La réceptionniste nous informe que la grève des routiers est terminée mais que l'approvisionnement en essence ne reprendra que le lendemain ou dans la soirée, au mieux. En effet les tankers doivent d'abord revenir au port de la Crète. Avant de partir nous passons à la salle Internet où quelques postes sont en libre-service. Un monnayeur permet d'activer la connexion, moyennant 0,50 euro pour huit minutes. C'est largement suffisant pour relever mes différents comptes mail.

Il reste à peine plus que la réserve dans le réservoir d'essence mais nous estimons que c'est suffisant pour faire l'aller-retour à Réthymnon, distante d'une vingtaine de kilomètres, par une route importante. Nous arrivons à la ville en la surplombant, avec une belle vue sur la citadelle et le port. Nous trouvons une place pour la voiture dans une rue éloignée du centre, à l'ombre. Nous montons à la citadelle en parcourant des petites rues typiques. Encore une fois nous sommes étonnés du peu de touristes, quelques dizaines à peine. Nous passons devant un cinéma en plein air qui passe "L'arnacoeur" : c'est amusant de voir l'affiche bien connue écrite en grec. Au passage nous jetons un oeil dans une église orthodoxe moderne, très lumineuse mais à la décoration aussi chargée que les églises anciennes. Dans les rues nous admirons les magnifiques balcons en fer forgé et les yalis, maisons aux balcons fermés surplombant la rue, vestiges de la double occupation vénitienne et turque.

Sur le port de RethymnonNous arrivons enfin à la forteresse qui domine la ville, construite au bord de la mer, au sommet du mont Palaiokastro. Elle est en cours de restauration et plusieurs bâtiments sont fermés pour cause de travaux. C'est non seulement un lieu historique mais aussi artistique : le corps de garde à l'entrée sert de musée d'art moderne et un peu plus loin une scène entourée de gradins et de chaises est couverte de décors en carton pâte. Des affiches annoncent les prochains concerts qui auront lieu à cet endroit. Nous visitons une ancienne mosquée, les magasins souterrains, les poudrières et les remparts. Dans une salle souterraine reposent des vestiges d'un cimetière musulman, avec des stèles écrites en arabe et surmontée d'un turban en pierre. Les remparts côté mer sont protégés par de hautes falaises à pic. La vue est parfaite sur la ville, le port et les collines alentour.

Après avoir quitté la citadelle nous descendons vers le port à travers la vieille ville. L'ensemble ressemble à La Canée, en plus petit. Le port abrite quelques bateaux de pêche et les restaurants entourent la jetée avec parfois des accroches insolites, comme des poulpes vivants exhibés à la devanture de l'un d'eux. Chaque restaurant a son rabatteur, chargé d'attirer le chaland. Tous rivalisent d'audace et d'astuce pour essayer de nous attirer, parlant même français quand ils décèlent notre nationalité. Le problème est que tous les guides disent que plus le rabatteur est agressif, moins la cuisine est bonne. Nous les décourageons avec une phrase très simple : « Merci mais nous avons déjà déjeuné. » Ils passent immédiatement au touriste suivant : inutile de perdre son temps avec un touriste sans intérêt commercial. Au cours de nos déambulations nous voyons des grenadiers (arbres à grenades), une fontaine du XVIIème, la fontaine Raimondi, une femme peintre d'icône religieuse et une sorte de pub décoré d'une foison d'objets tous plus hétéroclites les uns que les autres. Mais les propriétaires sont rien moins qu'aimables et nous interdisent de prendre l'intérieur en photo. Quand nous rentrons à l'hôtel le témoin de réserve d'essence clignote déjà depuis un moment, il était temps de rentrer. Il est à peine 14h00, une bonne heure pour retourner faire les lézards sur la plage.

Balcon vénitien à RethymnonEn remontant de la plage nous voyons des préparatifs importants pour la soirée barbecue qui aura lieu dehors, devant le restaurant. Les buffets sont somptueux, décorés avec recherche, même si la diversité des plats n'est toujours pas au rendez-vous. Avant de prendre ma douche je vais photographier le buffet intact, avant que la nuée de convives se jette dessus. Je ne suis d'ailleurs pas le seul photographe. Quand nous sommes habillés pour le soir, nous ressortons dîner. Du coup le buffet est carrément sous le balcon de notre chambre. Le directeur en personne offre un apéritif à chaque convive, de l'ouzo de préférence. Le chef cuisinier officie au barbecue géant pour cuire du mouton et du poulet. Sur le buffet des desserts un gâteau au chocolat en forme d'île de Crète trône au milieu. Nous croisons le DJ que j'ai pris en photo. Apparemment être DJ n'est qu'une parmi ses nombreuses attributions. Nous lui demandons de nous prendre en photo en tenue de soirée, sur fond de bougainvillées.

Après le dîner nous nous installons au bar de la piscine, comme chaque soir, pour une soirée karaoké. C'est encore le DJ qui officie, mais la soirée ne décolle pas. Seul un Français et quelques Allemands se décident à chanter des chansons connues d'eux seuls. Qu'importe, même une animation bon enfant comme celle-là permet de s'occuper pendant une soirée. Après le karaoké, le DJ passe derrière ses platines pour animer la fin de soirée. Mais, malgré ses deux gros classeurs de CDs (gravés) il repasse les mêmes titres qu'hier soir !

Forteresse de Rethymnon