magistrale qui prend les spectateurs à contre-pied et éclate toutes les barrières face à l'émotion ! Je ne dirai rien de cette fin pour surtout ne pas déflorer un tel film.

A noter l'importance de la communauté Hmong, présente pour la première fois dans un film de cette importance.

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