J’ai bien aimé le dernier film de Roman Polanski, un thriller politique paranoïaque,  surtout parce que l’intrigue se dévoile au fil de l’eau, à travers les yeux du personnage principal. Bien que l’histoire commence de façon banale, le film s’ouvre sur une séquence anxiogène : une voiture reste seule, abandonnée, dans la cale d’un ferry et, presque simultanément, un cadavre est retrouvé sur une plage, rejeté par la mer. Bon. Mais rapidement tout va devenir moins banal, les personnages n’apparaissent plus aussi lises, mais plus complexes. On s’interroge sur chaque personnage, y compris sur ce jardinier asiatique qui, tel Sisyphe, met inlassablement les feuilles mortes dans sa brouette, que le vent emporte sans cesse. On ressent la solitude du nègre, du premier ministre, de sa femme.

La réalisation de Polanski est encore une fois très esthétique : cadrages, lumières, décors naturels, tout est beau et renforce le suspens ainsi que l’angoisse et l’ambigüité souvent ressenties tout au long du film.

On remarquera forcément des similitudes avec la propre vie de Polanski, assigné à résidence en Suisse et accusé par les Américains.

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