Encore un film magistral, jouissif et presque parfait. J'y suis pourtant allé seulement par curiosité, poussé par quelques amis enthousiastes et par la notoriété dont bénéficie ce film (dont huit Oscars). Et j'en suis ressorti enchanté et le sourire aux lèvres. On assiste à un mélange de genres, histoire d'amour, reportage sur l'inde populaire, suspense de bout en bout, le tout filmé sous adrénaline (le seul reproche que je ferais au film), avec des couleurs et une musique qui évoquent, sans appuyer, les films de Bollywood.

Le fil conducteur est la copie indienne de l'émission Qui veut gagner des millions ? à laquelle participe un jeune homme issu des tréfonds de la misère indienne de Bombay, jusqu'à gagner le jackpot final. Et toute l'astuce du scénario consiste à mêler flashbacks et présent pour expliquer comment un tel candidat peut répondre à toutes les questions, mêmes les plus difficiles. Enfin, non, justement pas toutes : il bute sur la seconde question concernant la devise du drapeau indien. Bizarre... jusqu'à ce qu'on comprenne où veut en venir le scénario, justement, dont la trame est assez simple et linéaire mais qui fonctionne parfaitement.

Pendant les onze années de la vie du jeune homme (de sept à dix-huit ans), on l'accompagne pendant la transformation de Bombay en Mumbai, de l'écrasement des bidonvilles par des quartiers d'affaires flambant neufs. On entre-aperçoit les plaies de l'Inde moderne (violence, prostitution, misère, corruption). Malgré tout le film est foncièrement optimiste et tourné vers l'avenir.

Le générique final sert de clin d'oeil aux films typiquement indiens, avec une chorégraphie sur un air d'Allah Rakha Rahman, l'un des compositeurs les plus en vue à Bollywood.

Comme toujours concernant un film aussi remarqué et encensé que Slumdog Millionaire, des critiques de soi-disant intellos fusent. Personnellement je refuse de dégager d'un film, quel qu'il soit, une critique politique ou sociale de notre monde. Seule l'histoire, et la façon dont elle est racontée, m'intéressent. Par exemple Le Figaro a écrit : « Les plus optimistes y voient le triomphe de l'Inde qui gagne ; les esprits chagrins déplorent une nouvelle stigmatisation de leur pays pour son incurable pauvreté. » Ni l'un ni l'autre en ce qui me concerne. Le summum de l'acharnement journalistique est atteint avec cette condamnation (pour ne pas dire critique) par Les Inrocks. Pitoyable.

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