Dans la chambre mitoyenne, juste séparée par une mince cloison, un jeune couple rentre à 4h00 du matin, pas très discrètement. Après une douche chacun, ils se mettent à discuter puis carrément à faire l'amour ! La finesse de la cloison ne nous laisse pas perdre une miette des coups contre la cloison, des grincements de sommier, des râles de monsieur et des soupirs de madame. Enfin, vers 5h00, ils s'endorment.

Pendant le petit déjeuner, toujours irlandais et toujours excellent (sauf le chocolat des enfants, fait… à l'eau), nos voisins bruyants arrivent. L'homme esquisse un bonjour, mais la fille, même pas jolie, ne daigne pas répondre au nôtre. Ca m'agace, même si ça m'amuse de mettre un visage sur les voix entendues cette nuit.

Avant de prendre la route nous faisons quelques courses dans une supérette et prenons quelques photos sous le soleil. Notre but est d'atteindre directement Ennis mais en sortant de Limerick nous voyons l'indication du château de Bunratty. Christine a lu que c'est surtout un piège à touristes et effectivement il s'agit d'une sorte de parce d'attractions très cher, accolé à un petit château. Nous ne le photographions que de l'extérieur et ne visitons que le magasin d'articles irlandais.

Nous restons plus longtemps à Ennis car ici les boutiques ne sont pas touristiques, ce sont de beaux magasins normalement irlandais. Nous faisons quelques emplettes (bijouterie, magasin de musique, boulangerie, magasin de CDs, etc.) Dans l'église se prépare un mariage somptueux. Nous rions de voir les garçons d'honneur attendre devant un pub, une Guinness évidemment à la main. Juste avant de repartir nous repassons devant l'église. Une immense limousine blanche est garée devant et je vais jeter un œil dans l'église. Le mariage bat son plein et on se croirait dans Quatre mariages et un enterrement : habits, fleurs, décorations, tout y fait penser.

En quittant la voie rapide, Solène aperçoit l'indication d'une abbaye en ruines. Nous décidons d'aller la visiter. C'est l'abbaye de Clare, perdue au milieu des champs, au bout d'un chemin en cul de sac. L'effort pour l'atteindre vaut le coup, elle est magnifique. Presque tous les murs sont debout, mais plus aucun toit n'est présent. L'intérieur, planté de gazon, abrite beaucoup de tombes, anciennes et récentes, surmontées pour la plupart d'une croix celtique décorée. Les croix sont de formes et de couleurs différentes et l'ensemble, sur un ciel bleu nuageux, est de toute beauté. Il y a très peu d'autres visiteurs et nous prenons tout notre temps pour admirer et photographier.

A Ennistimon nous passons devant une petite église en ruines, au sommet d'un monticule occupé par un cimetière : impossible de ne pas s'arrêter. Nous retrouvons les croix celtiques très nombreuses. Je prends beaucoup de photos, surtout de croix sur fond de ciel.

Enfin nous arrivons aux falaises de Moher, endroit à la fois réputé et touristique. En effet le nombre de voitures est important. Il faut d'abord payer le parking et ensuite payer l'entrée au site. Nous zappons celle-ci, profitant de la foule. Il y a deux points de vue, nous commençons par celui de gauche. Le soleil est là mais le vent aussi, ébouriffant. Une fois au point de vue la vue sur les falaises opposées coupe le souffle : hautes de plus de deux cents mètres, ces falaises plongent à pic dans les eaux qui battent les rochers. De la végétation est accrochée aux parois, qui sont le refuge de milliers d'oiseaux de nombreuses espèces différentes. Mais il faut un équipement plus performant qu'un simple téléobjectif pour espérer en voir. Christine arrive néanmoins à en reconnaître quelques-uns uns aux jumelles. Au bout du chemin un panneau indique qu'il est interdit d'aller au-delà, mais beaucoup de promeneurs bravent l'interdiction, enjambent le muret et continuent au bord de la falaise. Bien sûr je fais comme eux. Le danger est réel car aucun parapet n'existe et le vent est violent, mais la vue vaut le coup : on distingue bien mieux les falaises qu'au point de vue officiel. Benjamin se fait prendre en photo avec le flyer du forum Faut Qu'ça Bourges.

Ensuite nous allons au point de vue opposé, où se dresse une petite tour en pierres, la tour O’Brien. L'entrée est là encore payante ! Pas question de payer juste pour un point de vue plus élevé de quelques mètres. La vue est toujours grandiose, malgré le contre-jour dû au soleil déclinant. Mais le vent est carrément violent, empêchant presque d'avancer. Benjamin perd ses lunettes, arrachées par une rafale, mais les récupère grâce au réflexe d'un promeneur.

Nous restons sur place plus d'une heure, en profitant au maximum. Nous repartons contents mais fatigués par le vent. Pour sortir du parking un employé nous demande un ticket… que nous n'avons pas. Accommodant, il va nous le chercher et nous payons le parking.

Nous finissons la journée en visitant une tombe mégalithique à Poulnabrone. Nous avons encore une fois du mal à la trouver car aucune indication ne permet de la localiser. Située en plein vent, elle a la forme d'une allée couverte, surélevée, au milieu d'un paysage étonnant de rigoles de pierre naturelles creusées dans la lande.

Quand nous nous dirigeons vers le B&B il est très tard et je dois encore téléphoner pour prévenir. La route jusqu'à Galway est étroite et en mauvais état, nous imposant une vitesse raisonnable. A Oughterard nous avons encore du mal à trouver le B&B, le Camillaun Lodge, caché au bord d'une rivière. Par contre c'est le plus luxueux que nous ayons eu jusqu'à maintenant. Il sert en fait d'habitation pour un centre de pêche où viennent des pêcheurs férus de pêche à la truite. L'hôtesse est très aimable mais reste distante. La maison est immense et cossue. Il y a une salle de jeux à disposition, avec un immense snooker, ainsi qu'un court de tennis. Les chambres sont spacieuses, meublées avec goût et les salles de bain sont aussi très grandes. Dans chaque chambre un fascicule permet de prendre connaissance de la charte du B&B, des activités et des menus disponibles. On sent que les propriétaires sont très organisés. L'hôtesse nous déconseille de retourner à Galway comme nous pensions le faire. Elle dit qu'avec le bank holiday et les courses de chevaux la ville va être bondée. Elle ajoute que Oughterard est à cinq minutes à pied si on emprunte un petit pont situé près de la maison. Nous suivons son conseil.

Au village tous les restaurants et pubs sont pleins, car il est tard. Nous trouvons place dans une sorte de fast-food tenu par des gens sympathiques. Nous optons pour une pizza sauf Benjamin qui essaye un kebab et un burger… à son grand dam ! Seuls les noms sont identiques mais la composition n'a rien à voir avec ce qu'il connaît et il a beaucoup de mal à finir ses assiettes. Lui et moi terminons notre repas par un excellent milk shake. Avant le dîner Benjamin a voulu acheter des cigarettes. En fait elles ne sont pas visibles dans les magasins, il faut les demander au comptoir, et elles coûtent très cher, presque huit euros le paquet !

Après le dîner nous entrons dans le pub juste à côté où quelques musiciens sont déjà en train de jouer. Le temps que Christine commande des bières une table se libère, c'est parfait. Le groupe se nomme Ardvarna et joue une musique bien agréable. En fin de soirée je leur achète un CD et leur demande de faire une photo avec le flyer de Faut Qu'ça Bourges. Cela me donne l'occasion d'échanger quelques mots avec eux. Cette soirée au pub est parfaite et l'ambiance est à la fois chaleureuse et authentique.

Nous rentrons à 23h30 par le même chemin et le pont, juste éclairés par la lampe de poche à dynamo de Christine.