Nous décidons donc de passer la journée au seul lac naturel d'eau douce de la Crète, situé à quelques kilomètres seulement, le lac Kourna. Ainsi nous combinerons une excursion et l'économie d'essence. Comme à notre habitude nous prenons le chemin des écoliers pour y aller. C'est plus agréable mais souvent plus difficile car les indications routières sont rarement présentes sur les petites routes de campagne. C'est le cas ici où le seul panneau indiquant le lac est une petite planche de bois où le mot anglais lake est écrit à la main ! Nous rebroussons chemin plusieurs fois et finissons même par demander notre route à un groupe de Crétois en haut d'un minuscule village. Ne parlant ni anglais ni français, l'un d'eux me guide par gestes. L'avantage de cette route montagneuse est que nous arrivons au lac en le surplombant, ce qui nous donne une vue plongeante sur ses eaux de plusieurs bleus différents et les deux plages qui le bordent. Nous trouvons facilement à nous garer. La chaleur est écrasante, sans doute pas loin de 40°C car il n'y a pas un souffle d'air. Nous faisons un tour dans une boutique de souvenirs mais rien ne vaut la peine et Christine n'achète que quelques cartes postales.

Au lac KournaLa plage au bord du lac est une mini station balnéaire bien peuplée. On y trouve les inévitables gargotes en tous genres, des transats et des parasols (sans doute payants) mais aussi des pédalos de toutes sortes (certains avec même un toboggan intégré) et des canots à rames. Parmi les gens allongés sur la plage se dore au soleil un groupe d'oies ! Pas plus attirés par la foule que d'habitude nous cherchons un endroit moins fréquenté. Nous longeons le lac par le chemin qui relie les deux plages. Plusieurs personnes ont simplement étalé leur serviette un peu n'importe où et nous faisons de même. Nous trouvons une sorte d'abri sous des buissons pour nous mettre éventuellement à l'ombre et nous nous installons loin de la foule. La rive et le fond de l'eau sont recouverts d'une sorte de vase, ou de boue, extrêmement fine et très chaude. L'eau elle-même est chaude mais pas plus que la mer. Elle est parfaitement transparente au point que, debouts et immobiles, nous voyons distinctement nos orteils. Même le vernis de Christine se voit très nettement sur ses ongles de pied. La crème solaire est obligatoire mais nous restons au soleil pour en profiter, l'ombre des buissons ne servant que pour les lunch packs et l'appareil photo. A un moment je vois passer les oies qui nagent non loin des baigneurs, c'est amusant. Nous restons cinq heures ici, alternant fréquentes baignades, sieste et lecture. Avant de partir nous nous prenons en photo avec le retardateur, sur fond de lac et de montagne. Quand nous reprenons la voiture, le thermomètre indique encore 36°C. Nous rentrons par la route officielle en traversant le village de Georgioupoli. Sur un thermomètre installé en plein soleil nous voyons quand même affiché 47°C ! Même si la valeur est un peu optimiste ça donne une bonne idée de la température. Par cette route nous sommes du coup à quelques minutes seulement de l'hôtel.

Quand nous revenons à la chambre, nouvelle surprise : les produits de toilette fournis par l'hôtel, et usagés, n'ont pas été remplacés. Christine va donc en réclamer à la réception. Ensuite nous allons prendre un bain de mer, chacun avec une bière cette fois. Le vent est toujours là, du coup l'impression de chaleur est très inférieure à la réalité. Profitant du all inclusive, Christine prend un ouzo en remontant à la chambre.

Après le dîner nous nous installons à une table près de la piscine, sous une lampe, assez loin du chanteur et du DJ pour ne pas être assourdis. Parmi les musiques internationales se glissent quelques sirtakis. Par habitude nous tentons d'en apprendre les pas, ce qui n'est pas difficile.

Au moment où nous retournons à la chambre, une panne générale d'électricité survient. Elle ne dure que quelques secondes mais le résultat est impressionnant : instantanément tout l'hôtel, éclairé à profusion, se retrouve dans l'obscurité totale.

Au lac Kourna