Le temps de ce samedi est infiniment meilleur que celui de samedi dernier, froid et pluvieux. Nous emmenons François, du groupe Notre Berry, qui vient souvent grossir les rangs de nos danseurs. Solène est aussi du voyage, puisqu'elle sera l'une de nos trois musiciens, avec Geneviève et Maurice, du groupe Tourne Vents (dont elle fait partie maintenant). A midi et demie précises nous sommes sur la route. Le voyage se passe tranquillement et, malgré une circulation assez dense, nous arrivons un peu après 14h00.

Nous découvrons le vieux village de Châtel-Guyon, perché sur une hauteur. L'architecture a déjà un petit air du sud et avec la chaleur, le soleil, les fleurs colorées et l'absence de personnes dehors, on se croirait dans un village du sud de la France ! Nous trouvons une place près de l'église et nous partons à la recherche de la Maison du peuple, lieu de la rencontre et des repas. La salle jouxte le garage des pompiers. Une personne des Brayauds est déjà sur place pour nous accueillir. Nous sommes parmi les premiers. Nous retournons à la voiture chercher les costumes, que nous laisserons dans la salle jusqu'à demain. Petit à petit les membres des Brayauds et de la Gearbaude arrivent, et à 15h30 nous sommes au complet. Ne manquent que quelques Berrichons qui n'arriveront que demain. Les retrouvailles sont chaleureuses. La présidente consulte fréquemment son conducteur : l'organisation est parfaite, méticuleuse et chronométrée.

Après la répartition des hébergements (nous serons chez André, que nous avions hébergé en 2008), nous partons en convoi vers la première attraction de l'après-midi : le site de captage de l'eau de Volvic. Nous sommes attendus par une guide, qui commence par nous emmener en salle de dégustation. Là il est possible de boire à volonté toutes les eaux de Volvic, l'eau naturelle et les eaux fruitées. Étant donnée la chaleur estivale, ce premier arrêt est le bienvenu. La guide nous conduit ensuite dans une petite salle de cinéma où sont projetés plusieurs court-métrages. Les deux premiers sont sans intérêt : ce n'est que de la publicité pour Volvic, emballée dans un discours écologique. Le diaporama qui suit est très beau : il présente de magnifiques photos de la chaîne des puys, à différentes heures de la journée et prises le plus souvent depuis un aéronef. Le dernier film est intéressant aussi : il traite de la géologie et de la formation des volcans auvergnats. Nous apprenons entre autres que la dernière éruption en Auvergne ne date que de 10 000 ans, c'est très récent. En repartant je jette un oeil au tunnel originel, creusé à l'horizontale dans la montagne jusqu'à rencontrer les sources. Il ne sert plus depuis longtemps car maintenant l'eau est captée à 90 mètres de profondeur et embouteillée en temps réel, sans stockage et de façon automatique, dans des salles blanches maintenues en surpression.

Le second arrêt se fait à un magasin d'exposition et de vente d'émaux sur lave, oeuvres d'artistes locaux. Il y a de jolies choses, d'autre moins. J'aime particulièrement les émaux rouges, qui se marient parfaitement au noir de la pierre.

Enfin nous nous arrêtons au parc thermal de Châtel-Guyon, là où jaillissent les cinq sources qui sont bues par les curistes. En effet nous croisons de nombreuses personnes avec un petit panier en osier contenant un verre gradué. Plusieurs d'entre nous goûtons des eaux directement au robinet. Elles sont tièdes et ont surtout un goût métallique prononcé, dû à leur forte teneur en fer. Christine et Solène me conseillent de ne pas trop en boire si je ne veux pas avoir d'ennuis intestinaux. Bah ! Mon estomac est costaud et ne craint pas grand-chose. Nous nous promenons un bon moment dans le parc, le long de la petite rivière (aux bords rougeâtres du fait des dépôts ferrugineux) et dans la roseraie. Nous en profitons pour voir l'endroit où nous danserons demain. Les musiciens seront à l'abri du soleil, sur une estrade protégée par une bâche mais le parquet où nous danserons est en plein soleil. De plus il est constitué de plaques de bois irrégulières et mal jointes, ça promet !

Il est presque 20h00 lorsque nous revenons à la Maison du peuple. Un apéro agrémenté de brioche nous est offert, avant que tout le monde se mette à table. Chacun se sert au buffet, composé de salades diverses et de viande froide. Berrichons et Auvergnats se sont mélangés autour des tables et l'ambiance est excellente.

Après le dîner, vers 22h00, les musiciens se rassemblent pour un mini bal folk. La journée a été bien remplie et chaude, la motivation des danseurs est donc limitée. Chaque groupe montre à l'autre les deux danses que nous danserons tous ensemble demain. Sur des musiques que nous connaissons, nous montrons notre version de la danse correspondante, différente de celle des Brayauds.

A minuit tout le monde plie bagages et chacun accompagne ses hôtes pour la nuit. Nous suivons André dans sa petite Twingo le long d'une route étroite et sinueuse à la sortie de Volvic, vers son nid d'aigle. Il habite Viallard, un minuscule hameau de quatre maisons et onze habitants perché à 700 mètres d'altitude, à trois kilomètres de la première autre habitation. Sa maison est superbe. C'est une ancienne ferme qu'il a aménagée seul, pendant cinq ans. Il a gardé le sol en lave de la cuisine, les poutres et un escalier intérieur en lave aussi, de toute beauté. Nous avons chacun notre chambre (celles de ses filles, en fait) et une salle de bains privée. Nous discutons un peu avant d'aller dormir. Il est 1h30.

Au réveil nous découvrons une superbe vue sur le Puy-de-Dôme, déjà embrumé à cette heure pourtant matinale. André nous a recommandé de rapidement mettre les grillages en place sur les fenêtres à cause des mouches. En effet le nuage de mouches est impressionnant : elles viennent de tous les animaux de la ferme d'à côté. Après le petit-déjeuner Christine, Solène et André partent pour une balade à pieds le long des crêtes. Je préfère aller au cimetière de Riom, où se trouve notre caveau familial. Je reste un long moment assis sur un banc à l'ombre dans le cimetière. J'aime la tranquillité de ce lieu, ajoutée à la chaleur déjà très agréable.

A 11h00 nous retournons à Châtel-Guyon pour le déjeuner. Nous retrouvons les derniers Berrichons et quelques autres Auvergnats et nous sommes bien plus nombreux qu'hier. Avant le déjeuner nous est offert un apéritif avec la galette aux pommes de terre apportée de Marmagne. Les présidentes s'échangent des cadeaux et tout le monde trinque dans la bonne humeur. Le repas est spartiate (saucisse et lentilles) mais suffisant. En dessert on nous propose une multitude de salades de fruits différents, toutes meilleures les unes que les autres.

Et puis vient le moment de l'habillage collectif. Partout dans la salle les hommes et les femmes se changent et revêtent leur costume traditionnel. La fausse pudeur n'est pas de mise, c'est amusant de voir tout le monde passer par le stade de la tenue minimum en changeant de vêtements. Dehors c'est une véritable fournaise et dans la salle c'est encore pire. Il faut être vraiment motivé pour enfiler chemises, biaudes, gilets, bonnets et bas de laine par une chaleur pareille !

A 16h00 la troupe au complet s'ébranle. Il n'est pas possible de garer beaucoup de voitures vers le parc thermal, du coup nous y allons à pied. J'ai trouvé un photographe motivé et compétent qui va me remplacer pour faire le reportage du spectacle. Nous mettons une vingtaine de minutes à rejoindre la place devant les anciens thermes. La chaleur est intense mais une légère brise la rend très supportable. Il y a du public mais protégé à l'ombre des murs ou des rares parasols. A 16h30 les Danseurs Brayauds entrent en scène. Chaque groupe propose deux parties de danse, alternées. Les Danseurs Brayauds sortent de scène après chaque danse, au son d'une musique spécifique : j'aime bien ça, je trouve que ça dynamise la prestation. Nous avons heureusement de l'eau de Volvic à volonté, dans des bouteilles de 33 centilitres. Il fait tellement chaud qu'au milieu de notre première partie j'ai un "accident de chaussure" : la colle au néoprène fond littéralement et ma semelle se décolle sur toute la longueur ! Je finis prudemment les dernières danses et, pendant que les Auvergnats dansent, je vais mettre ma chaussure au congélateur pour refroidir la colle, en espérant qu'elle tienne encore vingt minutes ensuite. Cela ne m'est jamais arrivé et il ne faut pas demander quelle température il peut faire ! La semelle ne tient pas mais le talon si et je peux danser la seconde partie sans encombres. Je fais malgré tout une petite erreur dans la première danse, un peu trop obnubilé par ma chaussure. Après les danses en commun, nous invitons des personnes du public pour la dernière danse, en chaîne. Nous amis Brayauds nous féliciteront à la fin du spectacle, çà fait plaisir, surtout venant d'autres danseurs confirmés.

Le retour à la Maison du peuple se fait dans le désordre, la chaleur et la fatigue se faisant sérieusement sentir. La séance de déshabillage est aussi rigolote que l'habillage. Ca fait du bien de retrouver short, T-shirt et sandales. Nous restons un moment assis dehors, à l'ombre d'un mur et nous partons rapidement, pressés de rentrer à la maison. Les Brayauds poussent l'hospitalité jusqu'à nous donner des sandwiches pour le voyage, c'est vraiment gentil. Les chevaux de la voiture sont très pressés de rentrer et nous mettons nettement moins de temps qu'à l'aller. Nous quittons François à 21h15 après un week-end génial mais fatiguant. Nous reverrons peut-être rapidement les Danseurs Brayauds car nous avons les coordonnées d'un groupe de danseurs bretons de Clermont-Ferrand avec qui nous prendrons rapidement contact.

Épilogue : hier nous avons remplacé la répétition de danse par un repas convivial entre nous, avec tous les musiciens et les danseurs qui nous ont aidé durant l'année ; ce fut un moment très sympathique, où chacun apporta un plat à manger, avec des histoires en berrichon, de la belle musique et des danses ; j'en ai profité pour montrer un diaporama des meilleures photos prises en Auvergne.